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agatha christieAgatha Christie a écrit quatre-vingt-cinq livres pour à peu près trois milliards d’exemplaires vendus.
Selon l’UNESCO, elle est l’auteure la plus traduite au monde. Le Livre Guinness des Records du Monde l’a sacrée l’auteure la plus vendue de tous les temps, tous genres confondus.

Quel est le secret de son succès ?
Il existe un lien entre le succès d’Agatha Christie et le langage clair et simple qu’elle emploie dans ses écrits.
« Le plus précieux de tous les talents, c’est de ne jamais utiliser deux mots quand un suffit ». ~ Thomas Jefferson
Agatha Christie semble avoir maîtrisé ce talent. Dans The Agatha Christie Code, plusieurs linguistes anglais ont analysé la façon dont elle utilise les mots. C’est son utilisation d’un langage clair qui fait qu’on lit ses œuvres facilement.
Un langage clair
Un excellent exemple : elle utilise presque exclusivement le mot « dit ». ( Les auteurs novices essaient d’utiliser des synonymes, souvent inadéquats, alors que « dit » s’impose comme le choix parfait. )

Elle n’introduit pas de nouveaux mots, mais met le lecteur à l’aise en utilisant la langue de tous les jours. Elle ne le décourage pas avec de grands mots et des phrases longues et alambiquées.

Elle ne l’ennuie pas avec des descriptions inutiles. Le lecteur est libre d’apprécier l’histoire en se concentrant sur l’intrigue.
Ses livres suivent une formule.
Ils sont tous semblables dans le style, la longueur des mots, et la longueur de la phrase. Dans Les vacances d’Hercule Poirot, Agatha Christie suit sa formule classique :
1 . Il y a un cadavre, très tôt dans l’histoire.
2 . Il y a un nombre restreint de suspects, en raison de la situation ou à cause d’une contrainte sociale.

3 . Le détective arrive.
4 . Nous suivons une série de fausses pistes.
5 . Il y a une résolution du mystère, puis la conclusion.

Un standard en matière d’écriture.

Agatha Christie n’est pas la seule à avoir réalisé l’importance d’utiliser un langage simple. Si vous étudiez l’écriture d’auteurs comme Stephen King, John Grisham, Danielle Steele, et Elmore Leonard, vous vous rendez compte qu’il existe une écriture standard idéale en matière de best-sellers.
Une fois que vous avez fini d’écrire votre roman, faites des statistiques de lisibilité sur l’ensemble du manuscrit.
Vous devriez avoir (en moyenne) :
sept caractères par mot ; ce qui correspond au nombre de caractères que l’œil peut lire en une seule fixation,

un indice de forme passive de moins de 5%,
un score de lisibilité de 9 ou de 10 maximum selon le « fox index » de Gunning. Gunning est un consultant de presse américain ; sa formule = nombre moyen de mots par phrase + pourcentage de mots de trois syllabes et plus, le tout multiplié par 0,4 (un coefficient créé à l’époque pour que le nombre obtenu corresponde à une échelle éducative américaine).

Son échelle de valeur :

16 et + : Livres universitaires

12 et + : Commence à être difficile pour le grand public

10 : Score moyen des journaux américains

9 : Reader’s Digest

6 : Bandes dessinées

En français, il faudra être moins sévère car les mots anglais sont plus courts et le taux de redondance de l’anglais est inférieur à celui du français. On peut prendre par exemple des mots de 4 syllabes et plus au lieu de 3.
Écrivez à la voix active, en utilisant des mots compréhensibles.

N. B. : Ceci n’est qu’une analyse du langage employé par des auteurs de best-sellers, mais il n’est nullement question de démarche artistique ni du sujet de l’intrigue.

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