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prénomsUn des principaux problèmes rencontrés lors de l’écriture d’un roman n’est pas l’intrigue (vous l’avez en tête), ni les personnages (vous les avez définis au préalable), ni le cadre. Non, c’est quand il s’agit d’attribuer des noms aux personnages que vous risquez d’éprouver quelques difficultés.

Attention à l’origine des noms

Les jeunes auteurs ont tendance à donner des noms anglophones à leurs personnages. Pourquoi ? Parce que les films, les télé-séries qu’ils regardent, les livres qu’ils lisent sont souvent d’origine américaine. Ils ne songent pas à nier leur identité. C’est beaucoup plus simple que ça. Pour eux, les personnages de fiction sont des Harry (Potter), Zoey (Redburn), Elena (Gilbert), etc. À moins que le cadre de votre histoire ne l’exige (l’action se déroule à l’étranger ou dans une ville cosmopolite), la plupart des éditeurs accrocheront sur ce détail et demanderont des changements afin que le lecteur se retrouve plus facilement dans les personnages.

Des noms communs ?

 

Si vos histoires s’inspirent du quotidien, vos personnages doivent-ils porter des noms ordinaires ou excentriques ? Un nom plutôt commun enlève-t-il de la saveur à votre écriture ? Certainement pas. Mais le nom d’un personnage est bien souvent ce que l’on connaît en premier de lui. Il faut donc qu’il laisse une trace indélébile, qu’il corresponde à sa personnalité et à son âge.

Évitez les prénoms mixtes (Maxime, Dominique, Camille…) qui entretiennent le flou quant à l’identité sexuelle de vos personnages. Sauf si l’ambiguïté sert l’intrigue de votre roman.

Les prénoms sont assujettis à des modes. Des succès littéraires, cinématographiques, des chansons peuvent influencer les parents. La chanson « Nathalie », de Gilbert Bécaud est sortie en 1964. On a observé en France une augmentation telle des « Nathalie » qu’il est devenu le premier prénom féminin pendant plusieurs années. Il a fallu attendre 1973 pour que les « Nathalie » reviennent à leur niveau d’avant la chanson. Le même phénomène a eu lieu au Québec… avec deux fois plus d’ampleur !

Les prénoms ont un cycle de vie. Leur fréquence augmente et décroit selon les époques… « Philomène » est apparu dans les années 1830 et a connu son apogée en 1837 et 1838. Les « Napoléon » sont au cinquième rang des prénoms masculins les plus fréquents entre 1875 et 1879, mais auront beaucoup de difficulté au tournant du XXème siècle. Si vous écrivez un roman historique, choisir des prénoms adéquats permet de renforcer le dépaysement temporel et d’éviter des anachronismes fâcheux.

Vous pouvez éplucher les journaux (avis de décès, naissances, articles), les génériques de films, les bases de données des sociétés de généalogie, mais également faire des recherches sur les prénoms les plus attribués pour une période donnée. Pour le Québec, la France, et les États-Unis, Lesprénoms.net permet de visualiser les tendances depuis 1800. Pour la France uniquement, ce site vous intéressera à condition d’avoir déjà quelques prénoms en tête. Vous pouvez aussi vous inspirer de personnes qui ont jalonné votre vie et mélanger le prénom de l’une avec le nom de famille de l’autre.

De la diversité

À moins d’avoir une idée particulière en tête (une famille dans laquelle les prénoms sont tous composés à partir de Jean parce que le père s’appelle ainsi), les noms de vos personnages doivent être bien distincts. Le lecteur doit comprendre en un instant de qui il s’agit, sinon il ne plongera pas dans votre histoire et n’y trouvera pas de plaisir. Rien n’est plus désagréable que de se demander en cours de lecture : « Qui c’est déjà, lui ? »

Vous avez dit comment ?

Même si vous écrivez du fantastique, faites en sorte que le nom de votre personnage ne soit pas trop long, ni trop alambiqué. Bref, qu’il soit prononçable. Ou tout au moins qu’il puisse avoir un surnom qui l’est. Pensez également à sa musicalité. Elle peut adoucir ou au contraire, endurcir votre personnage.

Prénoms et caractères

Chaque prénom possède une signification, qui peut renvoyer à un trait de caractère particulier. Vous devriez tenir compte de ce facteur au moment d’attribuer un nom à chacun de vos personnages. Si vous appelez Lionel (réputé pour être cartésien, pragmatique et prudent), un jeune de 17 ans impulsif et un peu rebelle, cela risque d’être peu crédible. Même chose si votre personnage de 40 ans, au caractère effacé travaille comme caissière à l’épicerie du coin et s’appelle Anastasia. Vous pouvez visiter ce site sur lequel vous trouverez l’origine historique de chaque prénom, le caractère associé ainsi que sa fréquence selon les années.

©Agence Littéraire Laëns 2014

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