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L’affaire Thélyson Orélien fait souffler un petit vent de panique, parmi les auteurs. Devra-t-on revenir à la machine à écrire? Est-ce qu’on doit se justifier de tout maintenant? Est-ce que cela veut dire que les maisons d’édition ne vont plus prendre de primoromanciers? Oui, mais, il paraît que pour tel texte écrit bien avant 2022, Pangram détecte une écriture 100% IA! Est-ce que c’est une machine qui va décider de l’humanité de mon écriture? Autant de questions et de commentaires qui jaillissent de toute part.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agit pas de la première affaire du genre. Et pour prendre un peu de recul, penchons-nous sur un cas résolu, celui qui a secoué l’édition 2026 du Commonwealth Short Story Prize région Caraïbes. À la mi-mai, ce prix est attribué à la nouvelle intitulée «Le serpent dans le bosquet», de Jamir Nazir. Comme il l’était prévu dans le règlement du prix, la nouvelle est publiée sur granta.com. Et là, certains lecteurs croient reconnaître différents marqueurs d’une écriture générée par l’IA. Un chercheur, spécialiste de la question, Nabeel S. Qureshi va appuyer ce diagnostic, ainsi que Pangram et Claude. Le comité du Commonwealth Short story Prize vérifie alors auprès de l’auteur ce qu’il en est. Cette investigation (je préfère ici ce mot à enquête, parce que plus neutre) va durer un mois, au terme duquel Jamir Nazir ressort complètement blanchi. Il a pu fournir tous les documents nécessaires à retracer le processus d’écriture de sa nouvelle. Jamir Nazir est bien l’auteur de «Le serpent dans le bosquet».

Jamir Nazir, auteur de la nouvelle primée Le serpent dans le bosquet
Jamir Nazir, auteur de la nouvelle primée Le serpent dans le bosquet
Crédits photo: Commonwealth prize

La technologie de l’IA générative, même si elle est déjà avancée, est jeune. On va donc assister pendant quelque temps à des débats sur l’utilisation de l’IA dans le cadre de la production d’une œuvre artistique, et des lanceurs d’alerte vont soulever quelques lièvres. Rien de plus normal. Est-ce que le fardeau de la preuve incombe aux auteurs? Devez-vous faire quelque chose de plus pour prouver la paternité (ou la maternité) de vos écrits?

Ce que vous avez déjà (l’historique des versions et le suivi des modifications, les métadonnées du fichier, les traces de vos recherches, celles d’échanges et de collaboration) devrait amplement suffire.

  • Les traces de vos recherches : fiches de personnages, lignes de temps, cartes mentales, bibliographie, éventuellement journal d’écriture sous toutes ses formes possibles
  • les traces d’échanges et de collaborations: courriels, messages (textos, Whatsapp, etc.), commentaires et annotations
  • L’historique des versions et le suivi des modifications
  • Les métadonnées de vos fichiers (date, temps total d’édition, etc)

Vous n’avez pas besoin de payer quoi que ce soit, ni qui que ce soit pour documenter votre processus d’écriture. Je vais continuer cette série de billets. Le prochain portera sur la place de l’IA dans le processus d’écriture.

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