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Agence Littéraire Laëns

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Agence Littéraire Laëns

Archives de catégorie : Actualités

Savoir choisir son temps

24 lundi Fév 2014

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temps des verbesBeaucoup d’écrivains utilisent le passé simple. Ils l’adorent, le saupoudrent généreusement sur leur manuscrit et ils en mettent partout. Savoir écrire ne veut pas dire écrire au passé simple. Il faut savoir quand utiliser les différents temps. Voici les différents usages du passé simple, de l’imparfait, du présent et du passé composé. Quand on les maîtrise, on peut alors ajouter quelques nuances avec les autres temps.

1)    Le passé simple.

On l’a tous appris à l’école, le passé simple est le temps du passé qui convient aux événements ou actions passées et brèves. « Il fit irruption dans la pièce ». Mais ce n’est pas tout. Depuis Benveniste[1], on admet que le passé simple correspond au temps de l’exposition désincarnée d’un événement. Cela signifie qu’on emploie le passé simple pour énoncer un événement, et cet énoncé est désincarné, comme si l’événement décrit se racontait lui-même et non par l’intermédiaire d’un locuteur. Dans l’exemple précédent « Il fit irruption dans la pièce », il n’y a aucune intervention d’un quelconque locuteur ou narrateur. Il s’agit d’une exposition d’un fait passé et bref. En ce sens, le passé simple introduit un discours désincarné.

Plus encore, si on écrit : « Priscilla sortit après souper. Le vent froid lui cingla le visage », on se représente très bien la scène, objectivement. Mais ressent-on ce que cela décrit ? On ne peut assister à et ressentir. La mise à distance introduite par le passé simple ne permet pas au lecteur de ressentir. Cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas l’employer, cela veut dire qu’on doit le faire en toute connaissance de cause.

Avec tout choix de temps, on doit tenir compte de la concordance des temps. L’emploi du passé simple dans une subordonnée exprime une action passée brève : « Je me reposais quand l’orage éclata. » Mais lorsqu’on emploie le passé simple dans la proposition principale, on peut être amené à utiliser l’imparfait du subjonctif dans la subordonnée pour marquer la simultanéité ou la postérité ou le plus-que-parfait du subjonctif pour marquer l’antériorité. Non seulement, cela peut être lourd, mais ces temps ne sont employés qu’en français littéraire. On peut donc les utiliser, mais uniquement si le registre s’y prête.

Enfin, trop de passé simple enlève du relief au texte.

2)    L’imparfait

L’imparfait évoque un passé que l’on voit en cours d’accomplissement. En cela, l’imparfait évoque un événement dans sa durée.

En littérature, on distingue trois emplois de l’imparfait :

–         l’imparfait comme temps de la description : « Sa peau flasque dissimulait sous ses replis une grande colère. Seul son regard trahissait son sentiment. »

–         l’imparfait comme temps de l’habitude : « Elle se levait le matin à 7h pour se rendre à son bureau. »

–         l’imparfait d’action secondaire : dans ce cas, il exprime une action qui se déroule à l’arrière-plan par apport à une action de premier plan, qui elle se décline au passé simple. « Il regardait la télévision quand la porte s’ouvrit derrière lui. »

Un dernier mot au sujet de l’imparfait comme temps de description. Plus on l’emploie et plus le narrateur reste seul. Avec lui, vient le danger d’un monologue perpétuel. Il faut donc rester vigilant et rompre à l’occasion le ronron de l’imparfait, afin d’insérer de la vie, des dialogues, de l’action.

3)    Le présent

Beaucoup de littérateurs se plaignent que les nouveaux auteurs ne savent écrire qu’au présent. Ce n’est pas vrai. Chaque époque marque sa littérature (et vice-versa). On n’écrit pas au XXIème siècle comme au XIXème. Cela dit, le présent ne peut s’employer à tout va. Sinon, il lisse et écrase le texte.

– Le présent exprime un événement qui se déroule au moment où l’on parle. C’est le présent utilisé notamment dans les reportages. « La route est encombrée en raison de travaux sur le pont. »

– On peut aussi utiliser le présent pour énoncer une vérité générale, qui a valeur de principe : « Les vampires mordent leurs victimes pour s’en nourrir. »

– On emploie également le présent parmi des temps du passé pour donner l’impression que l’histoire se déroule devant nos yeux. Par exemple, dans Le loup et l’agneau de La Fontaine :

« Un agneau se désaltérait

Dans le courant d’une onde pure.

Un loup survient à jeun qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait. »

– Le présent a également une valeur d’habitude et pour cela s’adjoint un complément de circonstance : « Tous les jours, je me lève de bonne heure. »

4)    Le passé composé

Le passé composé est un temps particulièrement riche, doté d’un auxiliaire conjugué au présent et d’un participe passé. Il flirte avec le présent et le passé, mais pas seulement. En voici 6 emplois possibles :

– Le passé composé exprime une action accomplie dans le passé dont les conséquences sont liées au présent de parole : « J’ai apporté ton manteau pour ta sortie de ce soir. »

– Tout comme le présent, le passé composé peut énoncer une vérité générale, mais cette fois pour évoquer un événement qui s’est produit dans le passé et qui est susceptible de toujours se produire. On l’accompagne souvent d’un adverbe de temps comme toujours, souvent, jamais : « Tu as toujours agi ainsi avec les filles. »

– Le passé composé peut, notamment dans les dialogues, exprimer un futur antérieur : « Tu t’y mets dès maintenant et t’as fini dans 15 minutes. »

– Évidemment, le passé composé peut être employé pour exprimer une antériorité par rapport au présent : « Depuis que le jardin a refleuri, toute la famille semble plus heureuse. »

– On peut également utiliser le passé composé dans une phrase exprimant une hypothèse. Il exprime alors un futur antérieur. Dans ce cas, et ce cas seulement, on emploie le passé composé après la conjonction si. « Si tu as fini tes devoirs avant midi, tu pourras aller au centre commercial. »

– Le passé composé peut bien sûr exprimer un passé : un événement passé qui s’est déroulé une seule fois (et dans ce cas, il remplace le passé simple) « Ian est sorti avec Isabelle samedi dernier », mais également un événement passé qui s’est déroulé plusieurs fois. Dans ce dernier cas, on ajoutera un adverbe afin de marquer la fréquence. « Elle a souvent organisé des mariages dans cette salle. »

Il importe d’utiliser ces temps avec discernement. Pour savoir si vos textes exploitent correctement les temps employés, lisez-les à haute voix. Utiliser différents temps permet de mettre du rythme et du relief dans votre récit. Mais changer de temps rien que pour changer crée une sorte de cacophonie. Prenez le temps d’écouter et d’ajuster afin de trouver votre propre rythme.

©Agence Littéraire Laëns 2014


[1] Émile Benveniste est un linguiste français célèbre, né en 1902 et mort en 1976.

 

Mylène Gilbert-Dumas fait le point sur le roman historique québécois

10 lundi Fév 2014

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myleneVoici un article écrit par Mylène Gilbert-Dumas et paru aujourd’hui sur son blogue : Une doyenne, une sorcière et un caniche. Mme Gilbert-Dumas m’a donné son autorisation pour le reproduire.

Mylène Gilbert-Dumas est une romancière québécoise que vous connaissez sûrement par la trilogie Les dames de Beauchêne, celle de Lili Klondike ou encore L’escapade sans retour de Sophie Parent et Yukonnaise. Reconnue, entre autres, pour la grande qualité de ses romans historiques, Mylène Gilbert-Dumas fait ici le point sur la situation du roman historique au Québec et donne des conseils éclairés aux nouveaux auteurs. Voici l’article dans son intégralité.

 »

Le roman historique au Québec

Même s’il y a quelques hommes dans le lot, la très grande majorité des auteurs et des lecteurs de romans historiques sont des femmes. Afin d’alléger le texte, j’utiliserai ici le féminin. Sentez-vous quand même inclus, messieurs.
Avertissement : Selon la sorcière, quand la diplomatie est passée, je n’étais pas née. Sans doute. Il me semble quand même qu’on se doit de jeter un regard lucide sur notre monde de temps en temps. Sachez donc à l’avance que, dans le texte qui suit, je dis les choses crûment.
La semaine dernière, je vous parlais d’un article dans La Presse qui dressait le portrait du roman historique au Québec. J’ai trouvé cette lecture rigolote parce que la journaliste découvrait tout juste un phénomène qui dure depuis vingt ans et qui, contrairement à ce qu’elle croit, n’en est pas du tout à son apogée.
Cette semaine, je vous explique pourquoi je pense que, si la tendance se maintient, le roman historique s’en ira sur son déclin. Et je trouve ça plate en titi.
Tout d’abord, rendez-vous dans n’importe quelle librairie et vous constaterez qu’il pleut des romans historiques au Québec. Ça dure depuis cinq ans. Depuis, en fait, que de nouvelles maisons d’édition se sont mises à publier des textes sans direction littéraire. Vous envoyez votre roman, on trouve qu’il a de l’allure, on le fait corriger et on l’imprime. Pas de réécriture, pas de remaniement du récit, pas de vérifications historiques. Qu’est-ce que ça donne ? De la littérature destinée au pilon souvent moins d’un an après l’impression.
Il s’agit d’une attitude purement commerciale qui consiste à publier beaucoup et à coût dérisoire des manuscrits d’auteures peu ou pas expérimentées. On se fiche des conséquences puisqu’on en vendra juste assez pour couvrir nos frais. Mais ces conséquences, si elles ne dérangent pas l’éditeur, ont pourtant plusieurs effets néfastes sur le monde du livre.
Premièrement, ça produit des romans décevants. Les lectrices qui s’aperçoivent que le roman qu’elles lisent contient plusieurs erreurs historiques (internet leur fournira toute l’info nécessaire pour vérifier les détails) hésiteront ensuite à acheter un autre roman de cette auteure. L’effet est plus sournois encore chez celles qui ne s’en rendront pas compte parce que le roman véhicule ainsi de fausses informations historiques que les lectrices vont croire vraies.
Deuxièmement, l’auteure n’apprend pas. Ni à mieux écrire, ni à mieux raconter. Son deuxième roman contiendra les mêmes faiblesses que le premier. Idem pour les suivants. Pire, elle sera persuadée qu’elle est une bonne écrivaine parce qu’on la publie, alors qu’elle n’est qu’une machine à produire des textes qu’on va mettre à la poubelle au bout d’un an. Deux ans, si elle est chanceuse.
Si on m’avait dit que je travaillerais autant sur un roman qu’on pilonnerait au bout d’un an, je vous jure que je serais restée dans l’enseignement. Aucun écrivain ne souhaite produire une œuvre aussi éphémère. Je ne vous dis pas qu’on sera tous immortels, mais on espère au moins être lus et disponibles pendant quatre ou cinq ans. Plus, même, si l’œuvre continue d’intéresser les gens. Parce que dans ce cas, le livre est souvent réédité en format poche.
Ce n’est pas que ces auteures de livres jetables ne font pas de recherche (quoique ça arrive). Ce n’est pas non plus que leur récit soit invraisemblable (quoique ça arrive aussi). C’est juste que c’est mal écrit, mal raconté, mal édité finalement. Comme je le dis souvent : l’inspiration est peut-être divine, mais le canal, lui, est faillible. Il faut beaucoup de travail pour mettre convenablement par écrit l’idée de génie qui a jailli un matin au réveil. Croire qu’on peut se passer d’un regard éditorial tient de l’orgueil et/ou de la paresse. Si j’étais une auteure qui commence et que j’avais envie de faire une vraie carrière d’écrivain, je songerais à me trouver un éditeur qui fait du vrai travail éditorial.
Troisièmement, non seulement ces romans de mauvaise qualité ont peu d’espérance de vie, mais en plus, ils nuisent à l’ensemble de la production de romans historiques québécois. Comment distinguer justement les bons romans des mauvais ? Les auteures qui font de la recherche des autres qui écrivent n’importe quoi ou qui arrangent l’Histoire au gré de leurs fantaisies ? Comme on dit, chat échaudé craint l’eau froide.  La lectrice hésite. Et je la comprends !
Nous avons au Québec de bonnes maisons d’édition de romans historiques. Nous avons aussi de bonnes auteures à la plume soignée, qui épluchent les essais des historiens dans le but d’écrire le moins de niaiseries possible. Je ne dis pas qu’elles ne font jamais d’erreurs, mais ces auteures sérieuses vont chercher longtemps pour vérifier les détails de leur récit. Et si elles ne trouvent pas de réponse, elles sont bien capables de changer leur histoire pour éviter l’écueil plutôt que d’être prises en défaut.
Dans leur étude intitulée Du bon sauvage au beau sauvage, Un roman d’amour politically correct[1],  Julia Bettinotti et Chantal Savoie sont arrivées à la conclusion que ce qu’on appelle aux États-Unis l’Indian Romance «suit une des conventions ou un des contrats de lecture les plus stricts de la littérature de grande consommation. » Pour avoir écrit sept romans historiques moi-même et pour avoir longuement discuté avec mes lectrices au fil des ans, je peux vous assurer que cette conclusion s’applique également au roman historique québécois. Disons plutôt qu’elle s’appliquait. Jusqu’à il y a cinq ans.
Le déferlement de romans historiques dans les librairies et les grandes surfaces du Québec cause aussi un problème mathématique. Parce que si le nombre d’auteures a explosé depuis cinq ans, le lectorat, lui, est resté à peu près stable. Cela veut dire qu’on doit séparer la tarte en plusieurs morceaux. En beaucoup de morceaux. Beaucoup plus qu’au début des années 2000. Ça fait donc des pointes de tarte plus petites. Ça veut dire des revenus moins élevés pour chacune des auteures.
Tout le monde est touché. De la machine à produire des textes destinés au pilon jusqu’à l’auteure chevronnée, en passant par la nouvelle auteure qui a fait un travail remarquable et qui est publiée chez un éditeur qui a fait, lui aussi, un travail remarquable.
Certains pensent que cette baisse de revenus s’explique parce que les lectrices veulent juste lire du roman historique qui se passe au Québec. Je ne le crois pas. Les Québécoises ont lu en masse Jeanne Bourin et Maryse Rouy avec leurs histoires médiévales, Régines Desforges et ses romans de la Deuxième Guerre mondiale. Elles ont lu en grand nombre Diana Gabaldon qui parlait du 18e siècle en Écosse. Vrai qu’on aime lire sur notre propre histoire et que, pendant longtemps, on n’avait rien à se mettre sous la dent. Mais il ne faut pas se fier à ce qu’on voit dans les journaux. Les journalistes qui écrivent sur les romans populaires (historiques ou pas) n’en lisent pas.
Un bon roman, c’est un bon roman. Et le fait que les revenus des auteures de romans historiques diminuent n’a rien à voir avec la période ou le lieu de l’action. La faute en revient à cette production incontrôlée où le bon grain est mêlé à l’ivraie.
Comme le dit l’adage yukonnais:  Quand les journaux se mettent à parler du filon, il est déjà trop tard pour se prendre un claim. Quand c’est rendu qu’on étudie le phénomène du roman historique à l’université, c’est qu’il est trop tard pour en écrire.
Mes conseils aux auteurs en devenir :
1.     N’écrivez pas pour suivre la mode parce que quand votre roman sera prêt pour publication, la mode sera passée. (À moins que vous souhaitiez être publiés dans une de ces maisons d’édition productrices de livres jetables.) Suivez votre instinct. Écrivez ce que vous aimez lire, ce que vous avez profondément envie d’écrire. Faites preuve d’imagination. Pensez à Stephenie Meyer qui, s’installant dans le vide laissé par Anne Rice, a réinventé le roman de vampires. On peut aimer ou non la série Twilight, mais on est obligé de se montrer humble devant un tel succès.
2.     Si on publie votre texte sans vous demander de réécrire, de resserrer, de développer, si on ne relève pas d’incohérence, si on trouve vos personnages impeccables, si on vous dit que votre texte s’en va tout de suite en correction et qu’il sortira dans un délai très court (moins de six mois), posez-vous des questions. Voulez-vous vraiment une carrière de machine à écrire des romans destinés au pilon ou voulez-vous voir vos œuvres durer ?
Un bon roman, c’est un livre écrit avec le cœur et retravaillé jusqu’à ce que l’auteure elle-même en ait la nausée. Un bon roman, ce n’est pas un roman à la mode.
Et pour ce qui est de l’argent, c’est comme en restauration. Ceux qui ont les reins solides vont pouvoir attendre que l’invasion finisse… si elle finit.

[1] Ce texte se retrouve dans le recueil Les hauts et les bas de l’univers western, publié chez Triptyque en 1997) Voici les deux places où j’ai trouvé ce livre de référence pour vous :
http://www.amazon.ca/Hautslimaginairewesternculturem%C3%A9diatique/dp/2890312801/ref=sr_1_2?ie=UTF8&qid=1391715863&sr=8-2&keywords=paul+bleton+western

http://www.abebooks.com/servlet/BookDetailsPL?bi=11016435283&searchurl=kn%3Dimaginaire%2Bwestern%26amp%3Bsts%3Dt « 

Écrire ses Mémoires (partie I)

27 lundi Jan 2014

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pagnol

Marcel Pagnol (Crédit Photo : INA)

Plusieurs personnes me demandent des conseils sur la rédaction de leurs Mémoires. Les Mémoires ne sont pas des autobiographies, ni des autofictions. Ce sont des œuvres historiques avant tout, qui peuvent aussi avoir une valeur littéraire. L’auteur y relate sa propre vie, dans la mesure où celle-ci est significative d’un moment de l’Histoire. Par exemple, les Mémoires d’un soldat qui a participé à la guerre en Irak ou celles d’une personne qui a vécu la Révolution tranquille. Si votre recueil de souvenirs n’a pas de portée historique, il n’entre pas dans le cadre des Mémoires, mais plutôt de l’autobiographie. Si vous êtes à la fois l’auteur et le personnage principal du récit mais que vous utilisez la fiction dans la structure narrative, les dialogues etc., alors vous faites de l’autofiction. Il est donc important de savoir à quel genre littéraire appartient votre projet afin de le structurer et l’exploiter convenablement.

Trois choses importantes avant de rédiger vos Mémoires.
1. Vous devez vous rafraîchir la mémoire (logique, n’est-ce pas ?).
2. Vous avez besoin de trouver un thème central pour votre histoire : la libéralisation des mœurs, la contreculture au Québec, etc…
3. Vous devez tracer le plan de vos Mémoires.
Dans ce billet, je voudrais aborder la première étape et vous donner des conseils sur le travail préalable à l’écriture de vos Mémoires. Ce n’est pas la partie créative du processus. C’est un travail difficile et qui prend du temps. Mais une fois fait, vous aurez une ressource inestimable.

Cinq façons d’organiser vos souvenirs

1) Commencez la cueillette avec des pièces personnelles.

□ agendas ou journaux intimes
□ avis de décès,         □ certificats de naissance, mariage et décès
□ invitations d’anniversaire et de mariage
□ lettres,                     □ photographies

□ films, vidéos et DVD, □ musique – vinyles, cassettes, CDs, fichiers numériques
□ livrets scolaires ou évaluations,      □ vos contrôles du primaire, secondaire etc.
□ souvenirs de famille           □bijoux           □testament
□ coupures de journaux,        □ anciens programmes
□ fiches de salaire

2) Discutez avec des gens de votre famille et de vieux amis. N’oubliez pas que ni vous, ni vos parents ou amis ne détenez la vérité. Vous avez chacun votre propre histoire à raconter. Écoutez. Vous aurez besoin d’autres voix dans vos Mémoires, et plus particulièrement de celles qui font un contrepoint à la vôtre. Cela donnera du relief à votre texte et il en sera d’autant plus intéressant. Prenez des notes.
3) Démarrez votre histoire à un point précis dans le temps et l’espace. Par exemple : « Je suis né à Québec le 5 juillet 1960, le jour de l’élection de Jean Lesage » ou « J’avais cinq ans quand papa, maman, mon grand frère Patrick et moi sommes partis d’Algérie ». Si vous ne le faites pas, vous courez le risque de passer trop de temps à errer à travers vos pensées et vos sentiments. Mais vous n’êtes pas obligé de commencer par votre naissance. Vous pouvez ouvrir vos Mémoires à une période ultérieure. Visitez les lieux que vous allez décrire. Si vous êtes incapable d’aller en pèlerinage sur les lieux de votre passé, vous pouvez :
• regarder des films de cette époque,
• lire les journaux des années sur lesquelles vous allez écrire,
• faire une recherche sur internet pour les lieux et les incidents qui vous ont marqué.

4) Préparez une liste de vie. Écrivez une page sur chacun de ces sujets. Les premiers événements qui vous viennent à l’esprit pour chaque terme sont les plus marquants. Ce sont eux que vous devrez privilégier dans l’écriture de vos Mémoires. Certains peuvent même ne pas parler de vous. Identifiez les événements secondaires comme tels. Vous pourrez en utiliser certains, mais pas tous. Il convient de faire un choix. Tout événement rapporté doit être significatif. Cette liste deviendra le squelette à partir duquel vous allez dessiner le matériel nécessaire à vos Mémoires.
□ la naissance et les années de petite enfance           □ la maternelle et l’école primaire
□ le collège                             □ l’école secondaire               □ l’université
□ les amis                               □ les passe-temps       □ les vacances, festivals
□ les emplois                          □ la maladie
□ les premières relations marquantes
□ la religion
□ les premiers temps du mariage ou du couple
□ les déménagements             □ la maturité
□ les deuils                             □ les dernières années            □ la retraite
5) Créez votre propre système de classement. Faites des fiches, des fichiers, comme vous voulez. Établissez une chronologie. Faites des liens entre vos fiches ou vos fichiers. Cela doit être clair et accessible facilement.

Rappelez-vous que ce ne sont que des aides. Vos souvenirs existent et vous pouvez y accéder avec ou sans l’aide de fiches. C’est à vous de voir. Mais il est important de vous créer une méthode de travail qui vous convient et qui vous permet de discriminer les événements importants de ceux qui le sont moins. Cela vous aidera à écrire des Mémoires qu’un lecteur aura plaisir à lire. Parce qu’en bout de ligne, même si vous avez du plaisir à écrire (et c’est tant mieux) il y a un lecteur qui demande à être intéressé, surpris et instruit.

©Agence Littéraire Laëns 2014

La folie a du bon

20 lundi Jan 2014

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bonhomme noir9 façons de justifier le mauvais comportement d’un personnage

La création de personnages antagonistes et l’exploration de leur obscurité (côté sombre) est un des aspects les plus gratifiants de l’écriture pour les auteurs de fiction. En tant que lecteurs, nous aimons les personnages troubles, déviants, les obsédés, les dépravés. C’est thérapeutique. Nous explorons et apprivoisons notre propre obscurité en en apprenant plus sur leurs vies, comment ils marchent, parlent, mangent, jouent, manipulent et travaillent.

Bien sûr, si vous écrivez à propos d’un personnage qui est aux prises avec un problème psychologique, vous devez faire des recherches sur ce trouble. Le DSM-IV[1] est une excellente source d’inspiration. À l’aide de ce livre, vous pouvez peindre vos personnages dans des multitudes de nuances de gris et leur donner ainsi une profondeur intéressante.
Souvent, un comportement anormal est déclenché par une crise survenant lors d’un changement de vie. C’est une excellente façon de commencer un livre. Dès que vous placez l’un de vos personnages dans une de ces situations, vous avez une histoire. Cela vous donne quelque chose à construire.

Voici une liste de situations stressantes parmi les plus courantes qui occasionnent de profonds changements dans nos vies. À vous de les utiliser à bon escient et de les exploiter pour créer des tournants majeurs dans celle d’un ou plusieurs personnages. Attention toutefois de ne pas en abuser…

Échelle de stress            Valeur de changement de vie
1- Décès d’un conjoint                     100%
2. Divorce                                        73%
3. Séparation conjugale                     65%
4. Peine d’emprisonnement                63%
5. Décès d’un membre de la famille     63%
6. Maladie                                        53%
7. Mariage                                        50%
8. Licenciement                                 47%
9. Retraite                                        45%

Source : http://www.stress.eu.com/index.php/comprendre-le-stress-2/causes-et-origines-du-stress/autres-facteurs-de-stress/


[1] DSM-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ouvrage collectif de L’Association Américaine de Psychiatrie, Éditions Masson, ISBN : 9782294006630

Les cinq erreurs des débutants

11 lundi Nov 2013

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agence littéraire, agence littéraire laëns, agent littéraire Québec, auteurs débutants, coaching d'écriture, conseils d'écriture, correction de manuscrits, correction de manuscrits Québec, créer des personnages, créer des personnages de fiction, manuscrit, mise en scène

poupées à découperJe suis souvent appelée à évaluer des manuscrits d’auteurs débutants. Voici quels sont leurs problèmes les plus courants quand ils créent des personnages.

Des personnages en carton découpé

Donnez des passions, des ambitions, un passé, un présent et un avenir à vos personnages. Ils devraient discuter avec leurs parents, oublier l’anniversaire d’un ami, etc. Ces petites choses du quotidien les rendent humains. Tout cela doit se passer dans les dialogues, de préférence. Le lecteur doit les voir comme des personnes réelles. Vos personnages sont crédibles lorsque les lecteurs sont capables de s’identifier à eux.

Trop de personnages

Faites de la place pour deux ou trois personnages secondaires qui influencent et soutiennent vos deux personnages principaux. Rendez-les mémorables et originaux. Donnez un nom uniquement à ceux qui jouent un rôle important dans votre livre. Les lecteurs ne veulent pas connaître le nom de la serveuse, du portier, de la réceptionniste ni de la vendeuse. Et surtout, ne nommez pas de plusieurs manières un personnage. Giselle ne doit pas devenir la journaliste un peu plus loin, ni Mme Paré dans un autre chapitre.

Trop de mots

Beaucoup d’auteurs débutants utilisent trop de mots pour décrire les pensées, les actions ou les motivations d’un personnage. Écrire bien, c’est écrire clairement et faire l’économie de mots. Pour cela, utilisez les cinq sens à chaque page, des verbes forts, des noms précis et la structure de phrase appropriée. N’essayez pas de faire du style pour le style. Des mots simples montrent tout.

Trop de pensées, pas assez d’action

La plupart des nouveaux auteurs passent trop de temps dans la tête de leurs personnages. Faites-les agir ! Un personnage doit aller de l’avant dans une histoire. Cela va permettre au lecteur de s’identifier à lui. Une autre maladresse courante : quand votre personnage passe en revue des actions une première fois, puis y réfléchit à nouveau. Si vous avez bien démontré l’idée au départ, cela suffit. Sinon retravaillez le passage.

Une mise en scène déficiente

Imaginez que vous regardez un film dans lequel les personnages vivent sur ​​un écran vierge. C’est l’équivalent d’un manque de mise en scène dans un roman. Placez vos personnages dans le trafic, chez eux et au bureau. Utilisez le décor, la nourriture, leurs livres et même leur médication pour les définir. Créer un cadre crédible dans un roman permet aux personnages de voir, sentir, entendre, goûter et toucher. Ils ne peuvent pas interagir avec un environnement s’ils n’en ont pas. Mettez vos personnages mal à l’aise. Placez-les dans un ascenseur bondé ou un embouteillage. Donnez une vie à vos personnages !

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Bien sûr, tout cela ne suffit pas à créer des personnages crédibles. Mais si vous évitez ces erreurs, vous serez déjà sur la bonne voie.

©Agence Littéraire Laëns 2013

Portrait-robot d’un lecteur

05 mardi Nov 2013

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English_Editing_and_Reviewing_logoUn livre sans lecteur reste une œuvre morte. Vous devez donc connaître et tenir compte de certaines caractéristiques du lecteur, sans toutefois vous extraire de l’écriture, exercice difficile entre tous. Qui est donc ce lecteur, qui va avoir votre œuvre en main, qui va la lire, la juger, l’aimer et la partager ?

Votre lecteur se pose toujours ces questions lorsqu’il lit et même avant la lecture, lorsqu’il découvre votre quatrième de couverture :

1) Est-ce que ce livre est pertinent pour moi ?

2)  Est-ce que cette lecture est intéressante?

3) Est-ce que lire ce livre est agréable?

Votre lecteur:

1) lit toujours entre les lignes. Par son imaginaire, il continue de faire vivre les personnages et ajoute sa propre interprétation. Par sa réflexion, il démonte et remonte votre raisonnement et l’enrichit de ses propres expériences.

2) a toujours de meilleures choses à faire. Le rythme de nos vies est trépidant, nos journées sont bien remplies. C’est vrai pour vous et c’est aussi vrai pour votre lecteur. Il faut donc saisir son attention, lui montrer que lire votre livre est plus intéressant que toutes ces choses qu’il a déjà sur sa liste.

3) n’est pas un idiot. Il n’aime pas que tout lui tombe tout cuit dans le bec. La lecture est une activité qui n’a rien de passif. Le lecteur réfléchit, analyse, tire ses conclusions, interprète. C’est pour cela que beaucoup de lecteurs sont souvent déçus lorsqu’ils voient l’adaptation cinématographique d’un livre qu’ils ont aimé. Face à l’interprétation d’un seul lecteur, qui n’est pas la même que la leur, ils ne retrouvent généralement pas toutes les dimensions, toute la profondeur qu’ils avaient appréciées dans leur lecture. Parce que le lecteur n’est pas un idiot, il revendique une certaine liberté, que vous lui offrez dans tout ce qui fait appel à ses propres facultés. Privilégiez une écriture évocatoire.
4) ne lit jamais tout. Qui va lire une description soporifique, ou pire une description qui va exiger de regarder dans une encyclopédie des plantes, de quels arbustes et fleurs vous parlez ? Écrivez tout ce qui apporte effectivement quelque chose à l’histoire, voire à l’atmosphère. Bannissez le reste, dans la mesure du possible.
5) veut être diverti. Contrairement à ce que vous pensez, ceci est également valable pour la majorité des essais destinés au grand public. Une écriture aride rend la lecture ardue. Lire votre livre doit apporter du plaisir, une satisfaction, toute chose qui fait que non seulement le lecteur souhaitera non seulement se replonger dans votre œuvre, mais qu’il la partagera aussi avec sa famille et ses amis.

Pour réussir votre relation avec le lecteur, vous devez commencer du bon pied. La grammaire est importante et les erreurs sont impardonnables. Les critiques vont étudier votre travail. Assurez-vous qu’il est impeccable. Vous devez utiliser les bons mots et apporter un sentiment d’urgence, ce qui démontre que la lecture de votre livre est absolument indispensable. Donnez-vous à votre lecteur. Prenez des risques. Une écriture tiède donne une lecture tiède. Et utilisez toujours des références crédibles.

Donnez du corps à vos textes

21 lundi Oct 2013

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Auteur publié, Conseils, Deuxième roman, Devenir écrivain

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Mots-clés

agence littéraire, agence littéraire laëns, agent littéraire Québec, cinq sens, coaching d'écriture, conseils d'écriture, correction de manuscrits, correction de manuscrits Québec, Frédéric Beigbeder, Les Misérables, toucher, Victor Hugo

bonhomme forceQuand vous écrivez, vous devez utiliser les cinq sens. Les lecteurs veulent faire l’expérience de ce que vos personnages voient, sentent, entendent, goûtent et touchent. Le toucher est le sens le plus ignoré par les auteurs. Il semblerait que cela soit plus difficile à décrire. Pourtant, le toucher est bien présent dans nos vies et est d’ailleurs le dernier sens, qui reste en fin de vie. Il ne faut donc pas l’ignorer. Les lecteurs s’identifient aux personnages qui se livrent avec leurs mondes.

Une description composée de détails sensoriels pénètre les couches de la conscience, et implique votre lecteur émotionnellement et intellectuellement.

Conseil de rédaction :

Les écrivains débutants ont tendance à confondre le contact avec la sensation.

Par exemple: « Je vois la rivière, j’entends les sirènes, je me sens confus. » Vous pouvez exprimer la même idée en écrivant : « Je vois la rivière, j’entends les sirènes. Je touche mon front, moite et froid. » ou « Je passe ma main sur mon front moite et froid ».

Essayez de dire toucher chaque fois que vous le pouvez et vous éviterez ce problème.

La texture décrit la façon dont on sent quelque chose quand on le touche ou qu’on le mange. J’ai dressé une liste de mots qui vous aideront à décrire ce qu’un personnage sent quand il touche quelque chose avec ses doigts ou sa peau. Et bien évidemment, cette liste est loin d’être exhaustive.

L’ABC du tactile

Abîmé, abrasif, ample, angulaire, âpre, arêtes vives

Bombé, bosselé, boursouflé, brisé, barbelé, brouillé

Cannelé, caoutchouteux, chaud, chauve, circulaire, collant, coriace, coussinné, crasseux, cratère, crénelé, crochet,

Détrempé, dense, déshydraté, distendu, doux, duveteux,

Écumeuse, élastique, émaillé, endommagé, enflé, engorgé, en relief, épais, épineux, étroit,

Ferme, flétri, frais, fragile, froid,

Gel, gélatineux, gercé, glacé, glacial, glissant, gluant, gonflé, gorgé d’eau, granuleux, gras, gratté, gravé, graveleux, grêlé, grossier,

Hérissé, huileux, humide,

Imperméable, incrusté, irrégulier,

Laineux, lisse

Malléable, mince, moite

Nervuré, noueux,

Ondulé,

Pâteux, pétillant, plat, pliable, plissé, poilu, pointu, poli, poussiéreux, propre, pulpeuse,
Rainuré, râpé, rayé, réchauds, rembourré, repassé, ridé, rigide, rouillé, rugueux
Sale, saturé, savonneux, sec, sculpté, sirupeux, solide, soyeux, spongieux, strié, en sueur,

Tendu, tiède, tissé, trempé, tricoté,
Velouté, velu, vibrant, visqueux,

Quelques exemples dans la littérature :

 

« Âmes écloses hier, fanées aujourd’hui, pareilles à ces fleurs tombées dans la rue que toutes les boues flétrissent en attendant qu’une roue les écrase. »

Victor Hugo, Les Misérables.

« Une famille, c’est un groupe de gens qui n’arrive pas à communiquer mais s’interrompent très bruyamment, s’exaspèrent mutuellement, comparent les diplômes de leurs enfants comme la décoration de leur maison, et se déchirent l’héritage des parents dont le corps est encore tiède. »

Frédéric Beigbeder, Un roman français

« C’est plus compliqué et plus pénible que la défécation notre effort mécanique de la conversation. Cette corolle de chair bouffie, la bouche, qui se convulse à siffler, aspire et se démène, pousse toutes espèces de sons visqueux à travers le barrage puant de la carie dentaire, quelle punition ! Voilà pourtant ce qu’on nous adjure de transposer en idéal. C’est difficile. Puisque nous sommes des enclos de tripes tièdes et mal pourries nous aurons toujours du mal avec le sentiment. Amoureux ce n’est rien c’est tenir ensemble qui est difficile. »

Céline, Voyage au bout de la nuit

En fouillant dans le champ lexical du toucher, on se rend compte que beaucoup de mots sont utilisés également pour décrire des sentiments et des réflexions : un ton peut être glacé, une capacité intellectuelle peut se flétrir, une personnalité peut être malléable… Si vous utilisez les mots qui évoquent le toucher, vous ajoutez au moins une dimension à votre propos et il s’enrichit d’autant.

Isabelle Forest : écrire et « vivre à l’intérieur de soi ».

18 mercredi Sep 2013

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Rencontres d'auteurs

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Mots-clés

Alto, Écrits des Forges, entrevue, genèse des personnages, intégrer la recherche à un roman, isabelle forest, L'amour ses couteaux, La crevasse, Les chambres orphelines, Les laboureurs du ciel, mentor, poésie, résidence d'écriture, roman, trois conseils à ce qui veulent écrire

Isabelle-ForestAujourd’hui, pour inaugurer les entrevues de ce site, je vous propose une rencontre avec Isabelle Forest, que vous connaissez sûrement. Si ce n’est pas le cas, j’espère que cette entrevue vous donnera le goût de lire ses livres. Isabelle Forest est poète, romancière et directrice artistique du Printemps des Poètes de Québec. Son travail d’écriture a été récompensé par les prix Alphonse-Piché, Félix-Leclerc et Radio-Canada. Son recueil L’amour ses couteaux, paru initialement en 2011, a été finaliste au prix Alain-Grandbois 2012. En 2006, elle était l’invitée de la Ville de Paris dans le cadre de la résidence d’écriture de l’Institut Canadien de Québec. Elle a également été directrice artistique du volet littéraire du festival Relève en Capitale de la mesure Première Ovation de la Ville de Québec, éditions 2010 et 2011. À l’été 2011, elle participait au festival Poetry Nights de Cuerta de Arges en Roumanie et à l’automne 2012, au Festival international de poésie des sept collines de Yaoundé, au Cameroun. Son dernier roman, Les Laboureurs du ciel, est paru chez Alto en octobre 2012 et a été finaliste au prix de création littéraire de la Ville de Québec.

Isabelle Forest consacre également beaucoup de temps à la diffusion des arts littéraires en dehors des livres : spectacles, performances, installations multidisciplinaires, parcours littéraires, etc.  Vous pouvez d’ailleurs aller admirer l’installation poétique « Géométrie des espaces » de Carolyne Bolduc, pour laquelle Isabelle Forest a joué le rôle de mentor, sur les toits du Musée de la Civilisation à Québec jusqu’au 29 septembre : « Géométrie des espaces » est un dialogue entre poèmes, installations et documents d’archives où l’architecture du lieu devient une métaphore de nos espaces intérieurs.

Malgré tous ses mandats, Isabelle a eu la gentillesse de répondre à quelques questions pour vous faire partager son expérience et sa passion pour l’écriture.

 

Pour écrire son dernier roman, Les laboureurs du ciel, elle est partie à Paris en résidence d’écriture.  Elle nous raconte ici son expérience.

« J’ai eu le privilège d’obtenir la résidence de l’Institut Canadien de Québec, en 2006. Ce qui m’a permis un séjour de près de trois mois à Paris. C’était formidable pour moi, parce que j’avais débuté la recherche pour Les laboureurs du ciel en 2002 ; j’avais accumulé beaucoup de matériel à partir du Web et des bibliothèques à Québec, je m’étais fait venir quelques livres aussi, mais certaines questions demeuraient sans réponse. Le fait d’être sur place, à Paris, m’a ouvert des portes et j’ai bénéficié entre autres, de l’inventaire de livres et de manuscrits de la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris. J’ai aussi eu accès à de vieilles cartes du 17e siècle, ce qui m’a beaucoup aidée à situer l’univers physique de l’intrigue. Je pouvais visuellement suivre mes personnages à travers les rues et les lieux de l’époque. Ce qu’il y a de bien également avec les résidences d’écriture, outre le fait que nous pouvons nous accorder un temps précieux à la création, ce sont les rencontres qu’on y fait. J’ai connu des écrivains parisiens qui m’ont entretenue sur la réalité littéraire de la France. Pour la première fois, j’avais accès à cette dernière de l’intérieur et non pas de loin. L’image que je m’en faisais (plutôt romantique) a bien changé alors ! »

L’une des difficultés, lorsqu’on écrit un roman, consiste à intégrer de manière fluide, et apparemment naturelle, les fruits de sa recherche. Isabelle Forest a brillamment relevé le défi dans Les laboureurs du ciel, et nous explique sa démarche.

« Je me suis rendue compte qu’il y avait un piège à éviter lorsqu’on effectue beaucoup de recherche pour écrire un roman. C’est-à-dire que pour ne pas donner l’impression d’un copier-coller ou encore, pour ne pas assommer le lecteur avec un texte qui aurait davantage des allures de leçon académique, il me fallait prendre du recul sur le matériau de recherche que j’accumulais.

 

On dit qu’il faut attendre en moyenne 10 ans suite à une expérience de vie pour l’intégrer convenablement à une œuvre, sans quoi, le manque de recul sur cette expérience risque d’aboutir à un texte soit trop thérapeutique, soit trop pauvre sur le plan littéraire. Il y a tout un processus de macération des événements vécus quelque part dans notre inconscient, et c’est ce temps de macération, entre autres, qui fait mûrir le fruit de la création.

 

Je crois qu’il en va un peu ainsi avec le matériau de recherche : il faut le laisser reposer, macérer, « vivre à l’intérieur de soi », mûrir. On peut alors en retirer ce qui sert véritablement le roman, car on a tendance à trop vouloir en mettre souvent, à penser que tout ce qui nous a fasciné dans les découvertes de notre recherche peut s’intégrer utilement à l’œuvre. Ce qui n’est pas le cas… »

Même si vous n’avez pas encore lu les recueils de poésie d’Isabelle Forest, vous pouvez goûter à sa plume de poète en lisant Les Laboureurs du ciel, roman poétique dans son univers, sa narration mais également dans les chansons. Dans son cas, il était impossible de ne pas lui poser la question : écrire de la poésie ou écrire un roman, est-ce si différent?

« C’est sans doute la question qu’on m’a posée le plus souvent !

 En ce qui me concerne, le procédé est totalement différent. Lorsque j’écris de la poésie, je travaille d’abord avec le langage, les mots. Il s’agit de mon matériau de base. Écrire de la poésie, pour moi, c’est d’abord tenter de dire l’indicible, de faire surgir la lumière cachée des choses. C’est aussi un regard particulier sur le monde. J’écris mes textes poétiques comme une musique. Je me penche beaucoup sur le rythme, j’écris autant les silences que les vers. Parfois, lorsque je travaille un recueil de poésie, j’ai l’impression de le « sculpter » carrément, tellement j’épure pour en arriver à quelque chose qui s’approche de l’essentiel, une espèce de parole pure, étincelante. J’essaie, du moins ! Je ne dis pas que j’y arrive, mais il s’agit d’une grande source de motivation.

 

Le roman, c’est autre chose. C’est d’abord une histoire, des personnages, une atmosphère. Lorsque j’écris un roman, j’ai le sentiment d’ignorer ce qu’il y a derrière les portes que j’ouvre. Cela me fascine beaucoup. J’aime être surprise par ce qui se présente à moi, surgi de mon inconscient, d’un mariage entre mon existence et ma mémoire personnelles et l’imaginaire collectif. Écrire un roman, pour moi, c’est partir à l’aventure et choisir parfois de m’arrêter ici et là, de prendre plus de temps avec tel ou tel personnage à un moment donné. Mais je ne cherche pas tant à maîtriser les choses, je tente de demeurer attentive, ouverte. »

Layout 1Dans Les Laboureurs du ciel, le personnage de Marie Malvaux est fort, complexe, mais n’éclipse en rien les autres personnages. J’ai donc demandé à Isabelle Forest de nous raconter la genèse des personnages des Laboureurs du ciel et comment elle les a travaillés dans son procédé d’écriture.

« Marie Malvaux, je l’ai rencontrée dans un rêve que j’ai fait alors que je devais avoir 25 ans. Ce rêve, qui m’avait transportée dans le Paris du 17e siècle et dans un théâtre de marionnettes était si troublant de par sa « véracité » que j’ai voulu connaître l’histoire de cette jeune femme, découvrir son milieu, son époque. J’étais persuadée qu’elle avait été victime d’une quelconque machination, je ne saurais dire pourquoi. Je la percevais si innocente et fragile, si pure, mais quelque chose de malsain tournait autour d’elle. Marie Malvaux, c’est une question de curiosité, de fascination de ma part. Avec elle, je me suis beaucoup interrogée sur la réelle emprise que nous pouvions avoir sur nos existences. Dans quelle mesure les passions de certains n’arrivaient pas à les brûler…

 

Petit Pierre, lui, est né pendant mes recherches sur la foire Saint-Germain et sur le 17e siècle parisien en général. Il représente l’orphelin type de l’époque qui doit gagner sa vie très tôt. Je crois que par lui, je désirais évoquer le fait que de faux départs dans une vie pouvaient prendre des tournures positives si on savait mettre à profit ses qualités et ses aptitudes.

 

Quant à l’Italien, ou Angelo, c’est très particulier. Il était là, dès le début de l’écriture du roman. Je savais qu’il avait un rôle déterminant dans l’existence de Marie, mais je gardais la porte close sur sa vie, sur son passé. C’est mon éditeur qui me l’a fait remarquer. À la moitié du roman, on ne savait toujours rien sur lui. Je crois que je craignais de le découvrir, de devoir glisser dans certaines zones noires de l’âme humaine puisque dans mon esprit, il était mauvais. Or, lorsque j’ai finalement décidé d’ouvrir cette fameuse porte sur sa vie, j’ai été surprise de constater qu’il n’était pas celui que j’imaginais en réalité. J’avais eu des préjugés envers mon personnage ! J’ai beaucoup aimé découvrir son enfance et sa mère, une sorcière.

 

Enfin, Eugène. Lui, c’est l’univers du cimetière des Saints Innocents qui me l’a fait rencontrer. J’avais besoin de lui pour me guider dans ces lieux qu’aujourd’hui on trouverait macabres, mais qui à l’époque était source de fascination et de vie bien grouillante. Le cimetière était un véritable village et les gens y vivaient leur quotidien, du foyer au travail, en compagnie des cadavres et des ossements qui pour la plupart, étaient bien visibles dans les fosses communes ou sous les toits, dans la cour intérieure. C’est par Eugène que j’ai tenté de comprendre cet autre regard que l’on pouvait porter sur la vie et la mort à l’époque. Eugène est aussi l’intellectuel du roman : il dévore les livres, se questionne sur le monde (autant celui des vivants que des morts) et en arrive à choisir le métier d’écrivain public installé au cimetière. Il m’a donc permis, lui aussi, à sa manière, une certaine forme de réflexion. »

L’un des conseils que l’on donne à toute personne voulant écrire est de lire, lire encore et lire beaucoup, et de préférence des genres différents. Quels sont les auteurs et les œuvres qui ont marqué, voire influencé Isabelle Forest ?

« Il y en a beaucoup et pour des raisons différentes !

Je répondrai donc à cette question en rafale :

Gabriel Garcia Marquez, pour la sensualité, la chaleur, la couleur, le vivant en résumé, de son œuvre.

Christian Bobin, pour la lumière qu’il fait jaillir du quotidien.

Martine Desjardins, pour l’imagination et la finesse qu’elle déploie dans ses romans.

Ines Cagnati, pour la rudesse et la violence inouïes, la magnifique évocation de tout ce qu’elle « n’écrit pas ».

Sébastien Japrisot,  pour sa très grande maîtrise de la polyphonie, le caractère si réel qu’il donne à ses personnages.

Jonathan Littell, pour sa capacité à nous entraîner dans les profondeurs de l’âme. (Les Bienveillantes, Folio Gallimard, ISBN : 9782070350896)

Nelly Arcan, pour son impudeur, sa façon si  particulière de mettre ses tripes sur la table et de trifouiller dedans. (Putain, Points Seuil, ISBN : 9782020557177)

Sylvain Trudel, pour la passion qu’il possède de jouer avec la langue.

Hélène Dorion, pour savoir si bien marier philosophie et poésie.

Normand de Bellefeuille, pour sa très grande maîtrise du rythme.

Vous en voulez d’autres ? »

Ça devrait aller. La dernière question, et non la moindre : « Si tu devais donner trois conseils à ceux qui veulent écrire, quels seraient-ils ? »

«

  1. Continuer de vouloir écrire !
  2. Éviter le plus possible la censure dans les premiers jets.
  3. Laisser reposer le texte, prendre du recul et réécrire. »

Pour tous ceux qui voudraient se familiariser davantage avec l’œuvre d’Isabelle Forest, voici sa bibliographie (dans l’ordre chronologique) :

–          Poèmes du lendemain 10, avec Patrick Nicole, Écrits des Forges, 2002, ISBN : 9782890466623

–          Les chambres orphelines, Écrits des Forges, 2003, ISBN : 9782890467606

–          La crevasse, Lanctôt Éditions, 2004, ISBN : 9782894852798

–          L’amour ses couteaux, Écrits des Forges, 2011, ISBN : 9782896451807

–          Les Laboureurs du ciel, Alto, 2012, ISBN : 9782896940790

–          L’amour ses couteaux précédé de Les chambres orphelines, Écrits des Forges, 2013, ISBN : 9782896452453

Crédit photo : Émilie Roi, et pour Les Laboureurs du ciel, crédit photo : Alto

Plus que trois jours pour vous incrire aux ateliers d’écriture !

10 mardi Sep 2013

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités

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Mots-clés

ateliers d'écriture, inscription

bonhomme formationL’Agence Littéraire Laëns offre cet automne plusieurs ateliers d’écriture :

· Atelier 1 : Mémoires et autobiographies : découvrez  comment donner du relief à vos souvenirs à travers des exercices stimulants. 6 séances de 3 heures. Auteur invité : Gilles Simard, Le coeur enveloppé, JCL, 2012, ISBN : 978-2-89431-455-5. Horaires de l’atelier : le vendredi de 14h à 17h.

· Atelier 2 : Écrire de la fiction : atelier réservé à ceux et celles qui souhaitent écrire un roman ou des nouvelles.  Entraînez-vous à l’art du dialogue, à la création de personnages…   6 séances de 3 heures.  Auteure invitée : Isabelle Forest, Les laboureurs du ciel, Alto, 2012, ISBN : 978-2-89694-079-0. Horaires de l’atelier : le samedi de 9h30 à 12h30.

·Atelier 3 : Écrire un roman policier : apprenez à accrocher le lecteur dès la première ligne, les conventions du genre (les maîtriser pour mieux s’en libérer), et à intégrer la recherche sans artifice. 6 séances de 3 heures. Auteur invité : Jacques Côté, Le sang des prairies, Alire, 2011, ISBN : 978-2-89615-063-2. Horaires de l’atelier : le samedi de 14h à 17h.

· Atelier 4 : De l’écriture à la publication : atelier réservé à ceux qui souhaitent être guidés dans la réécriture, la présentation, le choix des éditeurs, la négociation des contrats et la promotion du livre. 6 séances de 3 heures. Horaires de l’atelier : le jeudi de 18h à 21h.

Tous les ateliers débutent la semaine du 16 septembre. Les ateliers 1, 2 et 3 sont ouverts aux grands débutants. Pour l’atelier 4, il est nécessaire que vous ayez un manuscrit complet.

Si vous désirez participer aux ateliers d’écriture, il n’est pas nécessaire d’envoyer vos écrits. Mais vous pouvez le faire afin que nous nous connaissions mieux et que nous puissions établir vos besoins avec vous.

Comment s’inscrire ? Remplissez le formulaire de contact situé sur la page envoi de manuscrits ou envoyez un courrier postal pour réserver votre place, en précisant quel atelier vous intéresse ainsi que vos disponibilités. Un nombre minimum de participants est requis pour qu’un atelier puisse avoir lieu. Les places sont limitées : pour le bon déroulement et l’efficacité des ateliers, l’Agence Littéraire Laëns n’acceptera pas plus de 8 participants par atelier.

Votre réservation ne sera enregistrée qu’après avoir reçu votre paiement. La date limite de réservation (dans la limite des places disponibles) est le vendredi 13 septembre.

Où envoyer votre paiement ? Envoyez un courrier postal accompagné de votre paiement pour réserver votre place. Le paiement peut se faire par paypal, par mandat postal ou par chèque à l’ordre de Marie-Pierre Laëns. Adresse postale : Agence Littéraire Laëns, À l’attention de Mme Marie-Pierre Laëns, 128, Richelieu Suite 2 Québec (Qc) G1R 1J5

Combien ça coûte ? Chaque atelier comporte 6 séances de 3 heures. Le prix régulier est de 250. 00 $ pour un atelier, soit pour l’ensemble des 18 heures que nous passerons ensemble.

Inscription à 2 ateliers : réduction de 10 % sur le deuxième atelier.

Inscription à 3 ateliers : réduction de 20 % sur le deuxième atelier et sur le troisième atelier.

Remboursement : Dans le cas où un atelier devrait être annulé, et dans ce cas seulement, l’Agence Littéraire Laëns s’engage à vous rembourser votre inscription intégralement dans un délai de 5 jours ouvrables, suivant la date prévue du début de l’atelier.

N. B. : Si vous désirez envoyer votre manuscrit par courriel, un accusé de réception vous sera envoyé. Si vous le faites par courrier postal, utilisez le service de courrier recommandé avec signature du receveur.

Vous avez envie d’écrire un livre ?

11 dimanche Août 2013

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités

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Mots-clés

agence littéraire laëns, agent littéraire Québec, ateliers d'écriture, autobiographie, écrire des nouvelles, écrire un roman, écrire un roman policier, contrats, correction de manuscrits, correction de manuscrits Québec, fiction, gilles simard, isabelle forest, Jacques Côté, manuscrit, mémoires, nouvelles, promotion du livre, roman, roman policier

bonhomme formationL’Agence Littéraire Laëns offre cet automne plusieurs ateliers d’écriture :

· Atelier 1 : Mémoires et autobiographies : découvrez  comment donner du relief à vos souvenirs à travers des exercices stimulants. 6 séances de 3 heures. Auteur invité : Gilles Simard, Le coeur enveloppé, JCL, 2012, ISBN : 978-2-89431-455-5. Horaires de l’atelier : le vendredi de 14h à 17h.

· Atelier 2 : Écrire de la fiction : atelier réservé à ceux et celles qui souhaitent écrire un roman ou des nouvelles.  Entraînez-vous à l’art du dialogue, à la création de personnages…   6 séances de 3 heures.  Auteure invitée : Isabelle Forest, Les laboureurs du ciel, Alto, 2012, ISBN : 978-2-89694-079-0. Horaires de l’atelier : le samedi de 9h30 à 12h30.

·Atelier 3 : Écrire un roman policier : apprenez à accrocher le lecteur dès la première ligne, les conventions du genre (les maîtriser pour mieux s’en libérer), et à intégrer la recherche sans artifice. 6 séances de 3 heures. Auteur invité : Jacques Côté, Le sang des prairies, Alire, 2011, ISBN : 978-2-89615-063-2. Horaires de l’atelier : le samedi de 14h à 17h.

· Atelier 4 : De l’écriture à la publication : atelier réservé à ceux qui souhaitent être guidés dans la réécriture, la présentation, le choix des éditeurs, la négociation des contrats et la promotion du livre. 6 séances de 3 heures. Horaires de l’atelier : le jeudi de 18h à 21h.

Tous les ateliers débutent la semaine du 16 septembre. Les ateliers 1, 2 et 3 sont ouverts aux grands débutants. Pour l’atelier 4, il est nécessaire que vous ayez un manuscrit complet.

Si vous désirez participer aux ateliers d’écriture, il n’est pas nécessaire d’envoyer vos écrits. Mais vous pouvez le faire afin que nous nous connaissions mieux et que nous puissions établir vos besoins avec vous.

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