Mylène Gilbert-Dumas fait le point sur le roman historique québécois

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myleneVoici un article écrit par Mylène Gilbert-Dumas et paru aujourd’hui sur son blogue : Une doyenne, une sorcière et un caniche. Mme Gilbert-Dumas m’a donné son autorisation pour le reproduire.

Mylène Gilbert-Dumas est une romancière québécoise que vous connaissez sûrement par la trilogie Les dames de Beauchêne, celle de Lili Klondike ou encore L’escapade sans retour de Sophie Parent et Yukonnaise. Reconnue, entre autres, pour la grande qualité de ses romans historiques, Mylène Gilbert-Dumas fait ici le point sur la situation du roman historique au Québec et donne des conseils éclairés aux nouveaux auteurs. Voici l’article dans son intégralité.

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Le roman historique au Québec

Même s’il y a quelques hommes dans le lot, la très grande majorité des auteurs et des lecteurs de romans historiques sont des femmes. Afin d’alléger le texte, j’utiliserai ici le féminin. Sentez-vous quand même inclus, messieurs.
Avertissement : Selon la sorcière, quand la diplomatie est passée, je n’étais pas née. Sans doute. Il me semble quand même qu’on se doit de jeter un regard lucide sur notre monde de temps en temps. Sachez donc à l’avance que, dans le texte qui suit, je dis les choses crûment.
La semaine dernière, je vous parlais d’un article dans La Presse qui dressait le portrait du roman historique au Québec. J’ai trouvé cette lecture rigolote parce que la journaliste découvrait tout juste un phénomène qui dure depuis vingt ans et qui, contrairement à ce qu’elle croit, n’en est pas du tout à son apogée.
Cette semaine, je vous explique pourquoi je pense que, si la tendance se maintient, le roman historique s’en ira sur son déclin. Et je trouve ça plate en titi.
Tout d’abord, rendez-vous dans n’importe quelle librairie et vous constaterez qu’il pleut des romans historiques au Québec. Ça dure depuis cinq ans. Depuis, en fait, que de nouvelles maisons d’édition se sont mises à publier des textes sans direction littéraire. Vous envoyez votre roman, on trouve qu’il a de l’allure, on le fait corriger et on l’imprime. Pas de réécriture, pas de remaniement du récit, pas de vérifications historiques. Qu’est-ce que ça donne ? De la littérature destinée au pilon souvent moins d’un an après l’impression.
Il s’agit d’une attitude purement commerciale qui consiste à publier beaucoup et à coût dérisoire des manuscrits d’auteures peu ou pas expérimentées. On se fiche des conséquences puisqu’on en vendra juste assez pour couvrir nos frais. Mais ces conséquences, si elles ne dérangent pas l’éditeur, ont pourtant plusieurs effets néfastes sur le monde du livre.
Premièrement, ça produit des romans décevants. Les lectrices qui s’aperçoivent que le roman qu’elles lisent contient plusieurs erreurs historiques (internet leur fournira toute l’info nécessaire pour vérifier les détails) hésiteront ensuite à acheter un autre roman de cette auteure. L’effet est plus sournois encore chez celles qui ne s’en rendront pas compte parce que le roman véhicule ainsi de fausses informations historiques que les lectrices vont croire vraies.
Deuxièmement, l’auteure n’apprend pas. Ni à mieux écrire, ni à mieux raconter. Son deuxième roman contiendra les mêmes faiblesses que le premier. Idem pour les suivants. Pire, elle sera persuadée qu’elle est une bonne écrivaine parce qu’on la publie, alors qu’elle n’est qu’une machine à produire des textes qu’on va mettre à la poubelle au bout d’un an. Deux ans, si elle est chanceuse.
Si on m’avait dit que je travaillerais autant sur un roman qu’on pilonnerait au bout d’un an, je vous jure que je serais restée dans l’enseignement. Aucun écrivain ne souhaite produire une œuvre aussi éphémère. Je ne vous dis pas qu’on sera tous immortels, mais on espère au moins être lus et disponibles pendant quatre ou cinq ans. Plus, même, si l’œuvre continue d’intéresser les gens. Parce que dans ce cas, le livre est souvent réédité en format poche.
Ce n’est pas que ces auteures de livres jetables ne font pas de recherche (quoique ça arrive). Ce n’est pas non plus que leur récit soit invraisemblable (quoique ça arrive aussi). C’est juste que c’est mal écrit, mal raconté, mal édité finalement. Comme je le dis souvent : l’inspiration est peut-être divine, mais le canal, lui, est faillible. Il faut beaucoup de travail pour mettre convenablement par écrit l’idée de génie qui a jailli un matin au réveil. Croire qu’on peut se passer d’un regard éditorial tient de l’orgueil et/ou de la paresse. Si j’étais une auteure qui commence et que j’avais envie de faire une vraie carrière d’écrivain, je songerais à me trouver un éditeur qui fait du vrai travail éditorial.
Troisièmement, non seulement ces romans de mauvaise qualité ont peu d’espérance de vie, mais en plus, ils nuisent à l’ensemble de la production de romans historiques québécois. Comment distinguer justement les bons romans des mauvais ? Les auteures qui font de la recherche des autres qui écrivent n’importe quoi ou qui arrangent l’Histoire au gré de leurs fantaisies ? Comme on dit, chat échaudé craint l’eau froide.  La lectrice hésite. Et je la comprends !
Nous avons au Québec de bonnes maisons d’édition de romans historiques. Nous avons aussi de bonnes auteures à la plume soignée, qui épluchent les essais des historiens dans le but d’écrire le moins de niaiseries possible. Je ne dis pas qu’elles ne font jamais d’erreurs, mais ces auteures sérieuses vont chercher longtemps pour vérifier les détails de leur récit. Et si elles ne trouvent pas de réponse, elles sont bien capables de changer leur histoire pour éviter l’écueil plutôt que d’être prises en défaut.
Dans leur étude intitulée Du bon sauvage au beau sauvage, Un roman d’amour politically correct[1],  Julia Bettinotti et Chantal Savoie sont arrivées à la conclusion que ce qu’on appelle aux États-Unis l’Indian Romance «suit une des conventions ou un des contrats de lecture les plus stricts de la littérature de grande consommation. » Pour avoir écrit sept romans historiques moi-même et pour avoir longuement discuté avec mes lectrices au fil des ans, je peux vous assurer que cette conclusion s’applique également au roman historique québécois. Disons plutôt qu’elle s’appliquait. Jusqu’à il y a cinq ans.
Le déferlement de romans historiques dans les librairies et les grandes surfaces du Québec cause aussi un problème mathématique. Parce que si le nombre d’auteures a explosé depuis cinq ans, le lectorat, lui, est resté à peu près stable. Cela veut dire qu’on doit séparer la tarte en plusieurs morceaux. En beaucoup de morceaux. Beaucoup plus qu’au début des années 2000. Ça fait donc des pointes de tarte plus petites. Ça veut dire des revenus moins élevés pour chacune des auteures.
Tout le monde est touché. De la machine à produire des textes destinés au pilon jusqu’à l’auteure chevronnée, en passant par la nouvelle auteure qui a fait un travail remarquable et qui est publiée chez un éditeur qui a fait, lui aussi, un travail remarquable.
Certains pensent que cette baisse de revenus s’explique parce que les lectrices veulent juste lire du roman historique qui se passe au Québec. Je ne le crois pas. Les Québécoises ont lu en masse Jeanne Bourin et Maryse Rouy avec leurs histoires médiévales, Régines Desforges et ses romans de la Deuxième Guerre mondiale. Elles ont lu en grand nombre Diana Gabaldon qui parlait du 18e siècle en Écosse. Vrai qu’on aime lire sur notre propre histoire et que, pendant longtemps, on n’avait rien à se mettre sous la dent. Mais il ne faut pas se fier à ce qu’on voit dans les journaux. Les journalistes qui écrivent sur les romans populaires (historiques ou pas) n’en lisent pas.
Un bon roman, c’est un bon roman. Et le fait que les revenus des auteures de romans historiques diminuent n’a rien à voir avec la période ou le lieu de l’action. La faute en revient à cette production incontrôlée où le bon grain est mêlé à l’ivraie.
Comme le dit l’adage yukonnais:  Quand les journaux se mettent à parler du filon, il est déjà trop tard pour se prendre un claim. Quand c’est rendu qu’on étudie le phénomène du roman historique à l’université, c’est qu’il est trop tard pour en écrire.
Mes conseils aux auteurs en devenir :
1.     N’écrivez pas pour suivre la mode parce que quand votre roman sera prêt pour publication, la mode sera passée. (À moins que vous souhaitiez être publiés dans une de ces maisons d’édition productrices de livres jetables.) Suivez votre instinct. Écrivez ce que vous aimez lire, ce que vous avez profondément envie d’écrire. Faites preuve d’imagination. Pensez à Stephenie Meyer qui, s’installant dans le vide laissé par Anne Rice, a réinventé le roman de vampires. On peut aimer ou non la série Twilight, mais on est obligé de se montrer humble devant un tel succès.
2.     Si on publie votre texte sans vous demander de réécrire, de resserrer, de développer, si on ne relève pas d’incohérence, si on trouve vos personnages impeccables, si on vous dit que votre texte s’en va tout de suite en correction et qu’il sortira dans un délai très court (moins de six mois), posez-vous des questions. Voulez-vous vraiment une carrière de machine à écrire des romans destinés au pilon ou voulez-vous voir vos œuvres durer ?
Un bon roman, c’est un livre écrit avec le cœur et retravaillé jusqu’à ce que l’auteure elle-même en ait la nausée. Un bon roman, ce n’est pas un roman à la mode.
Et pour ce qui est de l’argent, c’est comme en restauration. Ceux qui ont les reins solides vont pouvoir attendre que l’invasion finisse… si elle finit.

[1] Ce texte se retrouve dans le recueil Les hauts et les bas de l’univers western, publié chez Triptyque en 1997) Voici les deux places où j’ai trouvé ce livre de référence pour vous :

http://www.abebooks.com/servlet/BookDetailsPL?bi=11016435283&searchurl=kn%3Dimaginaire%2Bwestern%26amp%3Bsts%3Dt « 

Écrire ses Mémoires (partie I)

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pagnol

Marcel Pagnol (Crédit Photo : INA)

Plusieurs personnes me demandent des conseils sur la rédaction de leurs Mémoires. Les Mémoires ne sont pas des autobiographies, ni des autofictions. Ce sont des œuvres historiques avant tout, qui peuvent aussi avoir une valeur littéraire. L’auteur y relate sa propre vie, dans la mesure où celle-ci est significative d’un moment de l’Histoire. Par exemple, les Mémoires d’un soldat qui a participé à la guerre en Irak ou celles d’une personne qui a vécu la Révolution tranquille. Si votre recueil de souvenirs n’a pas de portée historique, il n’entre pas dans le cadre des Mémoires, mais plutôt de l’autobiographie. Si vous êtes à la fois l’auteur et le personnage principal du récit mais que vous utilisez la fiction dans la structure narrative, les dialogues etc., alors vous faites de l’autofiction. Il est donc important de savoir à quel genre littéraire appartient votre projet afin de le structurer et l’exploiter convenablement.

Trois choses importantes avant de rédiger vos Mémoires.
1. Vous devez vous rafraîchir la mémoire (logique, n’est-ce pas ?).
2. Vous avez besoin de trouver un thème central pour votre histoire : la libéralisation des mœurs, la contreculture au Québec, etc…
3. Vous devez tracer le plan de vos Mémoires.
Dans ce billet, je voudrais aborder la première étape et vous donner des conseils sur le travail préalable à l’écriture de vos Mémoires. Ce n’est pas la partie créative du processus. C’est un travail difficile et qui prend du temps. Mais une fois fait, vous aurez une ressource inestimable.

Cinq façons d’organiser vos souvenirs

1) Commencez la cueillette avec des pièces personnelles.

□ agendas ou journaux intimes
□ avis de décès,         □ certificats de naissance, mariage et décès
□ invitations d’anniversaire et de mariage
□ lettres,                     □ photographies

□ films, vidéos et DVD, □ musique – vinyles, cassettes, CDs, fichiers numériques
□ livrets scolaires ou évaluations,      □ vos contrôles du primaire, secondaire etc.
□ souvenirs de famille           □bijoux           □testament
□ coupures de journaux,        □ anciens programmes
□ fiches de salaire

2) Discutez avec des gens de votre famille et de vieux amis. N’oubliez pas que ni vous, ni vos parents ou amis ne détenez la vérité. Vous avez chacun votre propre histoire à raconter. Écoutez. Vous aurez besoin d’autres voix dans vos Mémoires, et plus particulièrement de celles qui font un contrepoint à la vôtre. Cela donnera du relief à votre texte et il en sera d’autant plus intéressant. Prenez des notes.
3) Démarrez votre histoire à un point précis dans le temps et l’espace. Par exemple : « Je suis né à Québec le 5 juillet 1960, le jour de l’élection de Jean Lesage » ou « J’avais cinq ans quand papa, maman, mon grand frère Patrick et moi sommes partis d’Algérie ». Si vous ne le faites pas, vous courez le risque de passer trop de temps à errer à travers vos pensées et vos sentiments. Mais vous n’êtes pas obligé de commencer par votre naissance. Vous pouvez ouvrir vos Mémoires à une période ultérieure. Visitez les lieux que vous allez décrire. Si vous êtes incapable d’aller en pèlerinage sur les lieux de votre passé, vous pouvez :
• regarder des films de cette époque,
• lire les journaux des années sur lesquelles vous allez écrire,
• faire une recherche sur internet pour les lieux et les incidents qui vous ont marqué.

4) Préparez une liste de vie. Écrivez une page sur chacun de ces sujets. Les premiers événements qui vous viennent à l’esprit pour chaque terme sont les plus marquants. Ce sont eux que vous devrez privilégier dans l’écriture de vos Mémoires. Certains peuvent même ne pas parler de vous. Identifiez les événements secondaires comme tels. Vous pourrez en utiliser certains, mais pas tous. Il convient de faire un choix. Tout événement rapporté doit être significatif. Cette liste deviendra le squelette à partir duquel vous allez dessiner le matériel nécessaire à vos Mémoires.
□ la naissance et les années de petite enfance           □ la maternelle et l’école primaire
□ le collège                             □ l’école secondaire               □ l’université
□ les amis                               □ les passe-temps       □ les vacances, festivals
□ les emplois                          □ la maladie
□ les premières relations marquantes
□ la religion
□ les premiers temps du mariage ou du couple
□ les déménagements             □ la maturité
□ les deuils                             □ les dernières années            □ la retraite
5) Créez votre propre système de classement. Faites des fiches, des fichiers, comme vous voulez. Établissez une chronologie. Faites des liens entre vos fiches ou vos fichiers. Cela doit être clair et accessible facilement.

Rappelez-vous que ce ne sont que des aides. Vos souvenirs existent et vous pouvez y accéder avec ou sans l’aide de fiches. C’est à vous de voir. Mais il est important de vous créer une méthode de travail qui vous convient et qui vous permet de discriminer les événements importants de ceux qui le sont moins. Cela vous aidera à écrire des Mémoires qu’un lecteur aura plaisir à lire. Parce qu’en bout de ligne, même si vous avez du plaisir à écrire (et c’est tant mieux) il y a un lecteur qui demande à être intéressé, surpris et instruit.

©Agence Littéraire Laëns 2014

La folie a du bon

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bonhomme noir9 façons de justifier le mauvais comportement d’un personnage

La création de personnages antagonistes et l’exploration de leur obscurité (côté sombre) est un des aspects les plus gratifiants de l’écriture pour les auteurs de fiction. En tant que lecteurs, nous aimons les personnages troubles, déviants, les obsédés, les dépravés. C’est thérapeutique. Nous explorons et apprivoisons notre propre obscurité en en apprenant plus sur leurs vies, comment ils marchent, parlent, mangent, jouent, manipulent et travaillent.

Bien sûr, si vous écrivez à propos d’un personnage qui est aux prises avec un problème psychologique, vous devez faire des recherches sur ce trouble. Le DSM-IV[1] est une excellente source d’inspiration. À l’aide de ce livre, vous pouvez peindre vos personnages dans des multitudes de nuances de gris et leur donner ainsi une profondeur intéressante.
Souvent, un comportement anormal est déclenché par une crise survenant lors d’un changement de vie. C’est une excellente façon de commencer un livre. Dès que vous placez l’un de vos personnages dans une de ces situations, vous avez une histoire. Cela vous donne quelque chose à construire.

Voici une liste de situations stressantes parmi les plus courantes qui occasionnent de profonds changements dans nos vies. À vous de les utiliser à bon escient et de les exploiter pour créer des tournants majeurs dans celle d’un ou plusieurs personnages. Attention toutefois de ne pas en abuser…

Échelle de stress            Valeur de changement de vie
1- Décès d’un conjoint                     100%
2. Divorce                                        73%
3. Séparation conjugale                     65%
4. Peine d’emprisonnement                63%
5. Décès d’un membre de la famille     63%
6. Maladie                                        53%
7. Mariage                                        50%
8. Licenciement                                 47%
9. Retraite                                        45%

Source : http://www.stress.eu.com/index.php/comprendre-le-stress-2/causes-et-origines-du-stress/autres-facteurs-de-stress/


[1] DSM-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ouvrage collectif de L’Association Américaine de Psychiatrie, Éditions Masson, ISBN : 9782294006630

Les cinq erreurs des débutants

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poupées à découperJe suis souvent appelée à évaluer des manuscrits d’auteurs débutants. Voici quels sont leurs problèmes les plus courants quand ils créent des personnages.

Des personnages en carton découpé

Donnez des passions, des ambitions, un passé, un présent et un avenir à vos personnages. Ils devraient discuter avec leurs parents, oublier l’anniversaire d’un ami, etc. Ces petites choses du quotidien les rendent humains. Tout cela doit se passer dans les dialogues, de préférence. Le lecteur doit les voir comme des personnes réelles. Vos personnages sont crédibles lorsque les lecteurs sont capables de s’identifier à eux.

Trop de personnages

Faites de la place pour deux ou trois personnages secondaires qui influencent et soutiennent vos deux personnages principaux. Rendez-les mémorables et originaux. Donnez un nom uniquement à ceux qui jouent un rôle important dans votre livre. Les lecteurs ne veulent pas connaître le nom de la serveuse, du portier, de la réceptionniste ni de la vendeuse. Et surtout, ne nommez pas de plusieurs manières un personnage. Giselle ne doit pas devenir la journaliste un peu plus loin, ni Mme Paré dans un autre chapitre.

Trop de mots

Beaucoup d’auteurs débutants utilisent trop de mots pour décrire les pensées, les actions ou les motivations d’un personnage. Écrire bien, c’est écrire clairement et faire l’économie de mots. Pour cela, utilisez les cinq sens à chaque page, des verbes forts, des noms précis et la structure de phrase appropriée. N’essayez pas de faire du style pour le style. Des mots simples montrent tout.

Trop de pensées, pas assez d’action

La plupart des nouveaux auteurs passent trop de temps dans la tête de leurs personnages. Faites-les agir ! Un personnage doit aller de l’avant dans une histoire. Cela va permettre au lecteur de s’identifier à lui. Une autre maladresse courante : quand votre personnage passe en revue des actions une première fois, puis y réfléchit à nouveau. Si vous avez bien démontré l’idée au départ, cela suffit. Sinon retravaillez le passage.

Une mise en scène déficiente

Imaginez que vous regardez un film dans lequel les personnages vivent sur ​​un écran vierge. C’est l’équivalent d’un manque de mise en scène dans un roman. Placez vos personnages dans le trafic, chez eux et au bureau. Utilisez le décor, la nourriture, leurs livres et même leur médication pour les définir. Créer un cadre crédible dans un roman permet aux personnages de voir, sentir, entendre, goûter et toucher. Ils ne peuvent pas interagir avec un environnement s’ils n’en ont pas. Mettez vos personnages mal à l’aise. Placez-les dans un ascenseur bondé ou un embouteillage. Donnez une vie à vos personnages !

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Bien sûr, tout cela ne suffit pas à créer des personnages crédibles. Mais si vous évitez ces erreurs, vous serez déjà sur la bonne voie.

©Agence Littéraire Laëns 2013

Portrait-robot d’un lecteur

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English_Editing_and_Reviewing_logoUn livre sans lecteur reste une œuvre morte. Vous devez donc connaître et tenir compte de certaines caractéristiques du lecteur, sans toutefois vous extraire de l’écriture, exercice difficile entre tous. Qui est donc ce lecteur, qui va avoir votre œuvre en main, qui va la lire, la juger, l’aimer et la partager ?

Votre lecteur se pose toujours ces questions lorsqu’il lit et même avant la lecture, lorsqu’il découvre votre quatrième de couverture :

1) Est-ce que ce livre est pertinent pour moi ?

2)  Est-ce que cette lecture est intéressante?

3) Est-ce que lire ce livre est agréable?

Votre lecteur:

1) lit toujours entre les lignes. Par son imaginaire, il continue de faire vivre les personnages et ajoute sa propre interprétation. Par sa réflexion, il démonte et remonte votre raisonnement et l’enrichit de ses propres expériences.

2) a toujours de meilleures choses à faire. Le rythme de nos vies est trépidant, nos journées sont bien remplies. C’est vrai pour vous et c’est aussi vrai pour votre lecteur. Il faut donc saisir son attention, lui montrer que lire votre livre est plus intéressant que toutes ces choses qu’il a déjà sur sa liste.

3) n’est pas un idiot. Il n’aime pas que tout lui tombe tout cuit dans le bec. La lecture est une activité qui n’a rien de passif. Le lecteur réfléchit, analyse, tire ses conclusions, interprète. C’est pour cela que beaucoup de lecteurs sont souvent déçus lorsqu’ils voient l’adaptation cinématographique d’un livre qu’ils ont aimé. Face à l’interprétation d’un seul lecteur, qui n’est pas la même que la leur, ils ne retrouvent généralement pas toutes les dimensions, toute la profondeur qu’ils avaient appréciées dans leur lecture. Parce que le lecteur n’est pas un idiot, il revendique une certaine liberté, que vous lui offrez dans tout ce qui fait appel à ses propres facultés. Privilégiez une écriture évocatoire.
4) ne lit jamais tout. Qui va lire une description soporifique, ou pire une description qui va exiger de regarder dans une encyclopédie des plantes, de quels arbustes et fleurs vous parlez ? Écrivez tout ce qui apporte effectivement quelque chose à l’histoire, voire à l’atmosphère. Bannissez le reste, dans la mesure du possible.
5) veut être diverti. Contrairement à ce que vous pensez, ceci est également valable pour la majorité des essais destinés au grand public. Une écriture aride rend la lecture ardue. Lire votre livre doit apporter du plaisir, une satisfaction, toute chose qui fait que non seulement le lecteur souhaitera non seulement se replonger dans votre œuvre, mais qu’il la partagera aussi avec sa famille et ses amis.

Pour réussir votre relation avec le lecteur, vous devez commencer du bon pied. La grammaire est importante et les erreurs sont impardonnables. Les critiques vont étudier votre travail. Assurez-vous qu’il est impeccable. Vous devez utiliser les bons mots et apporter un sentiment d’urgence, ce qui démontre que la lecture de votre livre est absolument indispensable. Donnez-vous à votre lecteur. Prenez des risques. Une écriture tiède donne une lecture tiède. Et utilisez toujours des références crédibles.

Le premier jet en sept points

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premier jet

Écrire d’une seule traite le premier jet de son roman présente des avantages significatifs. En voici déjà sept qui, je l’espère, vous convaincront.

1)    En écrivant un premier brouillon du début à la fin, vous achevez un projet plutôt que d’arrêter et de recommencer encore et encore. C’est bon pour le moral et cela vous permet de garder votre souffle pour l’épreuve d’endurance, qu’est la réécriture.

2) Jusqu’à ce que vous écriviez la fin, vous n’avez pas une compréhension claire de ce qui vient plus tôt (le plan n’y suffit pas). Écrire le premier jet d’une seule traite vous permet de savoir quelles scènes ou quels éléments doivent être étoffés, histoire d’éviter une intrigue cousue de fil blanc ou l’intervention maladroite (et irritante) d’un Deus ex Machina.

3) Vous avez accompli ce que vous vous apprêtez à faire. Ok, cette phrase semble tout droit sortie de « Retour vers le futur », mais elle est vraie. Vous avez ainsi la trame nécessaire à votre roman.

4) Une fois que vous avez un squelette en place, vous êtes capable de prendre du recul et de «voir» son histoire sous un angle nouveau. Cela vous indique la manière dont elle doit être traitée.

5) Plus vous vous investissez dans l’écriture stylistique avant de passer au chapitre suivant, plus vous vous attachez aux mots. Le premier jet n’est pas affaire de style. Libéré de cette contrainte, vous pourrez couper ces trente-cinq à cent pages, qui passent habituellement dans la filière treize, sans douleur (ou presque).

6) Écrire votre premier jet d’une seule traite vous a donné un rythme de travail. Cela va vous être très utile pour la phase de réécriture, épreuve d’endurance par excellence.

7) Et soyons réalistes, un premier jet, écrit d’une seule traite, ne peut que s’améliorer.

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Libre à vous d’écrire comme vous le sentez. Le but est de produire du texte. Le premier jet est votre premier matériau de réécriture.

© Agence Littéraire Laëns 2013

Donnez du corps à vos textes

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bonhomme forceQuand vous écrivez, vous devez utiliser les cinq sens. Les lecteurs veulent faire l’expérience de ce que vos personnages voient, sentent, entendent, goûtent et touchent. Le toucher est le sens le plus ignoré par les auteurs. Il semblerait que cela soit plus difficile à décrire. Pourtant, le toucher est bien présent dans nos vies et est d’ailleurs le dernier sens, qui reste en fin de vie. Il ne faut donc pas l’ignorer. Les lecteurs s’identifient aux personnages qui se livrent avec leurs mondes.

Une description composée de détails sensoriels pénètre les couches de la conscience, et implique votre lecteur émotionnellement et intellectuellement.

Conseil de rédaction :

Les écrivains débutants ont tendance à confondre le contact avec la sensation.

Par exemple: « Je vois la rivière, j’entends les sirènes, je me sens confus. » Vous pouvez exprimer la même idée en écrivant : « Je vois la rivière, j’entends les sirènes. Je touche mon front, moite et froid. » ou « Je passe ma main sur mon front moite et froid ».

Essayez de dire toucher chaque fois que vous le pouvez et vous éviterez ce problème.

La texture décrit la façon dont on sent quelque chose quand on le touche ou qu’on le mange. J’ai dressé une liste de mots qui vous aideront à décrire ce qu’un personnage sent quand il touche quelque chose avec ses doigts ou sa peau. Et bien évidemment, cette liste est loin d’être exhaustive.

L’ABC du tactile

Abîmé, abrasif, ample, angulaire, âpre, arêtes vives

Bombé, bosselé, boursouflé, brisé, barbelé, brouillé

Cannelé, caoutchouteux, chaud, chauve, circulaire, collant, coriace, coussinné, crasseux, cratère, crénelé, crochet,

Détrempé, dense, déshydraté, distendu, doux, duveteux,

Écumeuse, élastique, émaillé, endommagé, enflé, engorgé, en relief, épais, épineux, étroit,

Ferme, flétri, frais, fragile, froid,

Gel, gélatineux, gercé, glacé, glacial, glissant, gluant, gonflé, gorgé d’eau, granuleux, gras, gratté, gravé, graveleux, grêlé, grossier,

Hérissé, huileux, humide,

Imperméable, incrusté, irrégulier,

Laineux, lisse

Malléable, mince, moite

Nervuré, noueux,

Ondulé,

Pâteux, pétillant, plat, pliable, plissé, poilu, pointu, poli, poussiéreux, propre, pulpeuse,
Rainuré, râpé, rayé, réchauds, rembourré, repassé, ridé, rigide, rouillé, rugueux
Sale, saturé, savonneux, sec, sculpté, sirupeux, solide, soyeux, spongieux, strié, en sueur,

Tendu, tiède, tissé, trempé, tricoté,
Velouté, velu, vibrant, visqueux,

Quelques exemples dans la littérature :

 

« Âmes écloses hier, fanées aujourd’hui, pareilles à ces fleurs tombées dans la rue que toutes les boues flétrissent en attendant qu’une roue les écrase. »

Victor Hugo, Les Misérables.

« Une famille, c’est un groupe de gens qui n’arrive pas à communiquer mais s’interrompent très bruyamment, s’exaspèrent mutuellement, comparent les diplômes de leurs enfants comme la décoration de leur maison, et se déchirent l’héritage des parents dont le corps est encore tiède. »

Frédéric Beigbeder, Un roman français

« C’est plus compliqué et plus pénible que la défécation notre effort mécanique de la conversation. Cette corolle de chair bouffie, la bouche, qui se convulse à siffler, aspire et se démène, pousse toutes espèces de sons visqueux à travers le barrage puant de la carie dentaire, quelle punition ! Voilà pourtant ce qu’on nous adjure de transposer en idéal. C’est difficile. Puisque nous sommes des enclos de tripes tièdes et mal pourries nous aurons toujours du mal avec le sentiment. Amoureux ce n’est rien c’est tenir ensemble qui est difficile. »

Céline, Voyage au bout de la nuit

En fouillant dans le champ lexical du toucher, on se rend compte que beaucoup de mots sont utilisés également pour décrire des sentiments et des réflexions : un ton peut être glacé, une capacité intellectuelle peut se flétrir, une personnalité peut être malléable… Si vous utilisez les mots qui évoquent le toucher, vous ajoutez au moins une dimension à votre propos et il s’enrichit d’autant.

L’ABC du livre pratique

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proposer son livre à un éditeurLes livres pratiques sont les éléments de base du marché de non-fiction. Les éditeurs réservent toujours un excellent accueil à de nouvelles idées et à de bons écrivains, qui présentent un sujet sous un angle inédit. Les livres pratiques doivent présenter une nouvelle idée, et ce au bon moment. Ils doivent faire preuve d’innovation. Ils doivent de préférence être écrits par un auteur ayant un public établi et une forte popularité dans les médias sociaux, et c’est encore mieux s’il s’agit d’un expert ou d’une célébrité. L’auteur doit pouvoir porter la promotion de son livre.

Mais attention. Si les gens veulent savoir, ils ne tiennent pas toujours à apprendre. Donc, votre travail consiste à rendre l’apprentissage attrayant et lisible.

Huit conseils pour écrire un livre pratique :
1. Présentez votre information d’une manière visuellement attrayante.
2. Laissez votre personnalité transparaître.
3. Donnez à vos lecteurs des exercices à faire en cours de lecture.
4. Si le sujet le permet, essayez d’inclure des blagues, des anecdotes, et des conseils qui augmenteront le plaisir de la lecture et contribueront à garder votre lecteur captif.
5. Agrémentez votre texte à l’aide d’illustrations.
6. Si le propos de votre livre est d’enseigner un savoir-faire, faites-le de façon claire, concise et privilégiez le processus étape par étape.
7. Utilisez un ton plutôt terre à terre, voire amical. Le meilleur des guides pratiques emploie un ton qui se démarque et est amusant à lire.

8. Gardez à l’esprit que la majorité de ces livres ne dépassent que rarement les 50000 mots.

Autopsie d’une écriture à succès

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agatha christieAgatha Christie a écrit quatre-vingt-cinq livres pour à peu près trois milliards d’exemplaires vendus.
Selon l’UNESCO, elle est l’auteure la plus traduite au monde. Le Livre Guinness des Records du Monde l’a sacrée l’auteure la plus vendue de tous les temps, tous genres confondus.

Quel est le secret de son succès ?
Il existe un lien entre le succès d’Agatha Christie et le langage clair et simple qu’elle emploie dans ses écrits.
« Le plus précieux de tous les talents, c’est de ne jamais utiliser deux mots quand un suffit ». ~ Thomas Jefferson
Agatha Christie semble avoir maîtrisé ce talent. Dans The Agatha Christie Code, plusieurs linguistes anglais ont analysé la façon dont elle utilise les mots. C’est son utilisation d’un langage clair qui fait qu’on lit ses œuvres facilement.
Un langage clair
Un excellent exemple : elle utilise presque exclusivement le mot « dit ». ( Les auteurs novices essaient d’utiliser des synonymes, souvent inadéquats, alors que « dit » s’impose comme le choix parfait. )

Elle n’introduit pas de nouveaux mots, mais met le lecteur à l’aise en utilisant la langue de tous les jours. Elle ne le décourage pas avec de grands mots et des phrases longues et alambiquées.

Elle ne l’ennuie pas avec des descriptions inutiles. Le lecteur est libre d’apprécier l’histoire en se concentrant sur l’intrigue.
Ses livres suivent une formule.
Ils sont tous semblables dans le style, la longueur des mots, et la longueur de la phrase. Dans Les vacances d’Hercule Poirot, Agatha Christie suit sa formule classique :
1 . Il y a un cadavre, très tôt dans l’histoire.
2 . Il y a un nombre restreint de suspects, en raison de la situation ou à cause d’une contrainte sociale.

3 . Le détective arrive.
4 . Nous suivons une série de fausses pistes.
5 . Il y a une résolution du mystère, puis la conclusion.

Un standard en matière d’écriture.

Agatha Christie n’est pas la seule à avoir réalisé l’importance d’utiliser un langage simple. Si vous étudiez l’écriture d’auteurs comme Stephen King, John Grisham, Danielle Steele, et Elmore Leonard, vous vous rendez compte qu’il existe une écriture standard idéale en matière de best-sellers.
Une fois que vous avez fini d’écrire votre roman, faites des statistiques de lisibilité sur l’ensemble du manuscrit.
Vous devriez avoir (en moyenne) :
sept caractères par mot ; ce qui correspond au nombre de caractères que l’œil peut lire en une seule fixation,

un indice de forme passive de moins de 5%,
un score de lisibilité de 9 ou de 10 maximum selon le « fox index » de Gunning. Gunning est un consultant de presse américain ; sa formule = nombre moyen de mots par phrase + pourcentage de mots de trois syllabes et plus, le tout multiplié par 0,4 (un coefficient créé à l’époque pour que le nombre obtenu corresponde à une échelle éducative américaine).

Son échelle de valeur :

16 et + : Livres universitaires

12 et + : Commence à être difficile pour le grand public

10 : Score moyen des journaux américains

9 : Reader’s Digest

6 : Bandes dessinées

En français, il faudra être moins sévère car les mots anglais sont plus courts et le taux de redondance de l’anglais est inférieur à celui du français. On peut prendre par exemple des mots de 4 syllabes et plus au lieu de 3.
Écrivez à la voix active, en utilisant des mots compréhensibles.

N. B. : Ceci n’est qu’une analyse du langage employé par des auteurs de best-sellers, mais il n’est nullement question de démarche artistique ni du sujet de l’intrigue.

Apprivoiser le méchant

Mots-clés

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darth_vader-t2En général, les écrivains sont des gens sympas. Mais pour les besoins d’une fiction, ils doivent s’efforcer de comprendre les méchants. La difficulté consiste à apprécier, aimer les gens méchants qui constituent une source d’inspiration inépuisable.

Même si vous déplorez le mal dans la réalité, vous devez être capable d’embrasser l’esprit du mal pour écrire un bon roman, surtout un mystère ou un suspense.

Pour réussir à mettre en scène la méchanceté et l’incarner dans un personnage, un auteur se doit de se transformer en méchant, le temps de l’écriture, et de savourer pleinement cette expérience.  Il s’agit d’apprendre à jouer dans ce qui vous rebute et d’en tirer une expérience profitable.

Même si vous ne racontez pas votre histoire de leur point de vue, vous devez vraiment apprendre à connaître vos méchants afin qu’ils agissent de façon réaliste et cohérente.

Explorez votre côté sombre.

1) Prenez le temps de vous remémorer quelque chose d’horrible que vous avez fait et que vous regrettez avoir fait. Les détails importent peu : souvenez-vous comment vous vous êtes senti lorsque vous avez agi ainsi. Prenez quelques notes.

2) Maintenant, rappelez-vous quelque chose de méchant que vous avez fait mais pour lequel vous n’éprouvez aucun remords, ni regret. Que ressentez-vous ? Prenez quelques notes.
Ces deux pratiques simples permettent d’améliorer instantanément votre empathie pour vos méchants.

Maintenant, ces personnages doivent-ils se consacrer à la destruction et à l’assassinat 24h/24 et 7j/7 ?

Bien sûr que non.

Dans le monde réel, les vrais méchants agissent souvent comme les personnes les plus agréables qui soient. Ted Bundy travaillait pour une ligne de prévention du suicide alors qu’il était en train de tuer des femmes qui ressemblaient à la petite amie qui l’avait jeté. Jack l’Eventreur avait probablement des amis.
Vos méchants sont des personnes qui agissent uniquement dans leur propre intérêt, qui se préoccupent seulement de satisfaire leurs propres besoins, le tout dans un mépris total du reste de l’humanité. C’est en cela qu’ils se distinguent des gens normaux. La différence entre un personnage bon et un personnage mauvais est une question de degré, parfois très subtil. Ils ne sont pas diamétralement opposés, loin s’en faut.

Ce qui fait qu’un personnage est crédible, c’est toujours un mélange de bon et de mauvais. C’est vraiment juste une question de degré, et bien sûr, de point de vue. Certains meurtriers peuvent s’accrocher à leur version de l’histoire : légitime défense, ils sont les vraies victimes, etc.
Prendre tout cela en considération permet de donner plus de profondeur à vos méchants : pensez à vos personnages, et aimez-les, à la lumière des défaillances humaines comme les attentes irréalistes, les désirs secrets – désirs qui ne peuvent peut-être pas se réaliser.

Exploitez les faiblesses, les défaillances et la méchanceté humaine ! Il y a là beaucoup de matière pour des personnages sombres.