Initiation au dialogue

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bonhomme dialogueLe dialogue est fondamentalement une conversation. Vos personnages se parlent entre eux. Ils devraient ressembler à de vraies personnes. Cela pourrait signifier que tout ce que vous devez faire est de transcrire la conversation des gens. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple que cela, ou plutôt heureusement : les dialogues sont moins compliqués à écrire. Une véritable conversation peut ressembler à ceci:

_ Euh, Jim, as-tu entendu la dernière chose, sur, quel est son nom, tu le sais, euh, je veux dire le gars qui est partout aux nouvelles…
_ Ce bar est nul. Eh bien, je suis trop occupé ces derniers temps, toutes les demandes d’emploi et tout…
_ Merde, c’est un politicien, oh mon Dieu, pourquoi je ne peux pas me souvenir de son nom, comme, il est genre vraiment célèbre, je veux dire, euh, tu sais?
_ Euh, Euh.
Pause. Une toux.

_ Il se cache, tu sais qui je veux dire, euh, il a une-merde.
_ Bien sûr, c’est facile pour ces gars-là, ils sont tous millionnaires. Eh bien, où est la serveuse?
_ Mmm.

Même dans une transcription directe qui ressemble à celle-ci, vous ne pouvez pas indiquer l’endroit où les deux personnages parlent en même temps, où les voyelles traînent, et ainsi de suite. Par ailleurs, dans la vraie vie, vous entendez la mélodie de la voix d’une personne, vous voyez son langage corporel, et ainsi vous pouvez sentir toutes les hésitations beaucoup mieux que quand vous lisez la transcription sur papier. Vous ne pouvez pas reproduire la parole réelle. Vous pouvez en écrire quelque chose d’approchant, mais votre dialogue devrait être plus rapide et plus direct que la parole réelle.

Le dialogue doit transmettre un sentiment de spontanéité, mais éliminez les répétitions qui émaillent le vrai parler. Il peut être efficace d’utiliser des expressions comme : machin, ou je veux dire, etc… pour donner du réalisme et de la spontanéité au dialogue et marquer des hésitations qui dénotent un moment psychologique significatif. Mais utilisez-les avec modération.

Par ailleurs, votre personnage n’a pas besoin de parler sauf s’il a un renseignement qui doit être transmis. La difficulté consiste à trouver le juste équilibre entre le réalisme et l’économie de parole.

Pour rendre le dialogue réaliste, créez une voix distincte pour chaque personnage. Par son vocabulaire, vous révélez la région d’origine d’un personnage, la classe, l’éducation, et le style de pensée (logique, impulsif, rancunier, etc…)

Donnez à chaque personnage une voix avec un niveau distinctif de vocabulaire. Certains parleront par fragments, d’autres feront des phrases complètes; certains utiliseront l’argot, d’autres un jargon professionnel, d’autres encore s’exprimeront en français standard…, le tout dans les limites raisonnables du genre d’histoire que vous écrivez. Où puisez-vous la voix de vos personnages ? Écoutez. Rappelez-vous. Si vous en avez besoin, enregistrez. Certaines personnes ont de la chance parce qu’elles se souviennent des sons plutôt que des images. Le son fait plus que compenser le déficit d’image. Si vous utilisez le mot juste, le lecteur entendra la phrase dans sa tête et verra le personnage.

Être et savoir-être

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to beLa plupart des experts s’accordent à dire que quand il s’agit de l’écriture de fiction, aucune règle n’est coulée dans le béton. Certaines directives cependant sont si évidentes que rares sont les écrivains qui se risqueraient à les contester. Respectez celles-ci.

 

1. Aimez le processus d’écriture

Si vous voulez devenir un écrivain professionnel, vous feriez mieux d’adorer le processus d’écriture. Cela ne veut pas dire que vous n’aurez pas de doutes, ni de craintes. Cela signifie que, malgré ces hésitations, vous allez tout de même vous asseoir et écrire. Si écrire est douloureux pour vous, pourquoi persister ?

2. Lisez beaucoup

« Tout écrivain est d’abord un lecteur. C’est parce qu’il a tant aimé lire qu’il a voulu écrire et c’est d’abord pour lire qu’on écrit. On écrit le livre qu’on aimerait bien lire mais qu’on ne trouve pas. […] Ne jamais oublier que le cœur de l’affaire c’est le plaisir. » — Dany Laferrière

Si vous ne lisez pas, pourquoi voulez-vous écrire ? Les meilleurs écrivains ne limitent pas leurs lectures à un seul genre. Les artistes ont besoin de découvrir le travail d’autres artistes, dont ils peuvent apprendre quelque chose, voire s’inspirer.

3. Persévérez

La principale différence entre les auteurs à succès et les écrivains en herbe n’est pas le talent, c’est la persévérance. Ils terminent ce qu’ils ont commencé. Créez un calendrier d’écriture qui fonctionne pour vous et respectez-le.

4. Soyez critique avec votre travail

Nombre d’écrivains vivent avec l’espoir qu’un jour ils vont lire ce qu’ils ont écrit et ne pas vouloir le déchirer. La mauvaise nouvelle, c’est qu’au fur et à mesure que vous vous améliorez, vous devenez plus critique par rapport à votre travail. Plus vous en savez, moins vous pouvez tolérer la mauvaise écriture (la vôtre ou celle des autres). La bonne nouvelle, c’est que votre capacité critique va vous aider à vous améliorer. Vous allez apprendre à rejeter le prévisible, à tonifier le style, la structure et vos personnages.

5. Agissez en professionnel

Chaque fois que vous traitez avec d’autres professionnels, comme les agents et les éditeurs, vous devez agir de la même façon que pour un entretien d’embauche, et présenter une attitude professionnelle. Ceci est particulièrement important dans les lettres de présentation et la préparation du manuscrit.

Tout d’abord, relisez votre texte pour vérifier la grammaire, la ponctuation et l’orthographe. C’est un minimum. Relisez-le encore. Êtes-vous certain que le début est accrocheur ? Combien de fois me dit-on « Mais vous allez voir. Cela s’améliore au fil du roman » ? Dans ce cas, si vous savez que votre début n’est pas à la hauteur, pourquoi ne le modifiez-vous pas avant de le présenter ? Après des mois de travail acharné à écrire et perfectionner votre roman, ce serait dommage qu’il soit rejeté parce que vous n’avez pas pris la peine de retravailler le début. Non ?

Deuxièmement, utilisez le bon format. Évitez les polices de fantaisie. Utilisez des marges normales. Vous trouverez la fonction « marges normales » dans le volet « mise en page » de Word. Ne concevez pas votre propre couverture. Paginez correctement votre manuscrit.

Une lettre d’accompagnement, ça se travaille. Elle inclut un bref résumé de votre manuscrit (un à trois paragraphes) et quelque chose sur vous qui est en rapport avec votre écrit. Évitez de vous vanter : «Cela va rapporter des millions de dollars» ou «Le monde n’a jamais vu un roman comme ça avant ». C’est rédhibitoire.

Suivez les consignes données par les éditeurs et les agents sur leurs sites Internet. Certains souhaitent recevoir les manuscrits par la poste, d’autres par courriel. Parmi les premiers, il y a des adeptes du manuscrit relié et d’autres qui ne veulent aucune reliure. On vous demande un synopsis ? Faites un synopsis. On vous demande une fiche biographique ? Envoyez une fiche biographique.

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Même si vous suivez ces consignes, il se peut que votre manuscrit soit refusé. L’histoire de la littérature regorge d’exemples d’écrivains connus qui ont vu certains de leurs écrits rejetés par un agent, un éditeur, voire plusieurs. Et si le même manuscrit ne cesse d’être rejeté pour la même raison, retravaillez-le avec un professionnel si nécessaire. Lire à ce sujet : Les fameuses lettres de refus.

©Agence Littéraire Laëns 2013

Gérez votre temps d’écriture

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procrastinationSi vous avez des problèmes avec la gestion de votre temps, écrire devient difficile. Si vous avez travaillé sur un manuscrit pendant plusieurs années, sans jamais arriver à le terminer, c’est que vous avez développé une tendance naturelle à la procrastination.

1) Commencez votre journée en écrivant

La meilleure façon de créer une nouvelle habitude est d’en faire l’une des premières tâches de la journée. Il est tellement plus facile de s’asseoir et d’écrire une page ou deux et puis de vous consacrer à vos activités quotidiennes que de consulter vos courriels, payer des factures, retourner les appels téléphoniques, laver vos cheveux, laver votre chien, et de vous plonger dans une demi-douzaine de tâches différentes, avant d’essayer d’écrire une page ou deux. La gestion du temps, c’est de l’autogestion.

2) Adhérez à la loi de Pareto

Selon le principe de Pareto, 20 % de votre temps et d’effort génère 80 % des résultats. Tous les jours, nous perdons du temps. Cette improductivité peut mobiliser 80 % de nos efforts, si nous n’y prenons pas garde.

– Établir une priorité, c’est faire des choix. Quelles sont les tâches auxquelles vous vous astreignez régulièrement et qui présentent pourtant moins d’importance que l’écriture de votre manuscrit ? Vous savez où couper.

– Laissez tomber tous les manuscrits que vous n’aimez pas vraiment, ceux que vous avez commencés seulement parce que vous pensiez qu’ils étaient commercialisables.

– Résistez à l’appel d’Internet. Les réseaux sociaux sont des chronophages voraces.

Ralentissez et consacrez-vous à ce qui est important pour vous.

 3) Conservez une trace de vos temps d’écriture

Écrivez le nombre d’heures que vous consacrez à chaque partie, chaque jour. Cela va vous donner une idée précise du temps que vous consacrez à votre manuscrit, et les moyens pour en trouver davantage.

4) Ne demandez pas aux autres de vous accorder du temps pour écrire.

Trouvez le temps comme vous le pouvez et prenez-le. L’écriture peut être importante pour vous, mais peu de gens dans votre vie le verront ainsi.

C’est vous qui décidez du temps que vous voulez consacrer à l’écriture. C’est à vous de le prendre.

© Agence Littéraire Laëns 2014