Vaudreuil-Dorion, le 13 janvier 2015 – La maison Félix-Leclerc est fière d’annoncer que Martyne Pigeon sera la première artiste en résidence de création depuis la restauration de la maison. Du 15 février au 15 mars, l’artiste s’imprégnera du lieu pour créer une œuvre poétique.
« Nous sommes impatients de l’accueillir, car ce volet plus créatif où la maison de Félix devient un lieu d’inspiration pour des artistes nous tient très à cœur » confie Lorraine Messer.
Le comité de sélection, constitué de Louis Caron, écrivain, Marie-Belle Ouellet, poète, Sabrina Brochu, représentante du Conseil montérégien de la culture et des communications, et de Lorraine Messer, présidente de la maison Félix-Leclerc, s’est réuni en décembre dernier pour analyser les dossiers reçus. La pertinence du projet de création et l’excellence du dossier présenté ont convaincu les membres du jury que Martyne Pigeon était la candidate recherchée.
Scénariste et auteure, Martyne Pigeon est diplômée au certificat Création littéraire de l’Université Laval. Elle a travaillé en rédaction professionnelle, en journalisme et en cinéma.
Martyne est publiée aux éditions Boomerang, dans la collection « C’est la vie ! » et aux éditions Astéroïde en format numérique. Sa poésie est également diffusée dans la revue de création littéraire Lapsus.
« Durant ce mois, je vais m’imprégner du lieu, de son histoire et de l’énergie qu’il dégage. Quant à ma poésie, elle peut se déployer en vers courts, longs ou en prose. Les meilleures œuvres feront l’objet d’un recueil», explique Martyne Pigeon.
Une rencontre entre l’artiste et le public sera organisée le 14 mars, afin d’échanger sur cette expérience exceptionnelle.
Les médias seront invités à rencontrer l’artiste le lundi 16 février, à 10 h.
Les romans contemporains comportent beaucoup de dialogues (ceux destinés au grand public en contiennent souvent 40 % et plus), qui peuvent poser des difficultés d’écriture. Rédiger un bon dialogue n’est pas simple.
Un dialogue doit-il être le fidèle reflet d’une conversation réelle ?
La plupart des conversations de la vie quotidienne ne présentent en elles-mêmes aucun intérêt dramatique. Elles sont constituées de salutations, de banalités. Elles ont une vertu sociale. Les gens hésitent, se répètent, cherchent leurs mots, font des fautes grammaticales. Ce genre d’échanges n’a aucune raison d’être dans un roman. À part de rares exceptions, transcrire des conversations réelles ne saurait garantir de bons dialogues. Au contraire.
Trois raisons pour inclure un dialogue dans un roman :
1- Le dialogue doit faire avancer l’intrigue.
2- Le dialogue doit révéler le caractère de vos personnages.
3- Le dialogue doit fournir des informations pertinentes. La frontière est mince entre révéler des faits importants et ennuyer le lecteur avec des détails. Ne laissez pas vos personnages «bavarder» dans un dialogue. Lisez le vôtre à haute voix. Votre langue va trébucher sur tous les mots inutiles. Retirez-les. Si nécessaire, ayez recours à un court résumé dans un discours rapporté de manière indirecte.
L’action soutient la parole (et vice versa)
Rappelez-vous que les gens ne font pas qu’user de mots quand ils interagissent. Ils font des choses, se déplacent et utilisent leur langage corporel — intentionnellement ou non. Des amis marchent ou boivent du café pendant qu’ils échangent, un cadre d’entreprise compulse un dossier tout en parlant à sa secrétaire, un patient se frotte les mains lorsqu’il se confie à son psy, une femme va se passer la main dans les cheveux quand elle veut séduire son interlocuteur, etc. Des personnages crédibles ne sont pas que des voix, ils doivent agir pendant qu’ils parlent et peuvent avoir des tics : jouer avec une pièce de monnaie, fumer une cigarette lors d’une conversation stressante…
Si vous faites agir vos personnages pendant un dialogue, évitez d’abuser des participes présents. Ils alourdissent le texte et ralentissent le rythme.
Dire ou ne pas dire, là est la question
Les auteurs devraient ignorer les nombreux billets de blogue, les conseils d’écriture qui suggèrent 50 mots à utiliser au lieu de «dit». « Dit » est parfait. Il montre au lecteur qui parle, et maintient son attention sur le dialogue. Lorsque les personnages marmonnent, ricanent, hésitent, informent, pleurent, ahanent, grognent, pouffent, geignent, halètent, susurrent, murmurent, crient, tout cela sur deux pages de dialogue, c’est non seulement irritant pour le lecteur mais l’auteur paraît ridicule. La ponctuation et les conventions typographiques garantissent un résultat plus efficace.
Et si vos personnages sont facilement identifiables dans le langage qu’ils emploient, leurs gestes, vous n’aurez même plus à préciser qui dit quoi (sauf dans les conversations à trois personnages et plus).
Accents, expressions et dialectes
On doit pouvoir reconnaître un personnage à sa manière de s’exprimer. Utilisez un registre de langue choisi en fonction du personnage qui parle (son origine sociale, son histoire, sa réalité culturelle, ses émotions, etc.). Privilégiez les expressions particulières plutôt que des mots mal orthographiés. Sachez en user avec prudence : si un personnage répète la même expression toutes les trois lignes, il va lasser le lecteur. Pour marquer l’origine étrangère d’un personnage, vous pouvez lui faire employer un ou deux mots étrangers. Mais rien qui nécessite l’utilisation d’un lexique.
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Ces conseils ne sauraient garantir la réussite de vos dialogues. Il faut aussi créer un équilibre avec la narration. Et d’autres facteurs entrent alors en jeu. Ce billet vous offre des lignes directrices générales. À vous de juger et de transposer ce qui convient à ce que vous écrivez.
Félicitations à Martyne Pigeon qui vient d’obtenir la résidence d’écriture de la Maison Félix-Leclerc de Vaudreuil du 15 février au 15 mars 2015 !
Martyne est publiée aux éditions Boomerang, dans la collection « C’est la vie ! » sur le thème de la différence, mais aussi aux éditions Astéroïde en format numérique. Sa poésie est diffusée dans la revue de création littéraire Lapsus ainsi que dans le fanzine culte Horrifique. Martyne Pigeon mène plusieurs projets d’écriture de front, dont un recueil de poèmes, un roman pour jeunes adultes et deux autres romans pour la collection « C’est la vie ! »
La collection : C’est la vie ! est une série de romans illustrés, écrits en gros caractères, pour les lecteurs débutants portant sur des thèmes de la vie quotidienne que vivent les enfants ou un de leurs proches (différences, problèmes de comportement, séparation, famille reconstituée, garde partagée, divorce, école, vie sociale, etc.). Chaque roman est illustré et se termine par un glossaire et des quiz accompagnés d’un solutionnaire. De plus, un jeu complémentaire est offert sur Internet.
Titres disponibles :
La boîte à monstre (Illustrations de Raymond Parent), Boomerang Éditeur, 48 p., ISBN 978-2-89709-017-3, 12.95 $. Dès 7 ans
Il pleut des pachydermes (Illustrations de Raymond Parent), Boomerang Éditeur, 48 p., ISBN 978-2-89709-018-0, 12.95 $. Dès 7 ans
Julie Stanton, finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général 2014 dans la catégorie «Poésie» pour Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux (Éditions Les Heures bleues), est heureuse de vous convier à une rencontre-signature lors du Salon du Livre de Montréal.
Le vendredi 21 novembre de 18h à 20h et le samedi 22 novembre de 14h à 16h
Dans le cadre du Salon du livre de Montréal, Martyne Pigeon vous invite à la rencontrer au kiosque 346. Elle y dédicacera ses deux romans jeunesse, La boîte à monstre et Il pleut des pachydermes.
Quand ? Le samedi 22 novembre de 18h30 à 20h et le dimanche 23 novembre de 9h30 à 11h.
Avec La boîte à monstre, Martyne Pigeon inaugure une nouvelle collection de romans jeunesse chez Boomerang Éditeur sur et pour les enfants différents. Elle y met en scène des personnages jeunes et attachants aux prises avec des troubles comme le syndrome de l’anxiété, le syndrome d’Asperger et bien d’autres. Des histoires pour mieux se comprendre et comprendre les autres.
Résumé du livre : Marie-Lune est une enfant tranquille. Elle parle peu, ne joue pas beaucoup avec les autres enfants à l’école. Elle a souvent peur. Elle s’invente des histoires qui l’empêchent de dormir la nuit. « Est-ce un monstre que j’entends dans le trou du bain ? » Un médecin a dit que Marie-Lune souffre de troubles anxieux, et qu’elle doit être confrontée à ses peurs petit à petit pour pouvoir « sortir de sa coquille ». Bien que sa maman ne se sente pas à l’aise avec la solution du médecin, son papa, lui, l’a pris au mot ! Il a préparé une surprise pour l’anniversaire de Marie-Lune. Mais une surprise qui grogne et qui hurle, ça peut être dangereux… non ?
Martyne Pigeon, La boîte à monstre (Illustrateur : Raymond Parent), Boomerang Éditeur, 48 p., ISBN 978-2-89709-017-3, 12.95 $. Dès 7 ans
Résumé du livre : Marco adore regarder sa mère décorer des gâteaux et jouer avec sa cousine, qui vit juste à côté de chez lui. Ce qu’il aime moins, c’est aller à l’école. Pourtant il a de bonnes notes et son enseignant l’aime beaucoup. Mais Marco ne saisit pas pourquoi les autres enfants rient ou sourient, ni quand un adulte dit « Tu as vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mon garçon ! » ou « Demain est un autre jour. » Marco vit avec le syndrome d’Asperger. Alors quand un matin son papa s’écrie : « Il pleut des cordes ! », Marco ne veut plus sortir de chez lui pour prendre l’autobus. Et sa maman qui insiste pour qu’il aille à l’école ! Marco n’a pas envie de se faire assommer par des cordes de bois !
Martyne Pigeon, Il pleut des pachydermes (Illustrateur : Raymond Parent), Boomerang Éditeur, 48 p., ISBN 978-2-89709-018-0, 12.95 $. Dès 7 ans
Voici un article écrit par Mylène Gilbert-Dumas, que je reproduis ici avec son aimable autorisation, et paru jeudi dernier sur son blogue : Une doyenne, une sorcière et un caniche. Elle y partage son expérience avec la maison d’édition La Courte Échelle.
« Mes aventures avec La courte échelle
Aujourd’hui, je devais vous parler des toilettes publiques à Tokyo (Oui, oui ! J’ai des choses à dire là-dessus pour vrai !). J’ai décidé de reporter ça à la semaine prochaine parce que j’ai lu cet article de La Presse de mercredi sur les déboires financiers de La Courte Échelle pis que j’ai envie de déchirer ma chemise sur mon blogue. Lecteurs, soyez avertis.
Sachez premièrement que je sais de quoi je parle. J’ai publié à La Courte Échelle de 2004 à 2009. Grâce à la confusion qui régnait déjà au sein de cette maison d’édition, la responsable a fini par me proposer, après quelques séances de négociation avec mon agent, une licence de 5 ans pour mon roman Mystique. On en demandait une de dix ans. Allez donc comprendre ! Je ne me suis pas opposée à cette offre, vous l’imaginez, mais je n’aurais jamais imaginé à quel point la vie venait de me faire un cadeau.
Dès le début c’est mal allé. Non seulement on ne m’a jamais demandé mon avis pour la couverture, mais j’ai vu mon roman pour la première fois dans une librairie. Je ne savais même pas quand il sortait ! Je vous laisse imaginer ma surprise quand j’ai lu, à la page 3, la biographie (la mienne !) qu’on avait écrite sans m’en parler.
On ne m’a pas davantage donné la quantité du premier tirage. Et puis un jour, j’ai réalisé que mon roman avait été réimprimé en comparant la couverture de deux exemplaires. J’ai téléphoné au bureau pour me faire répondre qu’on n’avisait jamais les auteurs quand il y avait des réimpressions. On n’avait pas que ça à faire, quand même !
Il m’était donc impossible de savoir combien de livres étaient en circulation. Impossible, aussi, de vérifier même au pif le contenu de mon relevé de droits d’auteur. Ce relevé, d’ailleurs, était tellement illisible que même mon agent, qui a un MBA, n’y comprenait rien. Et quand il a posé des questions concernant certaines colonnes de chiffres qui n’avaient aucune cohérence, la responsable lui a répondu de ne pas tenir compte de ces colonnes. Parfois, la vente d’un exemplaire me rapportait 1, 50 $. Parfois, 0, 25 $. La différence était importante, mais jamais justifiée.
Pas une fois pendant les cinq années que j’ai passées à La Courte Échelle je n’ai été payée à temps. Même que souvent, j’ai dû envoyer des lettres recommandées. Même que j’ai dû demander l’intervention de l’Uneq dont le président à l’époque publiait lui aussi à La Courte Échelle. Étrangement, pendant trois années consécutives, mes redevances s’élevaient au même montant. À la cenne près !
À force de chialer et d’envoyer des lettres, j’ai reçu des chèques postdatés de trois mois pour un montant de 1000 $. Mille dollars ! Même moi, qui travaillais à mon compte comme écrivaine, j’étais capable de faire un chèque de mille piastres sans avoir à le postdater !
Finalement, six mois avant la fin de la licence, j’ai envoyé à La Courte Échelle un avis de non-renouvellement de la licence, et on a mis un terme à notre relation d’affaires.
Je pensais sérieusement que c’était réglé et j’ai pris une entente avec Soulières éditeur. Mais voilà qu’au Salon du livre suivant, La Courte Échelle vendait encore des exemplaires de mon roman… sans me payer la moindre redevance. Il a fallu une mise en demeure pour que la balance des stocks soit pilonnée et que mon roman soit enfin libre de refaire sa vie ailleurs.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que quand mon agent a appris la faillite de La Courte Échelle, son premier commentaire a été: «Wow ! Ça en a pris du temps !»
C’est vrai que La Courte Échelle est la maison d’édition qui a bercé d’histoires et d’images l’enfance de bien des Québécois. Sauf qu’il s’agissait d’une autre Courte Échelle parce que, dans ce temps-là, elle payait son monde.
Toutes mes pensées vont aux auteurs et aux illustrateurs pris dans le litige, ceux qui non seulement ne touchent pas leurs redevances, mais dont les livres sont, en plus, prisonniers de la faillite. Parce que ces auteurs ne possèdent pas les droits de leurs romans. Ces droits appartiendront à l’entreprise qui rachètera La Courte Échelle, avec sa dette.
Je pense tous les jours à vous, chers collègues, et je me dis, bien égoïstement, il est vrai, que je l’ai échappé belle. »
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Si la plupart des maisons d’édition sont dignes de confiance, certaines profitent de l’inexpérience des auteurs. Avant de signer un contrat, il est recommandé de le faire lire par un agent littéraire. Pour soumettre tout problème de contrat, veuillez cliquer ici.
Julie Stanton est finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général 2014 dans la catégorie «Poésie» pour Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux (Éditions Les Heures bleues). À cette occasion, Pierre Duchesneau a fait une entrevue avec elle et en a tiré un portrait de la poète, paru le 31 octobre dans « L’actualité », et qu’il m’a gentiment permis de reproduire ici. Suivent des extraits de Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux lus par Julie Stanton et présentés à l’émission Univers francophone diffusée sur les ondes de CKRL à Québec, et animée par Denys Lelièvre à l’occasion du Printemps des poètes en mars 2014.
Raconte-moi un auteur : Julie Stanton
«Quel est votre rituel d’écriture ? Avec quel auteur prendriez-vous le thé ? Quel est l’ouvrage qui vous a marqué ? L’actualité a demandé aux finalistes des Prix littéraires du Gouverneur général de parler de leur métier… et de ce qui les inspire. Julie Stanton, finaliste dans la catégorie «Poésie», s’est prêtée à l’exercice.
Comment est né le désir d’écrire chez vous ?
Un jour, j’ai entendu le poète Claude Beausoleil dire que le goût d’écrire lui était venu de l’exclusion. Natif du quartier Saint-Henri, à Montréal, il faisait allusion à la différence de classe. Et j’ai alors réalisé que moi aussi, c’est en quelque sorte l’exclusion qui m’a amenée à me retirer en moi-même pour écouter mes voix intérieures et plonger dans les mondes imaginaires.
À la préadolescence, je suis devenue assez boulotte et je n’aimais pas me mêler aux autres, préférant m’isoler des heures entières dans la lecture — particulièrement lors de mes visites chez ma grand-mère, où il y avait une vaste lingerie avec un puits de lumière. J’y passais des heures avec les livres de Berthe Bernage. Déjà, je savais que je voulais écrire. Ma première petite histoire parlait d’une mignonne souris… qui avait osé affronter le monde. Elle a été publiée dans Le Soleil, à l’intérieur du Courrier de l’oncle Nic, tenu par la journaliste Renaude Lapointe (devenue, plus tard, sénatrice). J’avais une dizaine d’années. La route était tracée…
Par la suite, j’ai lu Saint-Exupéry et plusieurs mystiques comme Bernanos, Léon Bloy, Pierre Teilhard de Chardin, Jacques et Raïssa Maritain. Je n’avais pas 15 ans! Je n’y comprenais rien, sinon une sorte d’élévation. Je voulais devenir carmélite… et aussi être mère ! Je me suis mariée. J’ai eu quatre enfants, dont Geneviève, mon aînée. À mon insu, ces lectures ont nourri ma quête de poésie.
Quel est votre rituel d’écriture ?
J’écris la nuit. Couchée autour de 20 h 30, je me lève vers 1 h 30 et j’écris jusqu’à environ 6 h, dans le silence le plus profond. Le jour, je corrige… ou je cherche désespérément un mot ! Que je marche, que je nage ou que je cuisine, je cherche ce mot jusqu’à l’obsession.
J’ai déjà rédigé certains livres sur fond de musique grégorienne. Maintenant, oui, je préfère le silence. Et, lorsque possible, la solitude presque totale. Ainsi, Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux a été écrit à l’Isle-aux-Grues, entre juillet et décembre 2012 ; seule, au milieu du fleuve, mais sachant que les gens de la communauté étaient là si une situation particulière nécessitait de faire appel à leur soutien.
Lorsque l’ordinateur est arrivé dans ma vie, j’ai clamé que jamais, mais jamais je ne créerais sur ce bidule, car écrire de la poésie, pour moi, c’était faire l’archéologie de l’âme. Or, les archéologues ne travaillaient pas avec des bulldozers, mais avec des truelles ; donc, le crayon pour moi. Mais j’ai vite réalisé tout ce que l’ordinateur m’apportait, notamment la possibilité de voir mon texte sur deux pages — ce qui permet une vue d’ensemble du poème, d’en suivre la logique et d’entendre sa musicalité.
Je montre mon texte à mon amoureux, j’en parle ; je lui demande parfois son avis. Et quand nous discutons, peu importe le sujet, je l’arrête parfois de parler pour lui voler des mots qui m’accrochent et qui viendront enrichir ma thématique. À ce jour, je n’ai jamais reçu de mise en demeure pour ce rapt !
Face à la date d’échéance, c’est la terreur des coquilles qui s’installe.
Un ouvrage particulièrement marquant pour vous ?
L’homme rapaillé, de Gaston Miron. Je l’avais déjà lu plus jeune, mais c’est au début de la quarantaine qu’il est venu me chercher. C’est là que mon désir de transcender certaines douleurs par la poésie est né. J’ai alors écrit mon premier livre, Je n’ai plus de cendre dans la bouche, publié en 1980 et réimprimé en 1981. J’avais 42 ans. J’ai changé mon prénom, Ginette, pour celui de Julie. Depuis, j’ai publié une douzaine de titres, dont neuf en poésie.
Qu’est-ce qui vous inspire ?
La révolte et l’indignation, le questionnement du rapport amoureux, la tentation de l’ailleurs et la mort sont les thèmes qui m’habitent je dirais en permanence.
Deux auteurs (québécois et étranger) avec qui vous prendriez le thé ?
Mario Brassard, pour sa façon d’écrire le monde. Pour Le livre clairière et le bouleversant livre jeunesse La saison des pluies où, justement, il aborde la question de la mort avec son touchant personnage.
Si elle vivait encore, Marguerite Duras. Pour son écriture fabuleuse, ses silences et son cri. Pour ses thèmes audacieux, scandaleux. Parce qu’elle a fait à sa tête.
D’après vous, quelle est l’idée la plus fausse qu’on puisse se faire au sujet d’un écrivain ?
Qu’il ne fait rien de significatif dans la vie.
Qu’est-ce que cela vous fait de voir votre travail remarqué par les Prix littéraires du Gouverneur général ?
Compte tenu de mon âge, j’y vois là une certaine reconnaissance de mon travail de création depuis 35 ans. Le fait que ce soit Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux qui soit mis en nomination m’émeut particulièrement…
Un thème à aborder dans une prochaine œuvre ?
Je répondrai en vous donnant le titre de travail du manuscrit en chantier : Le Bonheur cet illusionniste : Fable poétique.
Quel est l’avenir du livre, selon vous ?
Fragile pour le livre papier. Quant à l’avenir du livre numérique, il aurait le vent dans les voiles. Mais je me demande si, à la longue, on ne va pas s’ennuyer du bonheur de tenir un livre entre ses mains, de l’odeur de l’encre, du plaisir sans cesse renouvelé d’enrichir sa bibliothèque de livres témoignant de sa quête de sens.
Votre relation avec vos lecteurs ?
J’aime les rencontrer. Souvent, leurs commentaires me font voir des aspects singuliers de mon livre.
* * *
Les Prix littéraires du Gouverneur général sont administrés et financés par le Conseil des arts du Canada. »
Vous pouvez également consulter l’article de M. Pierre Duchesneau dans L’actualité.
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Voici des extraits de Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux lus par Julie Stanton. Un hommage de la poète à la mémoire de sa fille décédée de la sclérose en plaques, présenté à l’émission Univers francophone diffusée sur les ondes de CKRL, à Québec, et animée par Denys Lelièvre à l’occasion du Printemps des poètes, en mars 2014.
Trame musicale :
1. Mozart – Duo for violin and viola no. 1, KV 423 (2/3)
2. Je respire – Gérard Berliner
3. Soir d’hiver – Monique Leyrac
4. Je ne veux pas te dire adieu – Frida Boccara
5. Si Dieu existe – Claude Dubois
6. Le cœur est un oiseau – Richard Desjardins
7. Aimer c’est plus que vivre – Gérard Berliner
8. Où s’en vont mourir les rêves – Éva
9. Recueillement – Léo Ferré
10. L’oiseau de paradis – Marie-Jo Thério
Pour éviter le syndrome de la page blanche, une seule solution : stimuler sa créativité. Voici une infographie qui rappelle les conditions préalables pour que l’intellect s’ouvre à l’imagination et à la création.
Si certaines « conditions » se répètent, c’est parce qu’elles interviennent à différents stades de l’écriture. D’autres semblent se contredire : « maîtrisez les règles » et « brisez les règles ». Mais il n’en est rien. Il faut maîtriser les règles pour être capable de s’en affranchir. C’est là où le talent rejoint l’expérience.
Et n’oubliez pas : votre créativité s’accomplit uniquement si vous menez votre projet à son terme.
Avec ce titre, Martyne Pigeon inaugure une nouvelle collection de romans jeunesse chez Boomerang Éditeur sur et pour les enfants différents. Elle y met en scène des personnages jeunes et attachants aux prises avec des troubles comme le syndrome de l’anxiété, le syndrome d’Asperger et bien d’autres. Des histoires pour mieux se comprendre et comprendre les autres.
Résumé du livre : Marco adore regarder sa mère décorer des gâteaux et jouer avec sa cousine, qui vit juste à côté de chez lui. Ce qu’il aime moins, c’est aller à l’école. Pourtant il a de bonnes notes et son enseignant l’aime beaucoup. Mais Marco ne saisit pas pourquoi les autres enfants rient ou sourient, ni quand un adulte dit « Tu as vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mon garçon ! » ou « Demain est un autre jour. » Marco vit avec le syndrome d’Asperger. Alors quand un matin son papa s’écrie : « Il pleut des cordes ! », Marco ne veut plus sortir de chez lui pour prendre l’autobus. Et sa maman qui insiste pour qu’il aille à l’école ! Marco n’a pas envie de se faire assommer par des cordes de bois !
Martyne Pigeon, Il pleut des pachydermes (Illustrateur : Raymond Parent), Boomerang Éditeur, 48 p., ISBN 978-2-89709-018-0, 12.95 $. Dès 7 ans
Biographie de Martyne Pigeon :
Dès le primaire, Martyne Pigeon écrit des histoires qu’elle invente pour ses amis et ses proches, quand elle ne lit pas desSan Antonio en cachette en écoutant une cassette huit tracks de Roger Whittaker. À l’adolescence, elle découvre Stephen King, entre autres Peur bleue (L’Année du loup-garou)[1]. Au Cégep, elle s’inscrit en arts et lettres, concentration cinéma et rêve de devenir scénariste et réalisatrice. Elle continue jusqu’à l’Université Concordia où elle suit le programme Film Studies du Mel Hoppenhein School of Cinema.
C’est en 2009 que Martyne redécouvre l’amour de l’écriture romanesque. Elle participe à un atelier dirigé par Isabelle Forest (écriture de son premier roman) et à celui de Michel Pleau (poésie) avec la Fédération québécoise du loisir littéraire. En 2011 elle fonde sa revue de littérature S.F.F.F[2] pour la jeunesse, Souffle d’Éden, à valeurs judéo-chrétiennes. Elle s’inscrit en 2012 à l’Université Laval, au certificat Création littéraire. En 2013, elle obtient son diplôme et poursuit au baccalauréat études littéraires, concentration créations médiatiques.
Martyne est publiée aux éditions Boomerang, dans la collection « C’est la vie ! » sur le thème de la différence[3], mais aussi aux éditions Astéroïde en format numérique[4]. Sa poésie est diffusée dans la revue de création littéraire Lapsus ainsi que dans le fanzine culte Horrifique. Martyne Pigeon mène plusieurs projets d’écriture de front, dont un recueil de poèmes, un roman pour jeunes adultes et deux autres romans pour la collection « C’est la vie ! »
La collection : C’est la vie ! est une série de romans illustrés, écrits en gros caractères, pour les lecteurs débutants portant sur des thèmes de la vie quotidienne que vivent les enfants ou un de leurs proches (différences, problèmes de comportement, séparation, famille reconstituée, garde partagée, divorce, école, vie sociale, etc.). Chaque roman est illustré et se termine par un glossaire et des quiz accompagnés d’un solutionnaire. De plus, un jeu complémentaire est offert sur Internet.
[1] La version de poche incluait le scénario dialogué du téléfilm avec Megan Follows.
Avec ce premier titre, Martyne Pigeon inaugure une nouvelle collection de romans jeunesse chez Boomerang Éditeur sur et pour les enfants différents. Elle y met en scène des personnages jeunes et attachants aux prises avec des troubles comme le syndrome de l’anxiété, le syndrome d’Asperger et bien d’autres. Des histoires pour mieux se comprendre et comprendre les autres.
Résumé du livre : Marie-Lune est une enfant tranquille. Elle parle peu, ne joue pas beaucoup avec les autres enfants à l’école. Elle a souvent peur. Elle s’invente des histoires qui l’empêchent de dormir la nuit. « Est-ce un monstre que j’entends dans le trou du bain ? » Un médecin a dit que Marie-Lune souffre de troubles anxieux, et qu’elle doit être confrontée à ses peurs petit à petit pour pouvoir « sortir de sa coquille ». Bien que sa maman ne se sente pas à l’aise avec la solution du médecin, son papa, lui, l’a pris au mot ! Il a préparé une surprise pour l’anniversaire de Marie-Lune. Mais une surprise qui grogne et qui hurle, ça peut être dangereux… non ?
Martyne Pigeon, La boîte à monstre (Illustrateur : Raymond Parent), Boomerang Éditeur, 48 p., ISBN 978-2-89709-017-3, 12.95 $. Dès 7 ans
Biographie de Martyne Pigeon :
Dès le primaire, Martyne Pigeon écrit des histoires qu’elle invente pour ses amis et ses proches, quand elle ne lit pas desSan Antonio en cachette en écoutant une cassette huit tracks de Roger Whittaker. À l’adolescence, elle découvre Stephen King, entre autres Peur bleue (L’Année du loup-garou)[1]. Au Cégep, elle s’inscrit en arts et lettres, concentration cinéma et rêve de devenir scénariste et réalisatrice. Elle continue jusqu’à l’Université Concordia où elle suit le programme Film Studies du Mel Hoppenhein School of Cinema.
C’est en 2009 que Martyne redécouvre l’amour de l’écriture romanesque. Elle participe à un atelier dirigé par Isabelle Forest (écriture de son premier roman) et à celui de Michel Pleau (poésie) avec la Fédération québécoise du loisir littéraire. En 2011 elle fonde sa revue de littérature S.F.F.F[2] pour la jeunesse, Souffle d’Éden, à valeurs judéo-chrétiennes. Elle s’inscrit en 2012 à l’Université Laval, au certificat Création littéraire. En 2013, elle obtient son diplôme et poursuit au baccalauréat études littéraires, concentration créations médiatiques.
Martyne est publiée aux éditions Boomerang, dans la collection « C’est la vie ! » sur le thème de la différence[3], mais aussi aux éditions Astéroïde en format numérique[4]. Sa poésie est diffusée dans la revue de création littéraire Lapsus ainsi que dans le fanzine culte Horrifique. Martyne Pigeon mène plusieurs projets d’écriture de front, dont un recueil de poèmes, un roman pour jeunes adultes et deux autres romans pour la collection « C’est la vie ! »
La collection : C’est la vie ! est une série de romans illustrés, écrits en gros caractères, pour les lecteurs débutants portant sur des thèmes de la vie quotidienne que vivent les enfants ou un de leurs proches (différences, problèmes de comportement, séparation, famille reconstituée, garde partagée, divorce, école, vie sociale, etc.). Chaque roman est illustré et se termine par un glossaire et des quiz accompagnés d’un solutionnaire. De plus, un jeu complémentaire est offert sur Internet.
[1] La version de poche incluait le scénario dialogué du téléfilm avec Megan Follows.