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Agence Littéraire Laëns

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Agence Littéraire Laëns

Archives d’auteur : Agence Littéraire Laëns

Prenez-vous dans la toile !

22 vendredi Août 2014

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Auteur publié, Deuxième roman

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Mots-clés

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Prenez-vous dans la toile !Tous les grands auteurs possèdent leurs sites officiels. Certains tiennent un blog. Pourquoi est-il essentiel pour un auteur d’avoir un site ou un blog ? Parce que cela augmente votre visibilité. Parce que cela vous permet de développer vos relations avec vos lecteurs. Parce que cela procure un matériel aux recherchistes et journalistes qui vous contacteront. Parce que cela permet à votre futur éditeur de mieux vous connaître. Parce que cela vous permet de présenter vos compétences si vous animez des ateliers d’écriture ou des rencontres en milieu scolaire.

Quelques maisons d’édition se chargent de créer un site pour leurs auteurs, mais on les compte sur les doigts d’une seule main. Voici quelques conseils pour vous permettre de faire un choix éclairé et d’accentuer votre présence sur la toile.

Lancer un blog ou un site Internet ?

Votre page doit être avant tout une vitrine, un endroit où parler de vos projets et exposer votre travail. Deux possibilités : le site Internet et/ou le blog. L’un n’est pas meilleur que l’autre, mais le site et le blog ont des fonctions et des contraintes différentes.

Le site internet est organisé par thèmes et par pages. Il permet d’exposer son travail de manière logique: les livres publiés, votre actualité d’auteur, votre biographie, etc.

Le blog a un aspect beaucoup plus dynamique et vivant car il fonctionne sur la publication d’articles. Mais l’animer devient souvent un casse-tête car il est nécessaire de poster régulièrement de nouveaux articles. Si vous choisissez l’option blog, donnez à connaître votre univers d’auteur en relayant vos lectures, vos coups de cœur artistiques, vos coups de gueule éditoriaux, les projets sur lesquels vous travaillez, etc. N’oubliez pas que ce qui touche derrière une écriture, c’est une personnalité.

Comment créer un blog/site Internet ?

Même si vous n’y connaissez rien en informatique, c’est à votre portée. WordPress permet de combiner le dynamisme du blog et de créer également des pages thématiques. C’est le plus utilisé aujourd’hui.

Vous aurez le choix entre de nombreuses propositions de concept et mise en page, appelés « Thèmes » et vous aurez la possibilité de le personnaliser à l’infini. Il existe également des outils plus simples d’utilisation que wordpress comme wix, mais il est moins souple.

Que doit contenir un site d’écrivain ?

Votre site Internet doit exposer vos principales activités en tant qu’auteur. Les deux principaux types de contenu sur un site d’écrivain sont ses dernières publications et ses apparitions publiques : lancement, conférences, séance de signature, salon du livre, etc. Le site officiel peut aussi proposer d’acheter directement des livres de l’auteur.

Le design du site est aussi très important. En général, l’esthétique doit refléter le genre littéraire de l’écrivain. Si vous écrivez des romans de science-fiction alors le design doit être adapté en conséquence. Si vous écrivez des livres pour enfants, vous devez adapter le design et le concept pour un public jeune.

Si vous proposez d’acheter vos livres via votre site, vous devez intégrer un mode de paiement sécurisé et différents modes de livraison. Les lecteurs ne sont pas les seuls qui sont intéressés par les sites d’écrivain. Certains éditeurs incluront un lien sur leur site vers le vôtre.

Vous ne proposez pas d’acheter vos livres via votre site ? Pourquoi ne pas mettre des liens vers le site de votre éditeur ou/et de votre librairie préférée ?

L’auteur hybride

On en parle de plus en plus. Certains auteurs publiés chez des éditeurs connus et reconnus explorent une nouvelle manière de vendre leurs œuvres. Ils réservent certains titres à un achat direct via leur site. Il s’agit d’une exclusivité.

C’est le cas d’Arlette Cousture : en allant sur son site http://www.arlettecousture.com/, vous cliquez sur l’onglet « 12 nouvelles » et vous avez la possibilité d’acheter 12 nouvelles pour 25.00 $ + taxes.

Quelques exemples de sites

http://alaincliche.weebly.com/ (l’auteur y livre, entre autres, des extraits de ses romans, de leur revue de presse et les musiques évoquées dans ses livres. À noter : le lien pour avoir accès à son blog consacré à la musique et à la littérature)

http://www.jsdesrochers.com/ (classique, efficace, épuré, un modèle du genre avec un bon sens de l’humour : l’auteur modifie ses photos comme pour préserver l’anonymat alors qu’il est connu… et reconnu)

http://www.guillaumemusso.com/ (deux originalités : l’onglet « L’écriture » dans lequel vous pouvez retrouver des questions fréquemment posées à l’auteur et ses réponses, et la possibilité de voir le site en anglais en cliquant sur EN)

http://www.martin-page.fr/ (un design épuré pour un site d’écrivain classique avec un onglet pour accéder à son blog et un onglet « Extras » qui offre de belles surprises)

http://www.cvoyerleger.com/ (un site efficace pour une auteure qui a commencé par le blog. La directrice du R.E.C.F. offre un onglet pour 3 blogues)

Quelques exemples de blogues 

http://mereindigne.com/ (le blog de Mère indigne alias Caroline Allard. C’est drôle, irrévérencieux, dans l’esprit de Mère indigne. Caroline Allard a pris le relais sur la page Facebook Mère indigne)

http://myleneetelisabeth.blogspot.ca/ (un blog tenu par deux auteures : Mylène Gilbert-Dumas et Élisabeth Tremblay. On y retrouve évidemment leurs livres, leurs événements, leurs lectures et sur la page accueil des billets très intéressants et pertinents sur le monde du livre québécois, sur la condition d’auteur… des billets signés par la doyenne.)

http://sophieluce.wordpress.com/ (un blog axé sur la proximité dans lequel Sophie-Luce Morin se dévoile, en plus de présenter ses livres, conférences etc.)

http://blogres.blog.tdg.ch/ (un blog collectif d’auteurs genevois sur la littérature, l’actualité et une tribune d’opinion)

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Alors maintenant, à vos claviers ! Trouvez votre identité. Travaillez sur votre visibilité. Ce n’est pas une option.

©Agence Littéraire Laëns 2014

Rencontre avec Joanna Gruda

28 samedi Juin 2014

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Rencontres d'auteurs

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Mots-clés

agence littéraire, agence littéraire laëns, Anne Hébert, Éditions Boréal, Boris Vian, Dany Laferrière, droits de traduction, Gabriel garcia Marquez, Gabrielle Roy, Joanna Gruda, L'enfant qui savait parler la langue des chiens, Marguerite Duras, premier jet, réécriture, Réjean Ducharme

Joanna Gruda

Crédit photo : Martine Doyon

Paru en février 2013, le premier livre de Joanna Gruda, L’enfant qui savait parler la langue des chiens, connaît un succès international… jusqu’à la Chine, qui vient d’acquérir les droits de traduction. Rencontre avec une primo-romancière à qui tout sourit.
Qu’est-ce qui vous motive à écrire ?

Le plaisir que ça me procure, simplement. Je n’arrive pas à trouver de meilleure réponse. C’est à la fois physique, émotif et intellectuel. Sensuel, même. Le plaisir d’inventer, de jouer avec les mots, les idées, de se prendre pour Dieu, de créer, quoi ! Parfois, forcément, c’est aussi cathartique.

 

L’enfant qui savait parler la langue des chiens s’appuie sur des faits réels, et en particulier sur une période de l’enfance de votre père : comment cela a-t-il influencé votre travail d’écriture ?

 Tout mon projet est parti de l’idée que j’avais une super histoire à raconter et que je voulais m’en servir pour me concocter un exercice d’écriture, une sorte d’atelier entre moi et moi. C’était aussi l’occasion de me lancer dans un projet de plus grande envergure qu’une nouvelle ou un court récit. Le fait d’avoir une histoire qui existait m’a permis de transcender ma peur du roman.

J’ai d’abord enregistré mon père pendant de longues heures. Mais ce n’est que quelques années plus tard que je me suis mise à l’écriture. En fait, je n’ai pu commencer à écrire qu’après avoir décidé de la forme que prendrait la narration. J’ai choisi d’écrire au « je », le narrateur étant mon père, le petit Julek. Ça m’a beaucoup stimulé, cette idée de me mettre dans la peau de mon père.

Ensuite, j’ai travaillé, retravaillé, en essayant de capter l’essence mais en me laissant libre aussi d’ajouter, d’enlever, d’adapter.

 

Si le processus d’écriture nécessite une discipline, quelle est la vôtre ?

Je trouve immensément difficile de m’asseoir pour écrire. Je ne sais pas pourquoi, étant donné le plaisir que je ressens presque toujours ensuite à le faire. Mais chaque fois, je procrastine en accomplissant toutes sortes de tâches que sinon, je remettrais à plus tard. Dans le fond, on pourrait dire que l’écriture me permet de rayer pas mal de choses sur ma todo liste. Je peux même aller jusqu’à classer des factures, ce qui n’est pas peu dire, dans mon cas. Une fois en panne d’idées ou simplement tannée de ramasser/faire du lavage/jeter des papiers, je m’installe et je commence généralement par relire des bouts de ce que j’ai écrit, pour me remettre dedans, pour retrouver l’atmosphère, le style de mon texte. Ensuite, j’ai habituellement du jus pour environ une heure et demie, pas beaucoup plus ; après, si je continue, ça devient lourd, laborieux. Mais ça vaut parfois la peine d’étirer la sauce, parce qu’il peut aussi y avoir des trucs intéressants qui surgissent de l’écriture forcée.

Quelle part avez-vous consacré au premier jet et ensuite au travail de réécriture pour L’enfant qui savait parler la langue des chiens ?

 

Dans mon cas, mon premier jet est souvent maladroit, sur le plan du style. Il y a beaucoup de répétitions, ça ne coule pas. Il me faut donc plusieurs étapes de réécriture. En fait, (…) quand je m’assois pour travailler, je commence toujours par relire des bouts de ce que j’ai écrit. J’en profite alors pour les améliorer, d’une façon légère, je dirais, au feeling, sans faire un travail en profondeur.

Ensuite, quand j’ai une grosse partie d’écrite, je fais une réécriture plus systématique.J’essaie alors de repenser la structure, de voir ce qui est de trop, ce qui est trop long par rapport au récit général. Cette étape peut être assez longue (et jamais tout à fait satisfaisante), car la structure n’est pas mon fort. Puis, je refais une lecture complète. À un moment donné dans tout ça, j’ai besoin d’un œil extérieur pour me ré-enligner ou pour m’aider à mieux comprendre ce qui me dérange sans que je sache mettre le doigt dessus.

 

Pourriez-vous évoquer la « carrière » internationale de ce livre ? De quelle manière cela vous touche ?

Il y a déjà neuf contrats de traduction signés (Pays-Bas, Pologne, Italie, États-Unis, Grande-Bretagne, Brésil, Espagne, Turquie, Chine) et quelques autres possibles. Je suis très touchée à l’idée que mon livre sera lu dans d’autres pays, que mes mots seront transposés dans d’autres langues. Je suis moi-même traductrice et ça me fait drôle de savoir que vont exister des versions de mon livre que je ne pourrai même pas lire. J’ai lu une première mouture de la traduction anglaise et j’ai trouvé que la traductrice avait très bien su capter mon style d’écriture. J’avais même parfois le sentiment que c’était ma langue, mais en mieux.

Comme il s’agit ici de l’enfance de mon père, ça ajoute une autre couche à mon attendrissement : ça me fait tout drôle de penser que des gens dans différents pays vont connaître son histoire.

 

Si vous deviez citer trois auteurs étrangers qui vous ont particulièrement marquée, quels seraient-ils et pourquoi ?

D’abord, trois, c’est difficile. J’en choisis trois qui m’ont touchée de façon différente, mais je me sens coupable envers plein d’autres !

Bon. Commençons par Boris Vian. L’écume des jours a été mon premier coup de foudre littéraire. J’étais adolescente et je lisais beaucoup (beaucoup plus que maintenant en fait). Un jour, sans doute après avoir terminé tous les Agatha Christie de la maison, je ne savais plus quoi lire et je me suis mise à fouiller dans la bibliothèque de ma grande sœur. J’ai pris le livre le plus magané, intriguée par ces paquets de feuilles décollées. Ça m’a flabergastée ! La liberté, l’invention, le côté ludique de l’écriture. Ce n’est pas la question, mais si je devais nommer un livre qui m’a donné le goût d’écrire, ce serait lui.

 

Marguerite Duras. Tout comme Vian, je l’ai découverte à une époque où j’avais beaucoup de temps pour lire. (Ça me manque !) Je me souviens d’être entrée dans son univers, d’avoir coulé dedans, d’en être restée imprégnée des jours entiers. Je me revois assise seule au St-Sulpice, par une journée d’été très chaude, à siroter un verre de vin rouge en m’imaginant dans la moiteur vietnamienne. À me parler dans ma tête avec des phrases qui se voulaient durassiennes.

 

Gabriel Garcia Marquez. Je trouve difficile de parler de Cent ans de solitude sans aller dans les clichés. Ce livre est un voyage, on embarque, on se laisse emporter dans un autre monde, dans un imaginaire coloré, épique, et il est très douloureux d’en voir venir la fin. Mais pour mieux en parler, il faudrait que je le relise. Tiens, c’est une bonne idée, ça.

 

Et du côté des auteurs québécois ?

Réjean Ducharme. Je ne sais pas pourquoi, mais son univers me semble aller de soi, il coule en moi naturellement, touche quelque chose de vrai en moi, de profond. Quand je le lis, je regrette de ne pas savoir écrire comme ça. J’aime la logique particulière de ses personnages enfants ou adolescents.

Dany Laferrière. Que je l’aime! J’adore sa simplicité, sa façon d’écrire avec l’air de ne pas écrire, sans effort (ce qui nécessite assurément le plus grand des efforts). On le suit, tant dans son monde extérieur qu’intérieur. Quand je le lis, c’est comme si c’était lui qui me racontait son histoire, j’entends sa voix, son accent dans ma tête.

 

L’enfant qui savait parler la langue des chiens raconte l’enfance du père de Joanna Gruda, pendant la seconde guerre mondiale entre la Pologne et la France. Julek a changé d’identité plusieurs fois, de pays, de langue. Il a vécu l’Occupation, fait un feu d’artifice avec les fusées allemandes…

 

l'enfant qui savait parler-GFJoanna Gruda, L’enfant qui savait parler la langue des chiens, Boréal, 2013, 9782764622162, 24.95 $

ou en Boréal compact, 9782764623060, 13.95 $l'enfant qui savait parler-poche

En tête-à-tête avec Sophie-Luce Morin, 3ème partie

05 samedi Avr 2014

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Rencontres d'auteurs

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Mots-clés

agence littéraire, Michèle Plomer, SILQ, Sophie-Luce Morin

Crédit photo : Patrick Lemay

Crédit photo : Patrick Lemay


À l’occasion de la sortie de Ma Mercedes contre un tracteur tome 2, le 2 avril dernier, j’ai posé quelques questions à Sophie-Luce Morin sur sa démarche d’auteure. Portrait en 3 questions d’une auteure en lectrice.

 

 

Que lisez-vous ?

S-L M : « En général, du côté de la fiction, je craque pour les auteurs qui sont de véritables jardiniers et qui partagent avec leurs lecteurs cette expérience extraordinaire qu’est celle de cultiver un petit coin de paradis. J’admire ces auteurs qui réussissent ce tour de force, comme Michèle Plomer, notamment avec Le jardin sablier, Didier Decoin, Je vois des jardins partout ou Helen Humphreys pour Le Jardin oublié. Le rapport à la terre est primordial pour moi. C’est ce rapport que je cherche à retrouver dans la vie et à recréer dans une œuvre. »

 

Quels sont les auteurs qui vous inspirent ?

S-L M : « J’aime plusieurs auteurs, mais je n’aime pas toutes leurs œuvres. Je pense à (dans le désordre) Réjean Ducharme (…), Paul Auster, Margaret Atwood, Nancy Houston, Michèle Plomer, Romain Gary, Louis-Philipe Hébert, René Lapierre, Iouri Bouïda, Oswaldo França Junior, Colette…

Cependant, ce ne sont pas les auteurs qui m’inspirent le plus pour créer, mais les musiciens, les humains et plus que tout, la nature. »

 

Quelles sont les qualités que vous recherchez dans un bon roman ?

S-L M : « C’est le rapport aux sens qui (…) me séduit dans une œuvre. Je suis conquise quand je peux voir le bleu de la musique qui joue, que je peux entendre le rose du ciel ou sentir la chaleur de l’orangé qui colore les murs d’une pièce.

Un bon roman me fait vivre des émotions, ébranle mes certitudes. Me fait rire. Je veux entendre la musique quand je l’ouvre. Je veux qu’il m’enseigne quelque chose, un mot, une phrase, une idée. Je veux me dire : Ah mais quel petit génie, celui-là, celle-là ! »

 

Sophie-Luce Morin sera en signature au SILQ au kiosque 152

Vendredi 11 avril : de 15h à 17h      ma-mercedes-tome-2-couv-final-5-2-c12

Samedi 12 avril : de 13h à 14h30

Dimanche 13 avril : de 11h30 à 13h

 

 

En tête-à-tête avec Sophie-Luce Morin, 2ème partie

02 mercredi Avr 2014

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Mots-clés

agence littéraire, Andara, conception de l'écriture, conseils d'écriture, Ma Mercedes contre un tracteur, roman d'apprentissage, Sophie-Luce Morin

Crédit photo : Patrick Lemay

Crédit photo : Patrick Lemay

À l’occasion de la sortie de Ma Mercedes contre un tracteur tome 2, aujourd’hui, j’ai posé quelques questions à Sophie-Luce Morin sur sa routine d’écriture, sa méthode de travail, sa conception de l’écriture. Autant de sujets qui peuvent aider les auteurs en herbe. Voici la seconde partie de l’article, résumé de notre rencontre.

Chaque auteur a sa propre routine d’écriture.  Certains se donnent un nombre d’heures fixe de travail, d’autres, un nombre de mots. Chacun a sa méthode pour se mettre à écrire, qu’il s’agisse de commencer par l’écriture d’une scène centrale, l’établissement de fiches de personnages, etc. « J’essaie d’écrire 1 000 mots par jour ou 5 000 par semaine. (…) Pour écrire sans rencontrer trop d’obstacles qui ralentissent ou coupent l’élan, j’écris au préalable mon synopsis, les scènes clés, les personnages (…), les univers soient bien définis (…). [Quand vient le temps d’écrire un roman], j’écris d’un seul élan, tant et aussi longtemps que je n’ai pas terminé le travail, à tout le moins la première ébauche. Dans ces moments-là, je ne pense quasiment rien qu’à mon histoire, qui m’interpelle (…) nuit et jour. Je ne pourrais pas mener ce train d’enfer sur une longue période. C’est exigeant physiquement et psychologiquement. »

Du synopsis au roman, il y a tout un fossé. Plusieurs méthodes de travail peuvent contribuer à structurer le récit, à en esquisser la trame. En voici une : « Une fois mon synopsis écrit, je le décortique. J’ai mon début, ma fin, et, entre les deux, quelques scènes majeures qui constituent des moments clés du récit. Je déplace régulièrement ces scènes en cours d’écriture. (…) L’écriture est comme un casse-tête : les morceaux sont là (…). Il suffit de les emboîter pour que l’image, qui avait somme toute toujours été là, apparaisse. »

Dans un roman d’apprentissage, tous les personnages sont au service d’un message. S’ils paraissent vrais, alors le lecteur recevra ce message et le fera sien. Plusieurs étapes de l’écriture fondent la crédibilité des personnages. « Mes histoires partent habituellement d’un personnage qui s’impose à moi. Je le vois, je l’entends (…) me raconter ces choses qu’il aimerait que je couche sur papier. Une fois que je me suis appropriée le personnage et son histoire, j’élabore ceux qui vont l’accompagner dans sa quête, de même que leur univers. Je leur invente un passé, un présent et un futur. (…) Je n’invente pas grand-chose, en fait : je m’inspire des gens qui m’entourent (…) et je remanie [leurs traits de caractère de telle manière] qu’il est difficile, voire impossible, qu’ils s’y reconnaissent. Il y a évidemment une part de moi dans chaque personnage, même les méchants ! »

Ces personnages, mosaïques de différentes inspirations, doivent trouver chacun une voix. Beaucoup d’auteurs débutants font l’erreur de trop en dire, ou plutôt de trop en faire dire dans les dialogues. Pour qu’une histoire demeure crédible, il faut que les dialogues le soient aussi. Éliminer le superflu, accorder des expressions particulières à chacun, écouter les personnages sont autant de techniques à exploiter. « Chaque dialogue a sa raison d’être (…). [Il est écrit] comme le serait un dialogue de cinéma ou de téléroman. Reproduire ce que des gens se diraient dans la vie courante, dans de telles circonstances, n’est pas si aisé. Je sais qu’une phrase est « parfaite » quand j’entends la musique derrière. Et je vais la chercher tant que je ne l’ai pas trouvée. »

Les différentes conceptions de l’écriture des auteurs révèlent leur rapport à ce métier, et offrent quelques pistes de réflexion. Faut-il écrire en vue de quelque chose de précis ? D’un succès éventuel ? Ou bien vaut-il mieux s’en tenir à sa propre conception ? « Ce qui compte, quand on écrit, c’est le geste d’écrire, c’est le plaisir qu’on y puise à confronter la page blanche, à chercher le bon mot, à récrire jusqu’à ce que la musique commence à se faire entendre. (…) Pour garder le plaisir d’écrire intact, il est préférable de cesser de croire qu’on est auteur seulement quand on est publié : on est un auteur quand on écrit, de la même manière qu’on est un jardinier quand on jardine. Écrire, c’est une manière de regarder le monde (…) que l’on transpose sur papier.»
Quand on considère l’art d’écrire, on pense nécessairement à l’inspiration. Mythe que Sophie-Luce Morin temporise : « Même si l’intuition ouvre la voie à la création, c’est avec logique que l’auteur en élève la structure. » Ainsi détrônée, l’inspiration ne semble plus aussi intimidante. Tout comme la peur de la page blanche. Et si un jour, la source venait à se tarir ? « À l’encontre de bien des auteurs, je suis d’avis que si vous croyez ne pas pouvoir faire autre chose qu’écrire dans la vie, c’est que votre rapport à l’écriture n’est peut-être pas le meilleur ou le plus porteur : les rapports de dépendance, en écriture comme en amour, sont en général destructeurs. »

(À suivre)

 

En tête-à-tête avec Sophie-Luce Morin, 1ère partie

31 lundi Mar 2014

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Rencontres d'auteurs

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Mots-clés

agence littéraire, Andara, approche émotivo-rationnelle, conception de l'écriture, Ma Mercedes contre un tracteur, Marguerite Duras, Paul Celan, procédé d'écriture, Romain Gary, roman d'apprentissage, Sophie-Luce Morin, Sylvia Plath, Virginia Woolf

Sophie-Luce 3crédit Patrick Lemay, photographeSophie-Luce Morin se distingue notamment par la pluralité de ses écrits. Récipiendaire du prix de la meilleure nouvelle XYZ en 2000 avec La scatola nera, remarquée pour Écris-moi en bleu, elle s’est tournée ensuite vers les scénarios pour revenir au roman avec la série des aventures de Petaluda Papillon (sur une invitation de l’éditeur Michel Brûlé), puis dans une série pour adultes, Ma Mercedes contre un tracteur. De quoi parle ce nouveau tome de la trilogie ?

Plus déterminée que jamais à trouver le bonheur, Romane Castel nous fait vivre une série de rebondissements. Au volant d’une Mercedes volée, elle s’enfuit vers le village de son enfance. Son objectif : retrouver son père, dont elle n’a plus de nouvelles depuis plusieurs années. À mesure qu’elle recueille les confidences et tente de dénouer les fils enchevêtrés de son passé, les intrigues familiales se multiplient. Qui ment ? Qui dit vrai ? Une chose semble certaine : la vie de notre héroïne est loin d’être un long fleuve tranquille !

L’auteure trace dans un triangle amour-amitié-travail le portrait d’une femme passionnée, qui cherche sa voie. On rit, on s’émeut et on réfléchit. L’auteure ébranle les certitudes et les croyances — la pensée magique, les mythologies romantiques, etc. — qui représentent autant de freins à la construction du bonheur véritable. La trilogie Ma Mercedes contre un tracteur prouve que les romans d’apprentissage peuvent aborder avec le sourire des questions fondamentales.

ma-mercedes-tome-2-couv-final-5-2-c12À l’occasion de la sortie de Ma Mercedes contre un tracteur tome 2, le 2 avril prochain, j’ai posé quelques questions à Sophie-Luce Morin sur sa démarche d’auteure.

La trilogie Ma Mercedes contre un tracteur aborde avec humour et tendresse des thématiques qui jalonnent le cours de notre existence : amitié, relations de couple, idéaux professionnels, vie familiale ou amour filial. Si l’humour est souvent présent, cette trilogie « s’inscrit dans le genre littéraire romanesque de formation ou d’apprentissage ».

Sophie-Luce Morin explique : « Bien sûr, mon intention est avant tout de divertir le lecteur, de raconter une histoire. Mais je me suis aussi lancé ce défi de partager quelques préceptes de l’approche psychologique émotivo-rationnelle à travers la fiction, et ce, sans passer par le cabinet du psy, déjà trop exploité. C’est Hope Barclay, la meilleure amie de mon héroïne, qui me sert de messagère. »

Quand on lit Ma Mercedes contre un tracteur, on se rend vite compte que, malgré leur amitié de longue date, Hope et Romy ont évolué différemment. Hope est libre, tandis que Romy est enfermée dans des croyances qui lui compliquent l’existence; et bien qu’elle ne cède pas à l’apitoiement et au désespoir, elle les frôle de près. Autre différence remarquable : Hope trouve en elle la source de son bonheur, alors que Romy cherche celui-ci dans quelque chose d’extérieur à elle.
« Pour plusieurs, le spleen, la « saudade », les sentiments dépressifs sont une preuve que l’on est près de ses émotions, que l’on est une personne de cœur. (…) c’est faux. On est peut-être encore plus près de ses émotions quand on sait les nommer ; ce qui nous permet d’identifier les idées qui se cachent derrière elles et qui les causent. Parce que les émotions (…) ne sont pas liées à un événement en particulier, mais à l’idée que l’on s’en fait, au regard que l’on porte sur ce qui arrive dans notre vie. Par exemple, si je crois qu’une « vraie » amie, ça n’a pas le droit de (me) mentir, je vais nécessairement être en colère si elle agit de la sorte. Alors que si j’entretiens cette idée que les humains peuvent mentir, ça ne me fera ni chaud ni froid si mon amie le fait. Bien sûr, on n’arrive pas à changer ses idées du jour au lendemain. Mais en y mettant quelques heures de travail et beaucoup de pratique au quotidien, on y arrive. »

 

C’est donc à un véritable apprentissage que Sophie-Luce Morin convie le lecteur. Un divertissement qui permet d’aller plus loin, somme toute. Mais il ne faut pas s’y tromper, si la trilogie Ma Mercedes contre un tracteur relève du roman d’apprentissage, elle s’inscrit derechef dans une démarche d’écriture propre à son auteure et qui révèle son évolution par rapport à l’écriture en général.

 

De la maîtrise en création littéraire à Ma Mercedes contre un tracteur en passant par Écris-moi en bleu, il est manifeste que Sophie-Luce Morin a fait évoluer son rapport à l’écriture d’une manière toute personnelle. « Dans ces programmes universitaires, j’ai gratté des bobos, j’ai ébranlé mes certitudes avec des questionnements existentiels à n’en plus finir. Cependant, je n’ai pas été en mesure de prendre la distance nécessaire face à l’écriture, la distance qui m’aurait permis de ne pas m’abîmer. On parlait de la Shoah, de l’indicible. Et moi, je me sentais pareil à ces écorchés de la guerre. J’admirais Paul Celan, Virginia Woolf, Sylvia Plath, Romain Gary, Marguerite Duras : tous ces auteurs me confirmaient que les événements malheureux de l’existence nous mènent là, vers l’Écriture. Il m’est apparu que l’Écriture, la vraie, ce n’est pas celle qui délivre, qui conduit à l’espoir, à la résurrection, au salut, mais à la Mort.
J’ai écrit Écris-moi en bleu. J’ai même écrit la suite. Puis un long-métrage. Plus j’écrivais, plus j’étais mal dans ma peau, névrosée. Un jour, j’en ai eu assez.
Quand j’ai réalisé que je pouvais (…) vivre un plus grand bonheur en changeant mon regard sur les événements qui survenaient, ma vie a radicalement changé. Mon écriture aussi. Pour penser différemment, j’ai rayé le plus possible certains mots de mon vocabulaire : tout, rien, jamais, tout le temps, nul, toujours, constamment, catastrophe. C’est ahurissant le nombre de phrases « clichés » qu’on prononce sans réaliser qu’elles nous empoisonnent l’existence à petit feu.
Toutes ces niaiseries qu’on nous répète et qu’on répète à notre tour à nos enfants, ça ne fait pas de sens. Je souhaite pouvoir contribuer, à ma manière, à changer un peu les choses. J’ai plusieurs autres projets de ce côté. »
Dans ce tome 2 de Ma Mercedes contre un tracteur, Romy se trouve face à elle-même. Pourtant, elle ne part pas dans des monologues sans fin. Sophie-Luce Morin a choisi un procédé d’écriture qui lui permet à la fois de faire ressentir la solitude intérieure de ce personnage, tout en faisant vivre son héroïne au sein d’une communauté et de personnages hauts en couleur.

« [Dans ce deuxième opus,] Romy fait le choix de ne plus se recroqueviller sur elle-même. Les scènes de solitude du premier tome ont été particulièrement difficiles à écrire. C’est d’ailleurs une règle dans l’écriture romanesque que (…) de ne pas laisser les personnages seuls trop longtemps, car c’est dans l’action que le roman est censé évoluer. Je l’ai transgressée pour faire ressentir au lecteur la solitude de Romy. Cette solitude que tant de gens vivent. Quand tu rentres le soir et que c’est le vide qui t’ouvre grand les bras, ça peut devenir lourd. Même si la véritable solitude de Romy est intérieure, je trouvais plus efficace de la mettre dans cette position d’orpheline. »

Vous découvrirez demain la suite de cet article. Sophie-Luce Morin vous fera partager ses considérations sur l’écriture, sa routine de travail, quelle place elle accorde à la réécriture etc.

Les fameuses lettres de refus

03 lundi Mar 2014

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Auteur publié, Conseils, Deuxième roman, Devenir écrivain

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Être écrivain, ce n’est pas seulement écrire. C’est aussi une attitude : patience, persévérance, ténacité, remise en question, assiduité. Autant de qualités qui sont mises à rude épreuve notamment quand arrivent les premières lettres de refus. Voici un article, à la fois savoureux et drôle, écrit par Mylène Gilbert-Dumas et paru le 24 février dernier sur son blogue : Une doyenne, une sorcière et un caniche. Mme Gilbert-Dumas m’a donné son autorisation pour le reproduire.

mylène-détoursMylène Gilbert-Dumas est une romancière québécoise que vous connaissez sûrement par la trilogie Les dames de Beauchêne, celle de Lili Klondike ou encore L’escapade sans retour de Sophie Parent et Yukonnaise. Son prochain livre, Détours sur la route de Compostelle, sera disponible en librairie le 2 avril prochain. Reconnue, entre autres, pour la grande qualité de ses romans historiques, Mylène Gilbert-Dumas nous fait part de son expérience des lettres de refus et donne des conseils éclairés aux nouveaux auteurs. Voici l’article dans son intégralité.

«Cette semaine, pour vous faire rigoler, j’ai décidé de vous raconter comment j’ai vécu à la période des lettres de refus. Parce que je ne vous mentirai pas, tous les écrivains en reçoivent, à un moment ou à un autre.

Pour commencer, voici un petit résumé de «Comment je suis devenue écrivaine». (Pour les contorsions d’ordre financières, consulter le billet où je parle d’argent.) Aussi, je vous ai déjà parlé de la chance dans la carrière d’un écrivain. Je pense que j’en ai eu beaucoup. Mais comme le dit l’adage populaire: Aide-toi  et le ciel t’aidera. La détermination est selon moi la qualité primordiale d’un écrivain.

À la fin des années 1990, dans le cadre des Journées de la culture, j’ai assisté à un atelier baptisé Du manuscrit à l’édition. Trois éditeurs y décrivaient les rouages du milieu du livre. Parmi eux, Jean Pettigrew, des éditions Alire.
Ce que j’ai retenu des propos de M. Pettigrew?
1. Pour que notre manuscrit soit lu, il faut être chanceux, tomber le bon jour dans la bonne pile. Il faut aussi que le lecteur soit de bonne humeur, qu’il n’ait pas de problème de digestion, mettons. (Là-dessus, on n’a aucun contrôle. Je suggère d’allumer des lampions.)
2. Pour savoir jusqu’où s’est rendu le lecteur de la maison d’édition, on n’a qu’à retourner (inverser le haut et le bas) une page toutes les dix pages. Ainsi, quand le lecteur de la maison d’édition arrive à la page 10, mettons, il la met à l’endroit et poursuit sa lecture. Même chose quand il arrive à la page 20, 30, 40, etc. Si le manuscrit est refusé, l’auteur peut demander de ravoir le document. Il peut alors vérifier l’état des pages retournées.
Il s’agit d’un des meilleurs conseils que j’ai reçu dans ma carrière. Et je l’ai mis en application dès que j’ai envoyé Les dames de Beauchêne à une dizaine de maisons d’édition. C’était en 2000. J’envisageais déjà d’écrire une trilogie qui s’appellerait Tourments d’Amérique. (Vous voyez que j’avais déjà beaucoup d’ambition.)
Six mois plus tard, la première lettre de refus est arrivée par courriel.
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 Je l’ai imprimée et je l’ai rangée. Je n’étais pas découragée. Après tout, il s’agissait d’un seul refus.

La seconde est arrivée par la poste.
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Tout n’était pas sombre, dans cette lettre, alors je gardais encore espoir.

Puis il y a eu les autres. Elles avaient l’air de ça:

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et de ça:
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Ok. Je commençais à souffrir, je l’avoue. Même que j’ai commencé à avoir peur quand je me rendais à la boîte aux lettres.

Dans le lot, il y en a eu une fort polie:

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Les Français non plus n’en voulaient pas:

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Heureusement pour moi, j’avais suivi le conseil de M. Pettigrew et j’avais retourné une page toutes les dix pages. Quand mes manuscrits sont revenus, j’ai tout de suite vérifié jusqu’où s’était rendu le lecteur.

Réponse: Aucun n’avait passé la page 20.

J’aurais pu laisser tomber. Je suis aujourd’hui convaincue que les artistes qui réussissent se doivent d’avoir la foi. La foi en leur talent et en leur possibilité. Une foi inébranlable, cela va sans dire.

Au lieu de chercher d’autres éditeurs, je me suis remise à l’ouvrage. J’ai posé mon manuscrit sur mon pupitre, j’ai ouvert un document Word vierge et j’ai complètement réécrit mon roman. Ma conclusion était simple:
J’avais travaillé cinq ans sur ce roman. J’étais nécessairement meilleure à la fin qu’au début.Il fallait donc réécrire, c’est-à-dire composer de nouveau chaque phrase, chaque paragraphe, chaque chapitre. Et c’est ce que j’ai fait.

Une fois que j’ai eu fini de tout réécrire, j’ai envoyé cette nouvelle version de mon roman à dix autres éditeurs en utilisant le même procédé que précédemment. À la librairie de mon village, j’avais ramassé le coupon d’inscription au prix Robert-Cliche. Tant qu’à avoir un roman tout prêt, je l’ai soumis là aussi.

Quelques mois plus tard, cette lettre-ci est arrivée:

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C’était un refus, mais j’en ai pleuré de joie. L’éditeur avait eu la gentillesse d’inclure le rapport. Je l’ai dévoré.

J’étais tellement encouragée que j’ai sorti une autre histoire de mes cartons. Il s’agissait d’un roman fantastique pour adolescents sur lequel je travaillais depuis l’université. Je l’ai réécrit en tenant compte des commentaires du rapport et je l’ai envoyé à des éditeurs en utilisant encore une fois le truc de M. Pettigrew.

Les premières lettres ressemblaient à celle-ci:

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Une chance, je commençais à m’endurcir.

Puis cette lettre est arrivée:

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«Malgré ses qualités certaines.» Vous dire combien ces mots mettaient du baume sur mon coeur d’écrivaine en devenir!

C’est à peu près à ce moment-là que j’ai reçu un coup de fil de Jean-Yves Soucy, de chez VLB éditeur. Il voulait savoir si j’avais signé un contrat pour Les dames de Beauchêne parce que mon roman était finaliste au prix Robert-Cliche et que, pour gagner, il ne devait pas avoir été édité ailleurs.

Ce soir-là, j’ai ouvert une bouteille de bulles. La première (mais pas la dernière, vous vous en doutez).

De mai à septembre, j’ai travaillé sur mon roman pour le préparer à l’édition.

Et le 4 novembre 2002, on me remettait le prix Robert-Cliche à la Bibliothèque nationale.

Le 5 novembre, en revenant chez moi, j’ai trouvé cette lettre de refus dans la boîte aux lettres.

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En d’autres circonstances, ça aurait été mon coup de grâce. Croyez-moi quand je vous dis que, malgré mon prix Cliche, j’ai sacré pendant deux jours en me répétant que celui qui m’avait écrit cette lettre n’avait pas lu mon roman. J’y faisais explicitement référence à Highlander! Mes personnes allaient même au cinéma voir le film. J’avais établi plein de correspondances. EXPRÈS!!!!!

Écriture approximative. Vocabulaire pris en défaut. Avouez que ça fesse. (Le plus drôle, c’est que dans presque tous les témoignages que j’ai reçus en onze ans de carrière, mes lectrices et mes lecteurs m’ont toujours parlé de mon écriture. Toujours pour me dire combien ils en appréciaient la simplicité, combien ils étaient touchés par ma façon de raconter, de décrire, de faire vivre les événements. Mais à l’époque de la lettre de refus, je l’avoue, j’ai fortement douté de mon talent. Je vous avouerai aussi que j’écris quand même mieux aujourd’hui qu’à l’époque.)

À ma grande surprise, quelques jours après la plus horrible lettre qu’on m’ait envoyée de ma vie, une autre lettre arrivait, datée du 4 novembre, celle-là, donc écrite juste avant que je reçoive mon prix.

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On parle du moment roman ici. De la même version du même manuscrit. Deux éditeurs, deux opinions du même texte. Vous dire combien j’étais confuse!!!

La courte échelle s’était aussi montrée intéressée par mon roman, et c’est avec elle que j’ai signé un contrat. L’année suivante, ce roman, rebaptisé Mystique, gagnait un sceau d’argent M. Christie. Il a depuis été réédité chez Soulières éditeur sous son titre original Sur les traces du mystique.

Et Les dames de Beauchêne dans tout ça? Ben, après avoir mérité le prix Robert-Cliche, le roman a été finaliste au Prix de la relève Archambeault.

Quelles conclusions peut-on tirer de mes débuts littéraires? Premièrement, on peut dire que la littérature possède un caractère fortement subjectif. Deuxièmement, on peut être convaincu que pour être écrivain, il faut être tenace. Il faut avoir une détermination à toute épreuve. Il faut être travaillant, ne pas être pressé. Et il faut avoir la foi.

Dans son livre Écriture, mémoire d’un métier, Stephen King décrit comment, lorsqu’arrivaient les lettres de manuscrits refusés, il les empalait sur un clou fiché dans un mur. J’ai préféré les glisser dans un dossier. C’est comme ça que j’ai pu mettre la main dessus pour vous montrer à quel point le chemin vers le succès est semé d’embûches.»

Savoir choisir son temps

24 lundi Fév 2014

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temps des verbesBeaucoup d’écrivains utilisent le passé simple. Ils l’adorent, le saupoudrent généreusement sur leur manuscrit et ils en mettent partout. Savoir écrire ne veut pas dire écrire au passé simple. Il faut savoir quand utiliser les différents temps. Voici les différents usages du passé simple, de l’imparfait, du présent et du passé composé. Quand on les maîtrise, on peut alors ajouter quelques nuances avec les autres temps.

1)    Le passé simple.

On l’a tous appris à l’école, le passé simple est le temps du passé qui convient aux événements ou actions passées et brèves. « Il fit irruption dans la pièce ». Mais ce n’est pas tout. Depuis Benveniste[1], on admet que le passé simple correspond au temps de l’exposition désincarnée d’un événement. Cela signifie qu’on emploie le passé simple pour énoncer un événement, et cet énoncé est désincarné, comme si l’événement décrit se racontait lui-même et non par l’intermédiaire d’un locuteur. Dans l’exemple précédent « Il fit irruption dans la pièce », il n’y a aucune intervention d’un quelconque locuteur ou narrateur. Il s’agit d’une exposition d’un fait passé et bref. En ce sens, le passé simple introduit un discours désincarné.

Plus encore, si on écrit : « Priscilla sortit après souper. Le vent froid lui cingla le visage », on se représente très bien la scène, objectivement. Mais ressent-on ce que cela décrit ? On ne peut assister à et ressentir. La mise à distance introduite par le passé simple ne permet pas au lecteur de ressentir. Cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas l’employer, cela veut dire qu’on doit le faire en toute connaissance de cause.

Avec tout choix de temps, on doit tenir compte de la concordance des temps. L’emploi du passé simple dans une subordonnée exprime une action passée brève : « Je me reposais quand l’orage éclata. » Mais lorsqu’on emploie le passé simple dans la proposition principale, on peut être amené à utiliser l’imparfait du subjonctif dans la subordonnée pour marquer la simultanéité ou la postérité ou le plus-que-parfait du subjonctif pour marquer l’antériorité. Non seulement, cela peut être lourd, mais ces temps ne sont employés qu’en français littéraire. On peut donc les utiliser, mais uniquement si le registre s’y prête.

Enfin, trop de passé simple enlève du relief au texte.

2)    L’imparfait

L’imparfait évoque un passé que l’on voit en cours d’accomplissement. En cela, l’imparfait évoque un événement dans sa durée.

En littérature, on distingue trois emplois de l’imparfait :

–         l’imparfait comme temps de la description : « Sa peau flasque dissimulait sous ses replis une grande colère. Seul son regard trahissait son sentiment. »

–         l’imparfait comme temps de l’habitude : « Elle se levait le matin à 7h pour se rendre à son bureau. »

–         l’imparfait d’action secondaire : dans ce cas, il exprime une action qui se déroule à l’arrière-plan par apport à une action de premier plan, qui elle se décline au passé simple. « Il regardait la télévision quand la porte s’ouvrit derrière lui. »

Un dernier mot au sujet de l’imparfait comme temps de description. Plus on l’emploie et plus le narrateur reste seul. Avec lui, vient le danger d’un monologue perpétuel. Il faut donc rester vigilant et rompre à l’occasion le ronron de l’imparfait, afin d’insérer de la vie, des dialogues, de l’action.

3)    Le présent

Beaucoup de littérateurs se plaignent que les nouveaux auteurs ne savent écrire qu’au présent. Ce n’est pas vrai. Chaque époque marque sa littérature (et vice-versa). On n’écrit pas au XXIème siècle comme au XIXème. Cela dit, le présent ne peut s’employer à tout va. Sinon, il lisse et écrase le texte.

– Le présent exprime un événement qui se déroule au moment où l’on parle. C’est le présent utilisé notamment dans les reportages. « La route est encombrée en raison de travaux sur le pont. »

– On peut aussi utiliser le présent pour énoncer une vérité générale, qui a valeur de principe : « Les vampires mordent leurs victimes pour s’en nourrir. »

– On emploie également le présent parmi des temps du passé pour donner l’impression que l’histoire se déroule devant nos yeux. Par exemple, dans Le loup et l’agneau de La Fontaine :

« Un agneau se désaltérait

Dans le courant d’une onde pure.

Un loup survient à jeun qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait. »

– Le présent a également une valeur d’habitude et pour cela s’adjoint un complément de circonstance : « Tous les jours, je me lève de bonne heure. »

4)    Le passé composé

Le passé composé est un temps particulièrement riche, doté d’un auxiliaire conjugué au présent et d’un participe passé. Il flirte avec le présent et le passé, mais pas seulement. En voici 6 emplois possibles :

– Le passé composé exprime une action accomplie dans le passé dont les conséquences sont liées au présent de parole : « J’ai apporté ton manteau pour ta sortie de ce soir. »

– Tout comme le présent, le passé composé peut énoncer une vérité générale, mais cette fois pour évoquer un événement qui s’est produit dans le passé et qui est susceptible de toujours se produire. On l’accompagne souvent d’un adverbe de temps comme toujours, souvent, jamais : « Tu as toujours agi ainsi avec les filles. »

– Le passé composé peut, notamment dans les dialogues, exprimer un futur antérieur : « Tu t’y mets dès maintenant et t’as fini dans 15 minutes. »

– Évidemment, le passé composé peut être employé pour exprimer une antériorité par rapport au présent : « Depuis que le jardin a refleuri, toute la famille semble plus heureuse. »

– On peut également utiliser le passé composé dans une phrase exprimant une hypothèse. Il exprime alors un futur antérieur. Dans ce cas, et ce cas seulement, on emploie le passé composé après la conjonction si. « Si tu as fini tes devoirs avant midi, tu pourras aller au centre commercial. »

– Le passé composé peut bien sûr exprimer un passé : un événement passé qui s’est déroulé une seule fois (et dans ce cas, il remplace le passé simple) « Ian est sorti avec Isabelle samedi dernier », mais également un événement passé qui s’est déroulé plusieurs fois. Dans ce dernier cas, on ajoutera un adverbe afin de marquer la fréquence. « Elle a souvent organisé des mariages dans cette salle. »

Il importe d’utiliser ces temps avec discernement. Pour savoir si vos textes exploitent correctement les temps employés, lisez-les à haute voix. Utiliser différents temps permet de mettre du rythme et du relief dans votre récit. Mais changer de temps rien que pour changer crée une sorte de cacophonie. Prenez le temps d’écouter et d’ajuster afin de trouver votre propre rythme.

©Agence Littéraire Laëns 2014


[1] Émile Benveniste est un linguiste français célèbre, né en 1902 et mort en 1976.

 

Mylène Gilbert-Dumas fait le point sur le roman historique québécois

10 lundi Fév 2014

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myleneVoici un article écrit par Mylène Gilbert-Dumas et paru aujourd’hui sur son blogue : Une doyenne, une sorcière et un caniche. Mme Gilbert-Dumas m’a donné son autorisation pour le reproduire.

Mylène Gilbert-Dumas est une romancière québécoise que vous connaissez sûrement par la trilogie Les dames de Beauchêne, celle de Lili Klondike ou encore L’escapade sans retour de Sophie Parent et Yukonnaise. Reconnue, entre autres, pour la grande qualité de ses romans historiques, Mylène Gilbert-Dumas fait ici le point sur la situation du roman historique au Québec et donne des conseils éclairés aux nouveaux auteurs. Voici l’article dans son intégralité.

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Le roman historique au Québec

Même s’il y a quelques hommes dans le lot, la très grande majorité des auteurs et des lecteurs de romans historiques sont des femmes. Afin d’alléger le texte, j’utiliserai ici le féminin. Sentez-vous quand même inclus, messieurs.
Avertissement : Selon la sorcière, quand la diplomatie est passée, je n’étais pas née. Sans doute. Il me semble quand même qu’on se doit de jeter un regard lucide sur notre monde de temps en temps. Sachez donc à l’avance que, dans le texte qui suit, je dis les choses crûment.
La semaine dernière, je vous parlais d’un article dans La Presse qui dressait le portrait du roman historique au Québec. J’ai trouvé cette lecture rigolote parce que la journaliste découvrait tout juste un phénomène qui dure depuis vingt ans et qui, contrairement à ce qu’elle croit, n’en est pas du tout à son apogée.
Cette semaine, je vous explique pourquoi je pense que, si la tendance se maintient, le roman historique s’en ira sur son déclin. Et je trouve ça plate en titi.
Tout d’abord, rendez-vous dans n’importe quelle librairie et vous constaterez qu’il pleut des romans historiques au Québec. Ça dure depuis cinq ans. Depuis, en fait, que de nouvelles maisons d’édition se sont mises à publier des textes sans direction littéraire. Vous envoyez votre roman, on trouve qu’il a de l’allure, on le fait corriger et on l’imprime. Pas de réécriture, pas de remaniement du récit, pas de vérifications historiques. Qu’est-ce que ça donne ? De la littérature destinée au pilon souvent moins d’un an après l’impression.
Il s’agit d’une attitude purement commerciale qui consiste à publier beaucoup et à coût dérisoire des manuscrits d’auteures peu ou pas expérimentées. On se fiche des conséquences puisqu’on en vendra juste assez pour couvrir nos frais. Mais ces conséquences, si elles ne dérangent pas l’éditeur, ont pourtant plusieurs effets néfastes sur le monde du livre.
Premièrement, ça produit des romans décevants. Les lectrices qui s’aperçoivent que le roman qu’elles lisent contient plusieurs erreurs historiques (internet leur fournira toute l’info nécessaire pour vérifier les détails) hésiteront ensuite à acheter un autre roman de cette auteure. L’effet est plus sournois encore chez celles qui ne s’en rendront pas compte parce que le roman véhicule ainsi de fausses informations historiques que les lectrices vont croire vraies.
Deuxièmement, l’auteure n’apprend pas. Ni à mieux écrire, ni à mieux raconter. Son deuxième roman contiendra les mêmes faiblesses que le premier. Idem pour les suivants. Pire, elle sera persuadée qu’elle est une bonne écrivaine parce qu’on la publie, alors qu’elle n’est qu’une machine à produire des textes qu’on va mettre à la poubelle au bout d’un an. Deux ans, si elle est chanceuse.
Si on m’avait dit que je travaillerais autant sur un roman qu’on pilonnerait au bout d’un an, je vous jure que je serais restée dans l’enseignement. Aucun écrivain ne souhaite produire une œuvre aussi éphémère. Je ne vous dis pas qu’on sera tous immortels, mais on espère au moins être lus et disponibles pendant quatre ou cinq ans. Plus, même, si l’œuvre continue d’intéresser les gens. Parce que dans ce cas, le livre est souvent réédité en format poche.
Ce n’est pas que ces auteures de livres jetables ne font pas de recherche (quoique ça arrive). Ce n’est pas non plus que leur récit soit invraisemblable (quoique ça arrive aussi). C’est juste que c’est mal écrit, mal raconté, mal édité finalement. Comme je le dis souvent : l’inspiration est peut-être divine, mais le canal, lui, est faillible. Il faut beaucoup de travail pour mettre convenablement par écrit l’idée de génie qui a jailli un matin au réveil. Croire qu’on peut se passer d’un regard éditorial tient de l’orgueil et/ou de la paresse. Si j’étais une auteure qui commence et que j’avais envie de faire une vraie carrière d’écrivain, je songerais à me trouver un éditeur qui fait du vrai travail éditorial.
Troisièmement, non seulement ces romans de mauvaise qualité ont peu d’espérance de vie, mais en plus, ils nuisent à l’ensemble de la production de romans historiques québécois. Comment distinguer justement les bons romans des mauvais ? Les auteures qui font de la recherche des autres qui écrivent n’importe quoi ou qui arrangent l’Histoire au gré de leurs fantaisies ? Comme on dit, chat échaudé craint l’eau froide.  La lectrice hésite. Et je la comprends !
Nous avons au Québec de bonnes maisons d’édition de romans historiques. Nous avons aussi de bonnes auteures à la plume soignée, qui épluchent les essais des historiens dans le but d’écrire le moins de niaiseries possible. Je ne dis pas qu’elles ne font jamais d’erreurs, mais ces auteures sérieuses vont chercher longtemps pour vérifier les détails de leur récit. Et si elles ne trouvent pas de réponse, elles sont bien capables de changer leur histoire pour éviter l’écueil plutôt que d’être prises en défaut.
Dans leur étude intitulée Du bon sauvage au beau sauvage, Un roman d’amour politically correct[1],  Julia Bettinotti et Chantal Savoie sont arrivées à la conclusion que ce qu’on appelle aux États-Unis l’Indian Romance «suit une des conventions ou un des contrats de lecture les plus stricts de la littérature de grande consommation. » Pour avoir écrit sept romans historiques moi-même et pour avoir longuement discuté avec mes lectrices au fil des ans, je peux vous assurer que cette conclusion s’applique également au roman historique québécois. Disons plutôt qu’elle s’appliquait. Jusqu’à il y a cinq ans.
Le déferlement de romans historiques dans les librairies et les grandes surfaces du Québec cause aussi un problème mathématique. Parce que si le nombre d’auteures a explosé depuis cinq ans, le lectorat, lui, est resté à peu près stable. Cela veut dire qu’on doit séparer la tarte en plusieurs morceaux. En beaucoup de morceaux. Beaucoup plus qu’au début des années 2000. Ça fait donc des pointes de tarte plus petites. Ça veut dire des revenus moins élevés pour chacune des auteures.
Tout le monde est touché. De la machine à produire des textes destinés au pilon jusqu’à l’auteure chevronnée, en passant par la nouvelle auteure qui a fait un travail remarquable et qui est publiée chez un éditeur qui a fait, lui aussi, un travail remarquable.
Certains pensent que cette baisse de revenus s’explique parce que les lectrices veulent juste lire du roman historique qui se passe au Québec. Je ne le crois pas. Les Québécoises ont lu en masse Jeanne Bourin et Maryse Rouy avec leurs histoires médiévales, Régines Desforges et ses romans de la Deuxième Guerre mondiale. Elles ont lu en grand nombre Diana Gabaldon qui parlait du 18e siècle en Écosse. Vrai qu’on aime lire sur notre propre histoire et que, pendant longtemps, on n’avait rien à se mettre sous la dent. Mais il ne faut pas se fier à ce qu’on voit dans les journaux. Les journalistes qui écrivent sur les romans populaires (historiques ou pas) n’en lisent pas.
Un bon roman, c’est un bon roman. Et le fait que les revenus des auteures de romans historiques diminuent n’a rien à voir avec la période ou le lieu de l’action. La faute en revient à cette production incontrôlée où le bon grain est mêlé à l’ivraie.
Comme le dit l’adage yukonnais:  Quand les journaux se mettent à parler du filon, il est déjà trop tard pour se prendre un claim. Quand c’est rendu qu’on étudie le phénomène du roman historique à l’université, c’est qu’il est trop tard pour en écrire.
Mes conseils aux auteurs en devenir :
1.     N’écrivez pas pour suivre la mode parce que quand votre roman sera prêt pour publication, la mode sera passée. (À moins que vous souhaitiez être publiés dans une de ces maisons d’édition productrices de livres jetables.) Suivez votre instinct. Écrivez ce que vous aimez lire, ce que vous avez profondément envie d’écrire. Faites preuve d’imagination. Pensez à Stephenie Meyer qui, s’installant dans le vide laissé par Anne Rice, a réinventé le roman de vampires. On peut aimer ou non la série Twilight, mais on est obligé de se montrer humble devant un tel succès.
2.     Si on publie votre texte sans vous demander de réécrire, de resserrer, de développer, si on ne relève pas d’incohérence, si on trouve vos personnages impeccables, si on vous dit que votre texte s’en va tout de suite en correction et qu’il sortira dans un délai très court (moins de six mois), posez-vous des questions. Voulez-vous vraiment une carrière de machine à écrire des romans destinés au pilon ou voulez-vous voir vos œuvres durer ?
Un bon roman, c’est un livre écrit avec le cœur et retravaillé jusqu’à ce que l’auteure elle-même en ait la nausée. Un bon roman, ce n’est pas un roman à la mode.
Et pour ce qui est de l’argent, c’est comme en restauration. Ceux qui ont les reins solides vont pouvoir attendre que l’invasion finisse… si elle finit.

[1] Ce texte se retrouve dans le recueil Les hauts et les bas de l’univers western, publié chez Triptyque en 1997) Voici les deux places où j’ai trouvé ce livre de référence pour vous :
http://www.amazon.ca/Hautslimaginairewesternculturem%C3%A9diatique/dp/2890312801/ref=sr_1_2?ie=UTF8&qid=1391715863&sr=8-2&keywords=paul+bleton+western

http://www.abebooks.com/servlet/BookDetailsPL?bi=11016435283&searchurl=kn%3Dimaginaire%2Bwestern%26amp%3Bsts%3Dt « 

Écrire ses Mémoires (partie I)

27 lundi Jan 2014

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pagnol

Marcel Pagnol (Crédit Photo : INA)

Plusieurs personnes me demandent des conseils sur la rédaction de leurs Mémoires. Les Mémoires ne sont pas des autobiographies, ni des autofictions. Ce sont des œuvres historiques avant tout, qui peuvent aussi avoir une valeur littéraire. L’auteur y relate sa propre vie, dans la mesure où celle-ci est significative d’un moment de l’Histoire. Par exemple, les Mémoires d’un soldat qui a participé à la guerre en Irak ou celles d’une personne qui a vécu la Révolution tranquille. Si votre recueil de souvenirs n’a pas de portée historique, il n’entre pas dans le cadre des Mémoires, mais plutôt de l’autobiographie. Si vous êtes à la fois l’auteur et le personnage principal du récit mais que vous utilisez la fiction dans la structure narrative, les dialogues etc., alors vous faites de l’autofiction. Il est donc important de savoir à quel genre littéraire appartient votre projet afin de le structurer et l’exploiter convenablement.

Trois choses importantes avant de rédiger vos Mémoires.
1. Vous devez vous rafraîchir la mémoire (logique, n’est-ce pas ?).
2. Vous avez besoin de trouver un thème central pour votre histoire : la libéralisation des mœurs, la contreculture au Québec, etc…
3. Vous devez tracer le plan de vos Mémoires.
Dans ce billet, je voudrais aborder la première étape et vous donner des conseils sur le travail préalable à l’écriture de vos Mémoires. Ce n’est pas la partie créative du processus. C’est un travail difficile et qui prend du temps. Mais une fois fait, vous aurez une ressource inestimable.

Cinq façons d’organiser vos souvenirs

1) Commencez la cueillette avec des pièces personnelles.

□ agendas ou journaux intimes
□ avis de décès,         □ certificats de naissance, mariage et décès
□ invitations d’anniversaire et de mariage
□ lettres,                     □ photographies

□ films, vidéos et DVD, □ musique – vinyles, cassettes, CDs, fichiers numériques
□ livrets scolaires ou évaluations,      □ vos contrôles du primaire, secondaire etc.
□ souvenirs de famille           □bijoux           □testament
□ coupures de journaux,        □ anciens programmes
□ fiches de salaire

2) Discutez avec des gens de votre famille et de vieux amis. N’oubliez pas que ni vous, ni vos parents ou amis ne détenez la vérité. Vous avez chacun votre propre histoire à raconter. Écoutez. Vous aurez besoin d’autres voix dans vos Mémoires, et plus particulièrement de celles qui font un contrepoint à la vôtre. Cela donnera du relief à votre texte et il en sera d’autant plus intéressant. Prenez des notes.
3) Démarrez votre histoire à un point précis dans le temps et l’espace. Par exemple : « Je suis né à Québec le 5 juillet 1960, le jour de l’élection de Jean Lesage » ou « J’avais cinq ans quand papa, maman, mon grand frère Patrick et moi sommes partis d’Algérie ». Si vous ne le faites pas, vous courez le risque de passer trop de temps à errer à travers vos pensées et vos sentiments. Mais vous n’êtes pas obligé de commencer par votre naissance. Vous pouvez ouvrir vos Mémoires à une période ultérieure. Visitez les lieux que vous allez décrire. Si vous êtes incapable d’aller en pèlerinage sur les lieux de votre passé, vous pouvez :
• regarder des films de cette époque,
• lire les journaux des années sur lesquelles vous allez écrire,
• faire une recherche sur internet pour les lieux et les incidents qui vous ont marqué.

4) Préparez une liste de vie. Écrivez une page sur chacun de ces sujets. Les premiers événements qui vous viennent à l’esprit pour chaque terme sont les plus marquants. Ce sont eux que vous devrez privilégier dans l’écriture de vos Mémoires. Certains peuvent même ne pas parler de vous. Identifiez les événements secondaires comme tels. Vous pourrez en utiliser certains, mais pas tous. Il convient de faire un choix. Tout événement rapporté doit être significatif. Cette liste deviendra le squelette à partir duquel vous allez dessiner le matériel nécessaire à vos Mémoires.
□ la naissance et les années de petite enfance           □ la maternelle et l’école primaire
□ le collège                             □ l’école secondaire               □ l’université
□ les amis                               □ les passe-temps       □ les vacances, festivals
□ les emplois                          □ la maladie
□ les premières relations marquantes
□ la religion
□ les premiers temps du mariage ou du couple
□ les déménagements             □ la maturité
□ les deuils                             □ les dernières années            □ la retraite
5) Créez votre propre système de classement. Faites des fiches, des fichiers, comme vous voulez. Établissez une chronologie. Faites des liens entre vos fiches ou vos fichiers. Cela doit être clair et accessible facilement.

Rappelez-vous que ce ne sont que des aides. Vos souvenirs existent et vous pouvez y accéder avec ou sans l’aide de fiches. C’est à vous de voir. Mais il est important de vous créer une méthode de travail qui vous convient et qui vous permet de discriminer les événements importants de ceux qui le sont moins. Cela vous aidera à écrire des Mémoires qu’un lecteur aura plaisir à lire. Parce qu’en bout de ligne, même si vous avez du plaisir à écrire (et c’est tant mieux) il y a un lecteur qui demande à être intéressé, surpris et instruit.

©Agence Littéraire Laëns 2014

La folie a du bon

20 lundi Jan 2014

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Auteur publié, Conseils, Devenir écrivain

≈ 2 commentaires

Mots-clés

agence littéraire, agence littéraire laëns, agent littéraire Québec, coaching d'écriture, correction de manuscrits, correction de manuscrits Québec, créer des personnages, folie, personnages

bonhomme noir9 façons de justifier le mauvais comportement d’un personnage

La création de personnages antagonistes et l’exploration de leur obscurité (côté sombre) est un des aspects les plus gratifiants de l’écriture pour les auteurs de fiction. En tant que lecteurs, nous aimons les personnages troubles, déviants, les obsédés, les dépravés. C’est thérapeutique. Nous explorons et apprivoisons notre propre obscurité en en apprenant plus sur leurs vies, comment ils marchent, parlent, mangent, jouent, manipulent et travaillent.

Bien sûr, si vous écrivez à propos d’un personnage qui est aux prises avec un problème psychologique, vous devez faire des recherches sur ce trouble. Le DSM-IV[1] est une excellente source d’inspiration. À l’aide de ce livre, vous pouvez peindre vos personnages dans des multitudes de nuances de gris et leur donner ainsi une profondeur intéressante.
Souvent, un comportement anormal est déclenché par une crise survenant lors d’un changement de vie. C’est une excellente façon de commencer un livre. Dès que vous placez l’un de vos personnages dans une de ces situations, vous avez une histoire. Cela vous donne quelque chose à construire.

Voici une liste de situations stressantes parmi les plus courantes qui occasionnent de profonds changements dans nos vies. À vous de les utiliser à bon escient et de les exploiter pour créer des tournants majeurs dans celle d’un ou plusieurs personnages. Attention toutefois de ne pas en abuser…

Échelle de stress            Valeur de changement de vie
1- Décès d’un conjoint                     100%
2. Divorce                                        73%
3. Séparation conjugale                     65%
4. Peine d’emprisonnement                63%
5. Décès d’un membre de la famille     63%
6. Maladie                                        53%
7. Mariage                                        50%
8. Licenciement                                 47%
9. Retraite                                        45%

Source : http://www.stress.eu.com/index.php/comprendre-le-stress-2/causes-et-origines-du-stress/autres-facteurs-de-stress/


[1] DSM-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ouvrage collectif de L’Association Américaine de Psychiatrie, Éditions Masson, ISBN : 9782294006630

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