Le contrat d’édition

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orpheus1Comme pour tout contrat, il est nécessaire de prendre connaissance du contrat d’édition AVANT de le signer pour être certain de savoir à quoi on s’engage. Il comporte de nombreux articles, qui régissent la propriété intellectuelle et les droits économiques, les droits moraux, les redevances et leur paiement, la tenue et les vérifications des livres (comptables), les engagements respectifs de l’auteur et de l’éditeur, la gestion des stocks et la rétrocession des droits, le droit de préférence, les dispositions finales, etc. Voici quelques points à connaître :

  • Il doit y avoir un contrat par œuvre. En clair, si vous écrivez une série, vous devez signer un contrat par tome.
  • La durée de la cession doit être clairement stipulée : c’est la durée pendant laquelle l’éditeur peut exploiter l’œuvre.
  • La présentation matérielle du livre : dans la plupart des contrats, l’éditeur se réserve le droit de déterminer la présentation matérielle de l’ouvrage (format, couverture, jaquette, etc.). Il est néanmoins souhaitable que l’auteur soit consulté, entre autres, sur le projet d’illustration de la couverture, le titre, les textes figurant en quatrième de couverture et sur les rabats avant la fabrication.
  • Le tirage initial : l’éditeur informera l’auteur du nombre d’exemplaires tirés. L’auteur a intérêt à faire préciser au contrat le nombre d’exemplaires gratuits qui lui reviennent et le pourcentage de remise dont il bénéficie sur toute autre quantité d’exemplaires commandés.
  • La rémunération de l’auteur : de manière générale, les droits d’auteur représentent 10 % du prix de vente HT suggéré par l’éditeur (= 10 % du prix régulier du livre en grand format, et non des ventes nettes). Ce taux est négociable de gré à gré, comme tout article du contrat. Les droits d’auteur pour des ventes aux clubs de livres peuvent se faire à un autre taux. Les livres en format de poche sont généralement rétribués à hauteur de 8 %. Les taux des droits d’auteur pour la vente des livres numériques sont assez variables selon les maisons d’édition. L’UNEQ préconise notamment un taux de 25 % des recettes nettes si le prix de vente au détail du livre numérique est en-deçà de 75 % du prix de l’exemplaire imprimé, et plusieurs éditeurs l’appliquent.
  • Le paiement des redevances. L’éditeur doit s’engager à fournir un relevé de compte et à verser annuellement les redevances dues à l’auteur. Le contrat doit stipuler à quelle date (ou dans quel délai) ce paiement a lieu par rapport, soit à la première mise en marché de l’œuvre, soit à l’émission du rapport.
  • Obligation de publier l’œuvre : L’éditeur est tenu de publier à ses frais l’ouvrage de l’auteur. On retrouve souvent dans les contrats le délai, raisonnable, d’un an pour la publication. On peut aussi y faire ajouter (si ce n’est déjà stipulé) que l’éditeur a l’obligation d’informer l’auteur de la date de mise en vente de l’ouvrage, des éventuels retirages et de la signature des contrats de sous-éditions de l’œuvre à l’étranger.
  • Obligation d’exploitation permanente et suivie et obligation de diffusion commerciale (promotion) : L’éditeur est tenu d’assurer à l’œuvre une exploitation permanente et suivie, et une diffusion commerciale, à ses frais. Autrement dit, l’éditeur doit faire en sorte que le livre soit disponible pendant la durée du contrat (réimprimer au besoin dans un délai et un cadre stipulés dans le contrat) et en assurer la promotion.

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Les quelques points évoqués ici le sont de manière très sommaire et non-exhaustive. Il convient de vous informer, et de prendre connaissance de TOUS les articles de votre contrat. Un contrat repose sur la bonne foi des parties et se doit d’être équitable (il protège les deux parties). La grande majorité des maisons d’édition sont dignes de confiance, mais certains prestataires de service se font passer pour des éditeurs. Avant de signer un contrat, il est recommandé de le faire lire

©Agence Littéraire Laëns 2016

Parution d’« Attik » de Mathieu Villeneuve et Damien Blass-Bouchard

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Brin d'éternité fev 2016Dans le nouveau numéro de Brins d’éternité, découvrez « Attik », une histoire de bière frette, de relais de motoneige désert et de cabanes à pêche glacées, écrite par Mathieu Villeneuve et Damien Blass-Bouchard.

Présentation d’« Attik » :

Deux Métis du Réservoir Lamothe remontent la piste sanglante d’un caribou. La bête s’est enfoncée loin au nord, jusque dans les anciens territoires de coupe forestière de la défunte Price Brothers Company…

 

Extrait : « Le barman lui tendit un cendrier. Un soir de tempête, tout était permis. Attik offrit une cigarette à Lou et l’alluma, avant de faire pareil pour lui-même. Sur le mur, à côté du panache, dans un cadre aux dorures ternies, il y avait une vieille toile à la peinture craquelée. La scène représentait un coureur des bois, couvert de fourrures épaisses, qui transportait un caribou sur son dos. Les bois de l’animal lui faisaient une couronne dorée, luisante dans le clair-obscur d’un soleil couchant. Derrière, au pied d’un gros bouleau jaune, il y avait un petit feu où on distinguait des ossements. L’artiste avait essayé, à coups de pinceau grossiers, d’imiter les grands maîtres, sans toutefois y parvenir. Un écusson ornait le bas du cadre, avec une signature et une date. Walter Price. 1888. »

 

Rencontrez Mathieu Villeneuve et Damien Blass-Bouchard et discutez avec eux autour d’une bière (frette bien entendu), lors du lancement, le samedi 6 février à partir de 17h, au dernier étage de l’Amère à boire, 2049, rue Saint-Denis à Montréal.

©Agence Littéraire Laëns 2016

Quand la fin justifie les moyens

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écrire la fin d'un roman

La fin est le moment le plus important de votre roman. C’est à sa lecture que l’éditeur décidera de vous publier et que le lecteur choisira de recommander votre livre, ou pas.

 

Ce qu’il vaut mieux éviter :

   N’introduisez pas de nouveaux personnages, ni d’intrigues secondaires dans les quarante dernières pages. Il fallait le faire avant.

   Ne vous perdez pas dans des descriptions, flash-backs, et explications. Gardez la description à son minimum, préférez l’action et la résolution des conflits. Une histoire qui nécessite des explications n’a pas été bien racontée.

   Ne changez pas de ton. Cela donne l’impression qu’un autre narrateur a pris la relève.

   Ne sortez pas la fin de votre chapeau, elle doit être logique ; vous pouvez toutefois utiliser des revirements. Une seule contrainte : ils doivent être crédibles. Pour cela, semez des indices au cours du récit. En seconde lecture, le lecteur redécouvrira l’histoire avec un œil neuf.

Ce que vous pouvez faire :

   C’est le moment de résoudre le conflit central, ou au moins de le dénouer. Le happy end n’est pas obligatoire, mais évitez de décevoir le lecteur.

   Vous pouvez construire une fin « miroir » par rapport à votre début. Une fois la fin écrite, revenez au commencement et vérifiez que vous n’avez rien laissé d’inachevé. Attention : si votre personnage principal n’a pas assez évolué au cours du roman, la fin « miroir » va faire ressortir ce défaut.

   Finir votre roman en englobant votre intrigue dans un événement historique peut être intéressant ; à condition que vous ayez préparé le terrain et que le lecteur puisse établir un parallèle entre la résolution du conflit central et cet événement. Sinon, cela tombe à plat.

Une fin banale, ouverte ou excitante ?

Cela dépend du genre et du ton de votre roman.

– Pour le roman d’action, on préconise volontiers une fin excitante : créez un événement qui surpasse tout autre incident dans votre roman en termes d’action, de conflits, et de dialogue. Pensez au Comte de Monte-Christo d’Alexandre Dumas.

– Pour une série, vous pouvez vous permettre une fin ouverte, à condition que le conflit central du tome soit résolu. On peut l’utiliser aussi dans une nouvelle.

– La fin banale sera réussie si elle reste dans le ton de l’histoire et qu’elle respecte le personnage principal. Mais évitez-la pour un roman à suspense.

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   En tant qu’agente littéraire, un bon roman doit me donner envie de ralentir la lecture sur la fin, de résister au rythme de l’écrivain, pour rester plus longtemps avec les personnages auxquels je me suis attachée, pour savourer le ton, la voix et le style de l’auteur. Et poser le manuscrit, à regret. Ces conseils, seuls, ne sauraient garantir une fin réussie. D’autres facteurs entrent en ligne de compte. À vous de juger et de transposer ce qui convient à ce que vous écrivez.

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Martyne Pigeon au SILQ 2015

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MartyneVenez rencontrer Martyne Pigeon au Salon International du Livre de Québec. Elle vous dédicacera La boîte à monstre et Il pleut des pachydermes (Boomerang Éditeur) deux romans pour premiers lecteurs.

Où ? Au kiosque 152.

Quand ? Jeudi de 19h à 20h30, vendredi de 19h à 20h30, samedi de 11h30 à 13h et dimanche de 14h30 à 16h..

 

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Julie Stanton au SILQ 2015

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Julie Stanton

(Crédit photo : Jacques Talbot)

Venez rencontrer Julie Stanton au Salon International du Livre de Québec. Elle vous dédicacera Mémorial pour Geneviève et autres tombeaux (Heures bleues) pour lequel elle a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur Général dans la catégorie Poésie.

Où ? Au kiosque 153.

Quand ? Mercredi de 18h à 21h, jeudi de 16h à 20h30 et vendredi de 15h à 18h.

Vous pourrez également la rencontrer et l’entendre en lecture lors de la soirée Québec, la muse : Jazz et poésie, produite par Gaston Bellemare en collaboration avec le Festival international de poésie de Trois-Rivières aux côtés de Côme Lachapelle, Catherine Fortin, Henri N’Koumo et Rodney Saint-Eloi. Les poètes seront accompagnés en musique par le Trio Michel Côté.

Où ? Restaurant le Billig : 481, rue St-Jean

Quand ? Jeudi 9 avril à 21h30 (durée : 1h30).

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Ateliers d’écriture printemps 2015

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ateliers d'écriture_copyLes ateliers d’écriture sont de retour. L’Agence Littéraire Laëns vous propose quatre ateliers dans une atmosphère conviviale et professionnelle.

Atelier 1 : À partir de jeux d’écriture et d’outils créés à l’agence, donnez vie à un personnage principal et à des personnages secondaires. Quand ? Samedi 9 mai de 10h à 16h. Notez que suite à l’atelier 1, l’Agence Littéraire Laëns vous offre deux heures d’accompagnement individuel sur le texte et les fiches créés lors de cette séance. Clôture des inscriptions : le samedi 2 mai à 10h.

Atelier 2 : L’intrigue. À partir du texte et des fiches créés lors de l’atelier 1 et à l’aide de nouveaux jeux d’écriture et d’outils, bâtissez l’intrigue de votre roman. On évite la langue de bois et on vise l’efficacité. Pour qui ? Cet atelier est réservé aux participants de l’atelier 1. Quand ? Samedi 16 mai de 10h à 16h. Notez que suite à l’atelier 2, l’Agence Littéraire Laëns vous offre deux heures d’accompagnement individuel sur le texte et les fiches créés lors de cette séance. Clôture des inscriptions : le samedi 2 mai à 10h.

Atelier 3 : L’atmosphère et la voix. Plus que l’histoire de votre roman, son atmosphère et votre voix laissent une empreinte sur le lecteur. À partir des travaux réalisés dans les ateliers précédents et à l’aide de nouveaux jeux d’écriture et d’outils, apprenez à doter votre roman d’une atmosphère qui lui sera particulière et à affirmer votre voix. Pour qui ? Cet atelier est réservé aux participants de l’atelier 2. Quand ? Samedi 23 mai de 10h à 16h. Notez que suite à l’atelier 3, l’Agence Littéraire Laëns vous offre deux heures d’accompagnement individuel sur le texte et les fiches créés lors de cette séance. Clôture des inscriptions : le samedi 2 mai à 10h.

Atelier 4 : Les clés de la réécriture. Cet atelier est réservé aux auteurs qui ont achevé l’écriture du premier jet d’un roman. Quand ? Samedi 13 juin de 10h à 16h. Clôture des inscriptions : le samedi 23 mai à 10h.

Pour plus de renseignements sur les ateliers d’écriture (tarif, inscription et déroulement), contactez-moi à l’adresse suivante : info@agencelitterairelaens.net. Veuillez noter que pour plus d’efficacité les places sont limitées.

©Agence Littéraire Laëns 2015

Dynamique des personnages secondaires

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personnages secondairesSi développer le personnage principal de votre roman est primordial, il faut aussi lui donner vie. Les figurants et les personnages secondaires vont vous y aider. Même si leurs rôles sont moindres voire mineurs en ce qui concerne l’intrigue, ils sont déterminants quant à la vraisemblance des situations et celle de votre personnage principal. Vous devez leur accorder une grande attention au moment de bâtir votre roman.

Les figurants

À moins que votre histoire se déroule dans un univers clos, votre personnage principal est entouré de nombreuses personnes qui n’ont pas d’importance pour l’histoire. Elles font partie de son milieu de vie, de son paysage. Ce sont les figurants, ceux dont la présence est nécessaire pour donner une impression de réalisme. Ils jouent un rôle passif, qui n’influence pas directement le cours du récit. Mais ils peuvent révéler une facette d’un de vos personnages principaux. Le narrateur ne les nomme pas nécessairement.

Pour que ces figurants se fondent dans le décor, vous pouvez avoir recours à des stéréotypes. Un stéréotype est un personnage typique. Il fait ce que les lecteurs en attendent. Par conséquent, ils ne s’attachent pas à lui. Cela peut être l’étudiant fauché qui vit au sous-sol de l’immeuble, avec plus de culture que d’esprit pratique, la militante écologiste qui se lance dans une conférence sur le recyclage lorsque votre personnage principal la croise dans un couloir, le concierge qui connaît les habitudes de tout le monde, etc.

Si vous considérez qu’un stéréotype ne rend pas justice à un personnage, vous pouvez le particulariser. Mais au moment où vous le faites, vous obtenez un personnage unique, qui attirera l’attention des lecteurs.

Les personnages secondaires

Tous les personnages secondaires n’ont pas la même importance. Si un personnage secondaire ne doit pas attirer l’attention des lecteurs, il ne devrait pas jouer un rôle continu dans l’histoire. Son individualité va créer une ambiance, ajouter de l’humour, rendre le milieu plus intéressant ou plus complet. Un personnage secondaire doit créer des mises en situations qui permettent de faire évoluer l’intrigue et le personnage principal. Il cherche à lui venir en aide ou au contraire à lui nuire.

Par un effet de contraste, il illumine un trait de caractère de votre personnage principal. Watson fait ressortir l’intelligence de Holmes, Ron Weasley le courage de Harry Potter. Que serait Jean Valjean sans Javert ? Ou Séraphin Poudrier sans Donalda ?

Lorsque vous faites intervenir un personnage secondaire pour la première fois, souvenez-vous qu’une brève description, une scène d’action ou un dialogue sont plus efficaces qu’une biographie.

Pour créer de tels personnages — dont on se souvient immédiatement — vous pouvez leur donner un petit côté excentrique, exagéré ou des troubles obsessionnels. Le personnage secondaire excentrique permet d’introduire de l’humour et un effet miroir. Une autre manière de créer un personnage secondaire est de grossir un trait de caractère. Évitez toutefois de tomber dans la caricature. Tous vos personnages doivent être vraisemblables.

Les lecteurs vont classer inconsciemment les personnages par ordre d’importance. Les personnages secondaires ne doivent pas attirer les projecteurs; mais s’ils sont sans intérêt, ils n’ont aucune place dans votre roman. Tout est une affaire de dosage. Par conséquent, votre roman ne devra jamais comporter des personnages qui ont tous la même importance.

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Ces conseils ne sauraient garantir la réussite de vos personnages. D’autres facteurs entrent en ligne de compte ; par exemple, donner vie à des personnages, établir leurs caractéristiques principales , choisir leurs noms , créer des méchants crédibles, comment justifier leur côté sombre, écrire un dialogue, etc. À vous de juger et de transposer ce qui convient à ce que vous écrivez.

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Un auteur, un ego (ou deux) et un réviseur

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     Mon réviseur, mon ego et moi : cela pourrait être le titre d’un livre ou d’un film, une relation triangulaire qui finirait mal. Ou pas. Mais c’est avant tout la réalité vécue des auteurs (et symétriquement de leurs réviseurs, directeurs littéraires, agents, etc.). Voici un billet de Mylène Gilbert-Dumas que je reproduis ici dans son intégralité avec son aimable autorisation, et paru lundi dernier sur son blogue : Une doyenne, une sorcière et un caniche.

« Mon réviseur, mon ego et moi

Réviseur-Mylène
Imaginez 300 pages de ce genre-là !

Pour certains auteurs, c’est lire le rapport de la direction littéraire qui est le plus difficile. Dans leur cas, ce que je décris dans ce billet s’applique au directeur littéraire.

Pour d’autres, comme moi, le plus dur consiste à passer au travers d’un manuscrit barbouillé d’un bout à l’autre de commentaires et de corrections, c’est-à-dire constater le travail que mon réviseur a fait sur mon roman.

Quand arrive ce passage obligé vers la publication de mon manuscrit, mon ego souffre.

Par bonheur, depuis que VLB éditeur est passé à l’ère du numérique, je n’ai plus à m’arracher les yeux pour déchiffrer ce qui est griffonné dans la marge. Jusqu’à Yukonnaise, chez mon éditeur, on travaillait sur papier, avec crayon de plomb et stylo rouge. Avec une correction au plomb, il y avait toujours moyen de moyenner. Avec le rouge, jamais.

Aujourd’hui, on travaille en «suivi des modifications» dans Word. Petit miracle de la technologie, cette fonction du logiciel permet d’écrire lisiblement des commentaires dans la marge et de corriger les erreurs directement dans le texte. Une belle avancée technologique.

C’est pas mieux pour l’ego, cependant.

Comme l’a dit un jour un éditeur de mes amis, matcher un auteur avec un réviseur relève d’une épreuve olympique. Quand on forme enfin un couple qui se comprend et qui s’aime (Oui, oui ! C’est important l’amour, ici.), on fait le max pour que ces deux-là travaillent ensemble le plus longtemps possible.

Ça fait deux romans que je suis en amour avec mon réviseur, même si c’était pas le même réviseur pour les deux romans. Le bonheur, pour moi, consiste à lire les commentaires et à m’écrier :

— Ouiiiiiiiiiiii !!! Il a compris ce que je veux dire !

— Yéééééééééé !!! Il a compris comment j’écris !

Je me pâme comme ça pendant une semaine et j’accepte presque toutes les suggestions de mon réviseur.

Je n’ai toutefois pas toujours été aussi enthousiaste devant mes textes révisés. Il y a eu des romans dans ma vie où j’avais juste envie de me rouler en boule dans un coin pour pleurer en me répétant à quel point j’étais poche puisque mon réviseur avait écrit partout partout pis réécrit partout ailleurs comme si c’était encore possible d’en rajouter une couche.

Voyez-vous, mon ego, il est comme tous les ego. Il n’aime pas qu’on lui dise :

— Tu as fait une faute ici, une autre là, une troisième ici !
— T’as pas le droit d’écrire ça.
— Ce mot-là est un anglicisme. En français on dit…
— Cette formulation-là est calquée sur l’anglais, en français il faut écrire…
— Trop lourd. Reformuler.
— Confus. Reformuler.
— Se lit mieux de cette manière-ci.
— Se lit mieux de cette manière-là.
Etc.

Mon ego, quand il ouvre le fichier de réviseur, il monte aux barricades. Dès la première correction, il fourbit ses armes en criant : T’as rien compris !

Mais voilà. Mon ego, c’est pas lui l’écrivain. Mon ego, c’est l’animal persuadé qu’il est bon, qu’il est fin et qu’il est capable tout seul. Et il est convaincu qu’il a raison pis que les autres sont dans le champ.

Comme écrivain à l’ego blessé, donc, j’ai longtemps pleuré en lisant les corrections de mon réviseur et je sais maintenant qu’il s’agissait de souffrance inutile pour deux raisons.

1. Souvent, le réviseur n’était pas fait pour moi. Vous savez, j’écris dans une langue très simple des textes qu’on peut lire à voix haute. J’insiste pour que le rythme respecte ma musique interne, celle qui hypnotise le lecteur. Si vous m’associez un réviseur un tantinet trop littéraire (ou persuadé qu’il aurait écrit ce roman mieux que moi), on ne s’entendra pas.

2. J’ai compris que l’inspiration est peut-être divine, mais que le canal, lui, est faillible. (Je pense que c’est Victor Hugo qui a dit ça.)

Je sais jusque dans mes tripes que les histoires et les images qui naissent dans ma tête sont merveilleuses. Pour moi, elles sont claires, mais elles ne le sont pour personne d’autre parce qu’il n’y a pas de mots dessus. Il n’y a que l’esprit de l’image ou l’esprit de l’histoire. Pour les rendre accessibles aux autres, il faut les mettre en mots. Je deviens donc le canal par lequel ces images et ces histoires seront communiquées au Monde. Et là, mesdames et messieurs, il y a de l’obstruction. Il y a des parasites. Ça griche et ça distorsionne. Je suis faillible parce que je suis un être humain. Je n’ai pas tous les talents et j’ai des faiblesses à n’en plus finir.

L’expérience m’a rendue meilleure pour traduire sur papier ce qui s’agite dans ma tête. Je dis meilleure et non pas parfaite. Je ne pense pas qu’on puisse rendre à la perfection ce qui bouillonne dans l’esprit créateur. C’est insaisissable. Il y a trop de mouvements, et les angles sont arrondis au point qu’on ne sait par quel bout prendre l’idée.

Et mon ego, là-dedans ? Ben j’ai appris au fil des ans à le faire taire en lui servant un argument béton : Si mon réviseur n’a pas compris, mon lecteur ne comprendra pas non plus.

Bref, le travail du réviseur (et du directeur littéraire), c’est de rendre accessible au public visé les bijoux nés de l’imagination de l’artiste. Il n’est pas un ennemi et il n’est pas un supérieur. On travaille ensemble parce que deux cerveaux valent mieux qu’un dans ce domaine.

Quand chacun a saisi ça, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et moi, par la suite, au moment d’ouvrir des bulles, je ne le fais plus avec le soulagement qui suit un calvaire, mais avec la satisfaction du travail bien fait. »

Martyne Pigeon sur Alpha 42

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Martyne

 Ce soir à 20h00, Martyne Pigeon sera sur les ondes d’Alpha42 pour son projet littéraire en résidence de création à la Maison Félix-Leclerc de Vaudreuil. Elle parlera aussi de sa campagne de levée de fonds IndieGogo afin de mener à bien la réalisation de ce recueil de poésie.

Martyne est publiée aux éditions Boomerang, dans la collection « C’est la vie ! » sur le thème de la différence, mais aussi aux éditions Astéroïde en format numérique. Sa poésie est diffusée dans la revue de création littéraire Lapsus ainsi que dans le fanzine culte Horrifique. Martyne Pigeon mène plusieurs projets d’écriture de front, dont un recueil de poèmes, un roman pour jeunes adultes et deux autres romans pour la collection « C’est la vie ! »

La collection : C’est la vie ! est une série de romans illustrés, écrits en gros caractères, pour les lecteurs débutants portant sur des thèmes de la vie quotidienne que vivent les enfants ou un de leurs proches (différences, problèmes de comportement, séparation, famille reconstituée, garde partagée, divorce, école, vie sociale, etc.). Chaque roman est illustré et se termine par un glossaire et des quiz accompagnés d’un solutionnaire. De plus, un jeu complémentaire est offert sur Internet.

Titres disponibles :

La boîte à monstre (Illustrations de Raymond Parent), Boomerang Éditeur, 48 p., ISBN 978-2-89709-017-3, 12.95 $. Dès 7 ans

Il pleut des pachydermes (Illustrations de Raymond Parent), Boomerang Éditeur, 48 p., ISBN 978-2-89709-018-0, 12.95 $. Dès 7 ans

 

©Agence Littéraire Laëns 2015

Communiqué de presse _ Martyne Pigeon

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Communiqué

Pour diffusion immédiate

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Maison Félix-Leclerc

L’artiste en résidence sera Martyne Pigeon

 

Vaudreuil-Dorion, le 13 janvier 2015 – La maison Félix-Leclerc est fière d’annoncer que Martyne Pigeon sera la première artiste en résidence de création depuis la restauration de la maison. Du 15 février au 15 mars, l’artiste s’imprégnera du lieu pour créer une œuvre poétique.

 

« Nous sommes impatients de l’accueillir, car ce volet plus créatif où la maison de Félix devient un lieu d’inspiration pour des artistes nous tient très à cœur » confie Lorraine Messer.

 

Le comité de sélection, constitué de Louis Caron, écrivain, Marie-Belle Ouellet, poète, Sabrina Brochu, représentante du Conseil montérégien de la culture et des communications, et de Lorraine Messer, présidente de la maison Félix-Leclerc, s’est réuni en décembre dernier pour analyser les dossiers reçus. La pertinence du projet de création et l’excellence du dossier présenté ont convaincu les membres du jury que Martyne Pigeon était la candidate recherchée.

 

Scénariste et auteure, Martyne Pigeon est diplômée au certificat Création littéraire de l’Université Laval. Elle a travaillé en rédaction professionnelle, en journalisme et en cinéma.

 

Martyne est publiée aux éditions Boomerang, dans la collection « C’est la vie ! » et aux éditions Astéroïde en format numérique. Sa poésie est également diffusée dans la revue de création littéraire Lapsus.

 

« Durant ce mois, je vais m’imprégner du lieu, de son histoire et de l’énergie qu’il dégage. Quant à ma poésie, elle peut se déployer en vers courts, longs ou en prose. Les meilleures œuvres feront l’objet d’un recueil», explique Martyne Pigeon.

 

Une rencontre entre l’artiste et le public sera organisée le 14 mars, afin d’échanger sur cette expérience exceptionnelle.

 

Les médias seront invités à rencontrer l’artiste le lundi 16 février, à 10 h.

 

Renseignements :       Caroline Bonin 450 510-2840 cbonin@felixleclerc.org

Entrevue avec Martyne Pigeon : info@agencelitterairelaens.net

Martyne Pigeon lève actuellement des fonds pour cette résidence d’écriture. Vous pouvez l’encourager ici.