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Agence Littéraire Laëns

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Agence Littéraire Laëns

Archives de mot-clé : coaching d’écriture

Fais-moi la Courte Échelle…

10 lundi Nov 2014

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myleneVoici un article écrit par Mylène Gilbert-Dumas, que je reproduis ici avec son aimable autorisation, et paru jeudi dernier sur son blogue : Une doyenne, une sorcière et un caniche. Elle y partage son expérience avec la maison d’édition La Courte Échelle.

 

« Mes aventures avec La courte échelle

 

 

Aujourd’hui, je devais vous parler des toilettes publiques à Tokyo (Oui, oui ! J’ai des choses à dire là-dessus pour vrai !). J’ai décidé de reporter ça à la semaine prochaine parce que j’ai lu cet article de La Presse de mercredi sur les déboires financiers de La Courte Échelle pis que j’ai envie de déchirer ma chemise sur mon blogue. Lecteurs, soyez avertis.

Sachez premièrement que je sais de quoi je parle. J’ai publié à La Courte Échelle de 2004 à 2009. Grâce à la confusion qui régnait déjà au sein de cette maison d’édition, la responsable a fini par me proposer, après quelques séances de négociation avec mon agent, une licence de 5 ans pour mon roman Mystique. On en demandait une de dix ans. Allez donc comprendre ! Je ne me suis pas opposée à cette offre, vous l’imaginez, mais je n’aurais jamais imaginé à quel point la vie venait de me faire un cadeau.

mystiqueDès le début c’est mal allé. Non seulement on ne m’a jamais demandé mon avis pour la couverture, mais j’ai vu mon roman pour la première fois dans une librairie. Je ne savais même pas quand il sortait ! Je vous laisse imaginer ma surprise quand j’ai lu, à la page 3, la biographie (la mienne !) qu’on avait écrite sans m’en parler.

On ne m’a pas davantage donné la quantité du premier tirage. Et puis un jour, j’ai réalisé que mon roman avait été réimprimé en comparant la couverture de deux exemplaires. J’ai téléphoné au bureau pour me faire répondre qu’on n’avisait jamais les auteurs quand il y avait des réimpressions. On n’avait pas que ça à faire, quand même !

Il m’était donc impossible de savoir combien de livres étaient en circulation. Impossible, aussi, de vérifier même au pif le contenu de mon relevé de droits d’auteur. Ce relevé, d’ailleurs, était tellement illisible que même mon agent, qui a un MBA, n’y comprenait rien. Et quand il a posé des questions concernant certaines colonnes de chiffres qui n’avaient aucune cohérence, la responsable lui a répondu de ne pas tenir compte de ces colonnes. Parfois, la vente d’un exemplaire me rapportait 1, 50 $. Parfois, 0, 25 $. La différence était importante, mais jamais justifiée.

Pas une fois pendant les cinq années que j’ai passées à La Courte Échelle je n’ai été payée à temps. Même que souvent, j’ai dû envoyer des lettres recommandées. Même que j’ai dû demander l’intervention de l’Uneq dont le président à l’époque publiait lui aussi à La Courte Échelle. Étrangement, pendant trois années consécutives, mes redevances s’élevaient au même montant. À la cenne près !

À force de chialer et d’envoyer des lettres, j’ai reçu des chèques postdatés de trois mois pour un montant de 1000 $. Mille dollars ! Même moi, qui travaillais à mon compte comme écrivaine, j’étais capable de faire un chèque de mille piastres sans avoir à le postdater !

Finalement, six mois avant la fin de la licence, j’ai envoyé à La Courte Échelle un avis de non-renouvellement de la licence, et on a mis un terme à notre relation d’affaires.

Je pensais sérieusement que c’était réglé et j’ai pris une entente avec Soulières éditeur. Mais voilà qu’au Salon du livre suivant, La Courte Échelle vendait encore des exemplaires de mon roman… sans me payer la moindre redevance. Il a fallu une mise en demeure pour que la balance des stocks soit pilonnée et que mon roman soit enfin libre de refaire sa vie ailleurs.

Pourquoi je vous raconte tout ça ? Parce que quand mon agent a appris la faillite de La Courte Échelle, son premier commentaire a été: «Wow ! Ça en a pris du temps !»

C’est vrai que La Courte Échelle est la maison d’édition qui a bercé d’histoires et d’images l’enfance de bien des Québécois. Sauf qu’il s’agissait d’une autre Courte Échelle parce que, dans ce temps-là, elle payait son monde.

Toutes mes pensées vont aux auteurs et aux illustrateurs pris dans le litige, ceux qui non seulement ne touchent pas leurs redevances, mais dont les livres sont, en plus, prisonniers de la faillite. Parce que ces auteurs ne possèdent pas les droits de leurs romans. Ces droits appartiendront à l’entreprise qui rachètera La Courte Échelle, avec sa dette.

Je pense tous les jours à vous, chers collègues, et je me dis, bien égoïstement, il est vrai, que je l’ai échappé belle. »

————-

Si la plupart des maisons d’édition sont dignes de confiance, certaines profitent de l’inexpérience des auteurs. Avant de signer un contrat, il est recommandé de le faire lire par un agent littéraire. Pour soumettre tout problème de contrat, veuillez cliquer ici.

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Stimulez votre créativité

24 vendredi Oct 2014

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Pour éviter le syndrome de la page blanche, une seule solution : stimuler sa créativité. Voici une infographie qui rappelle les conditions préalables pour que l’intellect s’ouvre à l’imagination et à la création.

stimulez votre créativité-

Si certaines « conditions » se répètent, c’est parce qu’elles interviennent à différents stades de l’écriture. D’autres semblent se contredire : « maîtrisez les règles » et « brisez les règles ». Mais il n’en est rien. Il faut maîtriser les règles pour être capable de s’en affranchir. C’est là où le talent rejoint l’expérience.

Et n’oubliez pas : votre créativité s’accomplit uniquement si vous menez votre projet à son terme.

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Comment arriver à finir son roman

14 mardi Oct 2014

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papiers-help1Vous travaillez sur votre roman depuis plusieurs années. Mais plus le temps passe, et plus le mot « Fin » s’éloigne au lieu de se rapprocher. Vous êtes sans doute tombé dans un des six pièges fatals à l’écriture. Voici comment les repérer et y remédier.

Se perdre dans les recherches 

Certains auteurs ne finissent pas, parce qu’ils n’arrivent pas à commencer. Ils ont une idée prometteuse, mais sont incapables de la développer car ils se perdent dans les recherches. Débutez l’écriture et poursuivez la collecte d’informations au fur et à mesure, selon les besoins du texte. Et rappelez-vous : pas la peine de devenir médecin légiste, si vous avez décidé qu’un personnage doit mourir après avoir ingéré du cyanure. Concentrez-vous sur ce qui vous est utile et laissez le reste.

Un plan qui n’en finit plus de finir

J’ai rencontré des écrivains qui préfèrent élaborer un plan détaillé. Un plan qui peut aller… jusqu’à 350 pages ! D’autres n’en ont pas besoin. Chacun sa méthode. Si vous choisissez de travailler avec un plan, faites en sorte que ça ne vous empêche pas de commencer à écrire. L’important est de savoir quand le plan est suffisamment avancé pour pouvoir débuter. Posez-vous la question : « Puis-je commencer à écrire ? » Si la réponse commence par « oui » (y compris « oui, mais »), allez-y… ÉCRIVEZ !

Un manque d’organisation

Quelques auteurs ne finissent jamais, car ils sont incapables d’organiser leurs informations. Récemment, j’ai parlé avec un auteur qui avait un début et une fin, mais pas de milieu. Lorsque je lui ai demandé de me parler de l’intrigue, il a énuméré une suite de personnages mais n’avait rien prévu de ce qu’ils allaient faire ! Il lui manquait la structure du récit. Et pas de structure, pas de roman.

S’éterniser sur la première phrase

On le sait, la première phrase d’un livre ou d’un chapitre est cruciale. C’est avec elle que vous accrochez le lecteur. Mais s’acharner à essayer d’écrire une première phrase parfaite et s’interdire de continuer avant de l’avoir obtenue garantit de ne jamais finir son roman. Bien souvent, votre première phrase définitive ne sera pas celle que vous avez écrite. Lors de la réécriture, vous la trouverez quelque part dans votre premier chapitre et vous réorganiserez le passage. Écrivez votre premier jet, vous reviendrez à cette première phrase plus tard.

Se censurer

« Écrire, c’est accepter de déplaire. Écrire, c’était trahir. Écrire, c’était avoir les mains sales. » — Karine Tuil, L’invention de nos vies.

Un autre piège est l’autocensure. Si vous vous censurez par prudence ou par désir de plaire, vous risquez d’écrire un texte sans saveur. Un texte qui aurait pu être écrit par n’importe qui. Un texte qui ne fait qu’effleurer son sujet. L’autocensure est néfaste car elle vous empêche d’aller au bout de vos idées. Pire : elle vous empêche d’aller au bout de vous-même. Osez écrire ce que VOUS avez à dire ! C’est ce qui donnera à votre roman un ton et un regard uniques.

Réviser sans fin

Beaucoup d’auteurs refusent de montrer un manuscrit tant qu’ils ne le trouvent pas parfait. Ils réécrivent toujours et encore le même livre. Finissent par obtenir un texte rigide et terne. Et ne sont plus capables de le voir. Si vous modifiez des passages et retournez ensuite à votre version précédente, vous faites du surplace. Laissez tomber cette recherche de la perfection qui vous paralyse et demandez-vous : « Est-ce que cela fonctionne pour le lecteur ? » C’est ce qui doit diriger l’étape de la réécriture. Tout écrit peut être amélioré, mais c’est beaucoup plus difficile d’y arriver seul. Un professionnel peut vous donner un nouvel élan. Mais personne ne pourra vous aider si vous refusez de faire lire votre manuscrit.

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Suivre ces indications ne vous garantit pas de terminer votre roman mais cela vous rapprochera du mot «Fin». Certains diront qu’un texte n’est jamais achevé, ce qui est vrai dans un sens. Même une fois publié, un livre peut souvent être amélioré. Mais pour que votre manuscrit ait cette chance, il ne faut pas qu’il reste dans un tiroir. Méthode et efficacité. Voilà ce qui doit vous guider vers l’obtention d’un manuscrit « final ».

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Rôle d’un agent littéraire

12 vendredi Sep 2014

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Vous êtes nombreux à me demander en quoi consiste mon travail d’agente littéraire, et à quelles étapes j’interviens. Je vous ai préparé ce schéma pour vous l’expliquer.

l'auteur et l'agent littéraire

En tant qu’agente littéraire, je n’accepte pas tous les manuscrits qui me sont proposés. Je les sélectionne en fonction de plusieurs critères dont le potentiel de l’auteur, l’intérêt et la qualité de l’intrigue, les personnages, le style, le marché potentiel, etc.

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Son nom est…

05 vendredi Sep 2014

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prénomsUn des principaux problèmes rencontrés lors de l’écriture d’un roman n’est pas l’intrigue (vous l’avez en tête), ni les personnages (vous les avez définis au préalable), ni le cadre. Non, c’est quand il s’agit d’attribuer des noms aux personnages que vous risquez d’éprouver quelques difficultés.

Attention à l’origine des noms

Les jeunes auteurs ont tendance à donner des noms anglophones à leurs personnages. Pourquoi ? Parce que les films, les télé-séries qu’ils regardent, les livres qu’ils lisent sont souvent d’origine américaine. Ils ne songent pas à nier leur identité. C’est beaucoup plus simple que ça. Pour eux, les personnages de fiction sont des Harry (Potter), Zoey (Redburn), Elena (Gilbert), etc. À moins que le cadre de votre histoire ne l’exige (l’action se déroule à l’étranger ou dans une ville cosmopolite), la plupart des éditeurs accrocheront sur ce détail et demanderont des changements afin que le lecteur se retrouve plus facilement dans les personnages.

Des noms communs ?

 

Si vos histoires s’inspirent du quotidien, vos personnages doivent-ils porter des noms ordinaires ou excentriques ? Un nom plutôt commun enlève-t-il de la saveur à votre écriture ? Certainement pas. Mais le nom d’un personnage est bien souvent ce que l’on connaît en premier de lui. Il faut donc qu’il laisse une trace indélébile, qu’il corresponde à sa personnalité et à son âge.

Évitez les prénoms mixtes (Maxime, Dominique, Camille…) qui entretiennent le flou quant à l’identité sexuelle de vos personnages. Sauf si l’ambiguïté sert l’intrigue de votre roman.

Les prénoms sont assujettis à des modes. Des succès littéraires, cinématographiques, des chansons peuvent influencer les parents. La chanson « Nathalie », de Gilbert Bécaud est sortie en 1964. On a observé en France une augmentation telle des « Nathalie » qu’il est devenu le premier prénom féminin pendant plusieurs années. Il a fallu attendre 1973 pour que les « Nathalie » reviennent à leur niveau d’avant la chanson. Le même phénomène a eu lieu au Québec… avec deux fois plus d’ampleur !

Les prénoms ont un cycle de vie. Leur fréquence augmente et décroit selon les époques… « Philomène » est apparu dans les années 1830 et a connu son apogée en 1837 et 1838. Les « Napoléon » sont au cinquième rang des prénoms masculins les plus fréquents entre 1875 et 1879, mais auront beaucoup de difficulté au tournant du XXème siècle. Si vous écrivez un roman historique, choisir des prénoms adéquats permet de renforcer le dépaysement temporel et d’éviter des anachronismes fâcheux.

Vous pouvez éplucher les journaux (avis de décès, naissances, articles), les génériques de films, les bases de données des sociétés de généalogie, mais également faire des recherches sur les prénoms les plus attribués pour une période donnée. Pour le Québec, la France, et les États-Unis, Lesprénoms.net permet de visualiser les tendances depuis 1800. Pour la France uniquement, ce site vous intéressera à condition d’avoir déjà quelques prénoms en tête. Vous pouvez aussi vous inspirer de personnes qui ont jalonné votre vie et mélanger le prénom de l’une avec le nom de famille de l’autre.

De la diversité

À moins d’avoir une idée particulière en tête (une famille dans laquelle les prénoms sont tous composés à partir de Jean parce que le père s’appelle ainsi), les noms de vos personnages doivent être bien distincts. Le lecteur doit comprendre en un instant de qui il s’agit, sinon il ne plongera pas dans votre histoire et n’y trouvera pas de plaisir. Rien n’est plus désagréable que de se demander en cours de lecture : « Qui c’est déjà, lui ? »

Vous avez dit comment ?

Même si vous écrivez du fantastique, faites en sorte que le nom de votre personnage ne soit pas trop long, ni trop alambiqué. Bref, qu’il soit prononçable. Ou tout au moins qu’il puisse avoir un surnom qui l’est. Pensez également à sa musicalité. Elle peut adoucir ou au contraire, endurcir votre personnage.

Prénoms et caractères

Chaque prénom possède une signification, qui peut renvoyer à un trait de caractère particulier. Vous devriez tenir compte de ce facteur au moment d’attribuer un nom à chacun de vos personnages. Si vous appelez Lionel (réputé pour être cartésien, pragmatique et prudent), un jeune de 17 ans impulsif et un peu rebelle, cela risque d’être peu crédible. Même chose si votre personnage de 40 ans, au caractère effacé travaille comme caissière à l’épicerie du coin et s’appelle Anastasia. Vous pouvez visiter ce site sur lequel vous trouverez l’origine historique de chaque prénom, le caractère associé ainsi que sa fréquence selon les années.

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Les fameuses lettres de refus

03 lundi Mar 2014

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Être écrivain, ce n’est pas seulement écrire. C’est aussi une attitude : patience, persévérance, ténacité, remise en question, assiduité. Autant de qualités qui sont mises à rude épreuve notamment quand arrivent les premières lettres de refus. Voici un article, à la fois savoureux et drôle, écrit par Mylène Gilbert-Dumas et paru le 24 février dernier sur son blogue : Une doyenne, une sorcière et un caniche. Mme Gilbert-Dumas m’a donné son autorisation pour le reproduire.

mylène-détoursMylène Gilbert-Dumas est une romancière québécoise que vous connaissez sûrement par la trilogie Les dames de Beauchêne, celle de Lili Klondike ou encore L’escapade sans retour de Sophie Parent et Yukonnaise. Son prochain livre, Détours sur la route de Compostelle, sera disponible en librairie le 2 avril prochain. Reconnue, entre autres, pour la grande qualité de ses romans historiques, Mylène Gilbert-Dumas nous fait part de son expérience des lettres de refus et donne des conseils éclairés aux nouveaux auteurs. Voici l’article dans son intégralité.

«Cette semaine, pour vous faire rigoler, j’ai décidé de vous raconter comment j’ai vécu à la période des lettres de refus. Parce que je ne vous mentirai pas, tous les écrivains en reçoivent, à un moment ou à un autre.

Pour commencer, voici un petit résumé de «Comment je suis devenue écrivaine». (Pour les contorsions d’ordre financières, consulter le billet où je parle d’argent.) Aussi, je vous ai déjà parlé de la chance dans la carrière d’un écrivain. Je pense que j’en ai eu beaucoup. Mais comme le dit l’adage populaire: Aide-toi  et le ciel t’aidera. La détermination est selon moi la qualité primordiale d’un écrivain.

À la fin des années 1990, dans le cadre des Journées de la culture, j’ai assisté à un atelier baptisé Du manuscrit à l’édition. Trois éditeurs y décrivaient les rouages du milieu du livre. Parmi eux, Jean Pettigrew, des éditions Alire.
Ce que j’ai retenu des propos de M. Pettigrew?
1. Pour que notre manuscrit soit lu, il faut être chanceux, tomber le bon jour dans la bonne pile. Il faut aussi que le lecteur soit de bonne humeur, qu’il n’ait pas de problème de digestion, mettons. (Là-dessus, on n’a aucun contrôle. Je suggère d’allumer des lampions.)
2. Pour savoir jusqu’où s’est rendu le lecteur de la maison d’édition, on n’a qu’à retourner (inverser le haut et le bas) une page toutes les dix pages. Ainsi, quand le lecteur de la maison d’édition arrive à la page 10, mettons, il la met à l’endroit et poursuit sa lecture. Même chose quand il arrive à la page 20, 30, 40, etc. Si le manuscrit est refusé, l’auteur peut demander de ravoir le document. Il peut alors vérifier l’état des pages retournées.
Il s’agit d’un des meilleurs conseils que j’ai reçu dans ma carrière. Et je l’ai mis en application dès que j’ai envoyé Les dames de Beauchêne à une dizaine de maisons d’édition. C’était en 2000. J’envisageais déjà d’écrire une trilogie qui s’appellerait Tourments d’Amérique. (Vous voyez que j’avais déjà beaucoup d’ambition.)
Six mois plus tard, la première lettre de refus est arrivée par courriel.
 myl001
 Je l’ai imprimée et je l’ai rangée. Je n’étais pas découragée. Après tout, il s’agissait d’un seul refus.

La seconde est arrivée par la poste.
myl002
Tout n’était pas sombre, dans cette lettre, alors je gardais encore espoir.

Puis il y a eu les autres. Elles avaient l’air de ça:

 myl003

et de ça:
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Ok. Je commençais à souffrir, je l’avoue. Même que j’ai commencé à avoir peur quand je me rendais à la boîte aux lettres.

Dans le lot, il y en a eu une fort polie:

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Les Français non plus n’en voulaient pas:

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Heureusement pour moi, j’avais suivi le conseil de M. Pettigrew et j’avais retourné une page toutes les dix pages. Quand mes manuscrits sont revenus, j’ai tout de suite vérifié jusqu’où s’était rendu le lecteur.

Réponse: Aucun n’avait passé la page 20.

J’aurais pu laisser tomber. Je suis aujourd’hui convaincue que les artistes qui réussissent se doivent d’avoir la foi. La foi en leur talent et en leur possibilité. Une foi inébranlable, cela va sans dire.

Au lieu de chercher d’autres éditeurs, je me suis remise à l’ouvrage. J’ai posé mon manuscrit sur mon pupitre, j’ai ouvert un document Word vierge et j’ai complètement réécrit mon roman. Ma conclusion était simple:
J’avais travaillé cinq ans sur ce roman. J’étais nécessairement meilleure à la fin qu’au début.Il fallait donc réécrire, c’est-à-dire composer de nouveau chaque phrase, chaque paragraphe, chaque chapitre. Et c’est ce que j’ai fait.

Une fois que j’ai eu fini de tout réécrire, j’ai envoyé cette nouvelle version de mon roman à dix autres éditeurs en utilisant le même procédé que précédemment. À la librairie de mon village, j’avais ramassé le coupon d’inscription au prix Robert-Cliche. Tant qu’à avoir un roman tout prêt, je l’ai soumis là aussi.

Quelques mois plus tard, cette lettre-ci est arrivée:

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C’était un refus, mais j’en ai pleuré de joie. L’éditeur avait eu la gentillesse d’inclure le rapport. Je l’ai dévoré.

J’étais tellement encouragée que j’ai sorti une autre histoire de mes cartons. Il s’agissait d’un roman fantastique pour adolescents sur lequel je travaillais depuis l’université. Je l’ai réécrit en tenant compte des commentaires du rapport et je l’ai envoyé à des éditeurs en utilisant encore une fois le truc de M. Pettigrew.

Les premières lettres ressemblaient à celle-ci:

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Une chance, je commençais à m’endurcir.

Puis cette lettre est arrivée:

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«Malgré ses qualités certaines.» Vous dire combien ces mots mettaient du baume sur mon coeur d’écrivaine en devenir!

C’est à peu près à ce moment-là que j’ai reçu un coup de fil de Jean-Yves Soucy, de chez VLB éditeur. Il voulait savoir si j’avais signé un contrat pour Les dames de Beauchêne parce que mon roman était finaliste au prix Robert-Cliche et que, pour gagner, il ne devait pas avoir été édité ailleurs.

Ce soir-là, j’ai ouvert une bouteille de bulles. La première (mais pas la dernière, vous vous en doutez).

De mai à septembre, j’ai travaillé sur mon roman pour le préparer à l’édition.

Et le 4 novembre 2002, on me remettait le prix Robert-Cliche à la Bibliothèque nationale.

Le 5 novembre, en revenant chez moi, j’ai trouvé cette lettre de refus dans la boîte aux lettres.

 myl010

En d’autres circonstances, ça aurait été mon coup de grâce. Croyez-moi quand je vous dis que, malgré mon prix Cliche, j’ai sacré pendant deux jours en me répétant que celui qui m’avait écrit cette lettre n’avait pas lu mon roman. J’y faisais explicitement référence à Highlander! Mes personnes allaient même au cinéma voir le film. J’avais établi plein de correspondances. EXPRÈS!!!!!

Écriture approximative. Vocabulaire pris en défaut. Avouez que ça fesse. (Le plus drôle, c’est que dans presque tous les témoignages que j’ai reçus en onze ans de carrière, mes lectrices et mes lecteurs m’ont toujours parlé de mon écriture. Toujours pour me dire combien ils en appréciaient la simplicité, combien ils étaient touchés par ma façon de raconter, de décrire, de faire vivre les événements. Mais à l’époque de la lettre de refus, je l’avoue, j’ai fortement douté de mon talent. Je vous avouerai aussi que j’écris quand même mieux aujourd’hui qu’à l’époque.)

À ma grande surprise, quelques jours après la plus horrible lettre qu’on m’ait envoyée de ma vie, une autre lettre arrivait, datée du 4 novembre, celle-là, donc écrite juste avant que je reçoive mon prix.

 Myl011

On parle du moment roman ici. De la même version du même manuscrit. Deux éditeurs, deux opinions du même texte. Vous dire combien j’étais confuse!!!

La courte échelle s’était aussi montrée intéressée par mon roman, et c’est avec elle que j’ai signé un contrat. L’année suivante, ce roman, rebaptisé Mystique, gagnait un sceau d’argent M. Christie. Il a depuis été réédité chez Soulières éditeur sous son titre original Sur les traces du mystique.

Et Les dames de Beauchêne dans tout ça? Ben, après avoir mérité le prix Robert-Cliche, le roman a été finaliste au Prix de la relève Archambeault.

Quelles conclusions peut-on tirer de mes débuts littéraires? Premièrement, on peut dire que la littérature possède un caractère fortement subjectif. Deuxièmement, on peut être convaincu que pour être écrivain, il faut être tenace. Il faut avoir une détermination à toute épreuve. Il faut être travaillant, ne pas être pressé. Et il faut avoir la foi.

Dans son livre Écriture, mémoire d’un métier, Stephen King décrit comment, lorsqu’arrivaient les lettres de manuscrits refusés, il les empalait sur un clou fiché dans un mur. J’ai préféré les glisser dans un dossier. C’est comme ça que j’ai pu mettre la main dessus pour vous montrer à quel point le chemin vers le succès est semé d’embûches.»

Savoir choisir son temps

24 lundi Fév 2014

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temps des verbesBeaucoup d’écrivains utilisent le passé simple. Ils l’adorent, le saupoudrent généreusement sur leur manuscrit et ils en mettent partout. Savoir écrire ne veut pas dire écrire au passé simple. Il faut savoir quand utiliser les différents temps. Voici les différents usages du passé simple, de l’imparfait, du présent et du passé composé. Quand on les maîtrise, on peut alors ajouter quelques nuances avec les autres temps.

1)    Le passé simple.

On l’a tous appris à l’école, le passé simple est le temps du passé qui convient aux événements ou actions passées et brèves. « Il fit irruption dans la pièce ». Mais ce n’est pas tout. Depuis Benveniste[1], on admet que le passé simple correspond au temps de l’exposition désincarnée d’un événement. Cela signifie qu’on emploie le passé simple pour énoncer un événement, et cet énoncé est désincarné, comme si l’événement décrit se racontait lui-même et non par l’intermédiaire d’un locuteur. Dans l’exemple précédent « Il fit irruption dans la pièce », il n’y a aucune intervention d’un quelconque locuteur ou narrateur. Il s’agit d’une exposition d’un fait passé et bref. En ce sens, le passé simple introduit un discours désincarné.

Plus encore, si on écrit : « Priscilla sortit après souper. Le vent froid lui cingla le visage », on se représente très bien la scène, objectivement. Mais ressent-on ce que cela décrit ? On ne peut assister à et ressentir. La mise à distance introduite par le passé simple ne permet pas au lecteur de ressentir. Cela ne veut pas dire qu’on ne doit pas l’employer, cela veut dire qu’on doit le faire en toute connaissance de cause.

Avec tout choix de temps, on doit tenir compte de la concordance des temps. L’emploi du passé simple dans une subordonnée exprime une action passée brève : « Je me reposais quand l’orage éclata. » Mais lorsqu’on emploie le passé simple dans la proposition principale, on peut être amené à utiliser l’imparfait du subjonctif dans la subordonnée pour marquer la simultanéité ou la postérité ou le plus-que-parfait du subjonctif pour marquer l’antériorité. Non seulement, cela peut être lourd, mais ces temps ne sont employés qu’en français littéraire. On peut donc les utiliser, mais uniquement si le registre s’y prête.

Enfin, trop de passé simple enlève du relief au texte.

2)    L’imparfait

L’imparfait évoque un passé que l’on voit en cours d’accomplissement. En cela, l’imparfait évoque un événement dans sa durée.

En littérature, on distingue trois emplois de l’imparfait :

–         l’imparfait comme temps de la description : « Sa peau flasque dissimulait sous ses replis une grande colère. Seul son regard trahissait son sentiment. »

–         l’imparfait comme temps de l’habitude : « Elle se levait le matin à 7h pour se rendre à son bureau. »

–         l’imparfait d’action secondaire : dans ce cas, il exprime une action qui se déroule à l’arrière-plan par apport à une action de premier plan, qui elle se décline au passé simple. « Il regardait la télévision quand la porte s’ouvrit derrière lui. »

Un dernier mot au sujet de l’imparfait comme temps de description. Plus on l’emploie et plus le narrateur reste seul. Avec lui, vient le danger d’un monologue perpétuel. Il faut donc rester vigilant et rompre à l’occasion le ronron de l’imparfait, afin d’insérer de la vie, des dialogues, de l’action.

3)    Le présent

Beaucoup de littérateurs se plaignent que les nouveaux auteurs ne savent écrire qu’au présent. Ce n’est pas vrai. Chaque époque marque sa littérature (et vice-versa). On n’écrit pas au XXIème siècle comme au XIXème. Cela dit, le présent ne peut s’employer à tout va. Sinon, il lisse et écrase le texte.

– Le présent exprime un événement qui se déroule au moment où l’on parle. C’est le présent utilisé notamment dans les reportages. « La route est encombrée en raison de travaux sur le pont. »

– On peut aussi utiliser le présent pour énoncer une vérité générale, qui a valeur de principe : « Les vampires mordent leurs victimes pour s’en nourrir. »

– On emploie également le présent parmi des temps du passé pour donner l’impression que l’histoire se déroule devant nos yeux. Par exemple, dans Le loup et l’agneau de La Fontaine :

« Un agneau se désaltérait

Dans le courant d’une onde pure.

Un loup survient à jeun qui cherchait aventure,

Et que la faim en ces lieux attirait. »

– Le présent a également une valeur d’habitude et pour cela s’adjoint un complément de circonstance : « Tous les jours, je me lève de bonne heure. »

4)    Le passé composé

Le passé composé est un temps particulièrement riche, doté d’un auxiliaire conjugué au présent et d’un participe passé. Il flirte avec le présent et le passé, mais pas seulement. En voici 6 emplois possibles :

– Le passé composé exprime une action accomplie dans le passé dont les conséquences sont liées au présent de parole : « J’ai apporté ton manteau pour ta sortie de ce soir. »

– Tout comme le présent, le passé composé peut énoncer une vérité générale, mais cette fois pour évoquer un événement qui s’est produit dans le passé et qui est susceptible de toujours se produire. On l’accompagne souvent d’un adverbe de temps comme toujours, souvent, jamais : « Tu as toujours agi ainsi avec les filles. »

– Le passé composé peut, notamment dans les dialogues, exprimer un futur antérieur : « Tu t’y mets dès maintenant et t’as fini dans 15 minutes. »

– Évidemment, le passé composé peut être employé pour exprimer une antériorité par rapport au présent : « Depuis que le jardin a refleuri, toute la famille semble plus heureuse. »

– On peut également utiliser le passé composé dans une phrase exprimant une hypothèse. Il exprime alors un futur antérieur. Dans ce cas, et ce cas seulement, on emploie le passé composé après la conjonction si. « Si tu as fini tes devoirs avant midi, tu pourras aller au centre commercial. »

– Le passé composé peut bien sûr exprimer un passé : un événement passé qui s’est déroulé une seule fois (et dans ce cas, il remplace le passé simple) « Ian est sorti avec Isabelle samedi dernier », mais également un événement passé qui s’est déroulé plusieurs fois. Dans ce dernier cas, on ajoutera un adverbe afin de marquer la fréquence. « Elle a souvent organisé des mariages dans cette salle. »

Il importe d’utiliser ces temps avec discernement. Pour savoir si vos textes exploitent correctement les temps employés, lisez-les à haute voix. Utiliser différents temps permet de mettre du rythme et du relief dans votre récit. Mais changer de temps rien que pour changer crée une sorte de cacophonie. Prenez le temps d’écouter et d’ajuster afin de trouver votre propre rythme.

©Agence Littéraire Laëns 2014


[1] Émile Benveniste est un linguiste français célèbre, né en 1902 et mort en 1976.

 

Écrire ses Mémoires (partie I)

27 lundi Jan 2014

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Auteur publié, Conseils, Deuxième roman, Devenir écrivain

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agence littéraire, agence littéraire laëns, agent littéraire Québec, autobiographie, autofiction, écrire des Mémoires, coaching d'écriture, correction de manuscrits, correction de manuscrits Québec, mémoires, organiser ses souvenirs

pagnol

Marcel Pagnol (Crédit Photo : INA)

Plusieurs personnes me demandent des conseils sur la rédaction de leurs Mémoires. Les Mémoires ne sont pas des autobiographies, ni des autofictions. Ce sont des œuvres historiques avant tout, qui peuvent aussi avoir une valeur littéraire. L’auteur y relate sa propre vie, dans la mesure où celle-ci est significative d’un moment de l’Histoire. Par exemple, les Mémoires d’un soldat qui a participé à la guerre en Irak ou celles d’une personne qui a vécu la Révolution tranquille. Si votre recueil de souvenirs n’a pas de portée historique, il n’entre pas dans le cadre des Mémoires, mais plutôt de l’autobiographie. Si vous êtes à la fois l’auteur et le personnage principal du récit mais que vous utilisez la fiction dans la structure narrative, les dialogues etc., alors vous faites de l’autofiction. Il est donc important de savoir à quel genre littéraire appartient votre projet afin de le structurer et l’exploiter convenablement.

Trois choses importantes avant de rédiger vos Mémoires.
1. Vous devez vous rafraîchir la mémoire (logique, n’est-ce pas ?).
2. Vous avez besoin de trouver un thème central pour votre histoire : la libéralisation des mœurs, la contreculture au Québec, etc…
3. Vous devez tracer le plan de vos Mémoires.
Dans ce billet, je voudrais aborder la première étape et vous donner des conseils sur le travail préalable à l’écriture de vos Mémoires. Ce n’est pas la partie créative du processus. C’est un travail difficile et qui prend du temps. Mais une fois fait, vous aurez une ressource inestimable.

Cinq façons d’organiser vos souvenirs

1) Commencez la cueillette avec des pièces personnelles.

□ agendas ou journaux intimes
□ avis de décès,         □ certificats de naissance, mariage et décès
□ invitations d’anniversaire et de mariage
□ lettres,                     □ photographies

□ films, vidéos et DVD, □ musique – vinyles, cassettes, CDs, fichiers numériques
□ livrets scolaires ou évaluations,      □ vos contrôles du primaire, secondaire etc.
□ souvenirs de famille           □bijoux           □testament
□ coupures de journaux,        □ anciens programmes
□ fiches de salaire

2) Discutez avec des gens de votre famille et de vieux amis. N’oubliez pas que ni vous, ni vos parents ou amis ne détenez la vérité. Vous avez chacun votre propre histoire à raconter. Écoutez. Vous aurez besoin d’autres voix dans vos Mémoires, et plus particulièrement de celles qui font un contrepoint à la vôtre. Cela donnera du relief à votre texte et il en sera d’autant plus intéressant. Prenez des notes.
3) Démarrez votre histoire à un point précis dans le temps et l’espace. Par exemple : « Je suis né à Québec le 5 juillet 1960, le jour de l’élection de Jean Lesage » ou « J’avais cinq ans quand papa, maman, mon grand frère Patrick et moi sommes partis d’Algérie ». Si vous ne le faites pas, vous courez le risque de passer trop de temps à errer à travers vos pensées et vos sentiments. Mais vous n’êtes pas obligé de commencer par votre naissance. Vous pouvez ouvrir vos Mémoires à une période ultérieure. Visitez les lieux que vous allez décrire. Si vous êtes incapable d’aller en pèlerinage sur les lieux de votre passé, vous pouvez :
• regarder des films de cette époque,
• lire les journaux des années sur lesquelles vous allez écrire,
• faire une recherche sur internet pour les lieux et les incidents qui vous ont marqué.

4) Préparez une liste de vie. Écrivez une page sur chacun de ces sujets. Les premiers événements qui vous viennent à l’esprit pour chaque terme sont les plus marquants. Ce sont eux que vous devrez privilégier dans l’écriture de vos Mémoires. Certains peuvent même ne pas parler de vous. Identifiez les événements secondaires comme tels. Vous pourrez en utiliser certains, mais pas tous. Il convient de faire un choix. Tout événement rapporté doit être significatif. Cette liste deviendra le squelette à partir duquel vous allez dessiner le matériel nécessaire à vos Mémoires.
□ la naissance et les années de petite enfance           □ la maternelle et l’école primaire
□ le collège                             □ l’école secondaire               □ l’université
□ les amis                               □ les passe-temps       □ les vacances, festivals
□ les emplois                          □ la maladie
□ les premières relations marquantes
□ la religion
□ les premiers temps du mariage ou du couple
□ les déménagements             □ la maturité
□ les deuils                             □ les dernières années            □ la retraite
5) Créez votre propre système de classement. Faites des fiches, des fichiers, comme vous voulez. Établissez une chronologie. Faites des liens entre vos fiches ou vos fichiers. Cela doit être clair et accessible facilement.

Rappelez-vous que ce ne sont que des aides. Vos souvenirs existent et vous pouvez y accéder avec ou sans l’aide de fiches. C’est à vous de voir. Mais il est important de vous créer une méthode de travail qui vous convient et qui vous permet de discriminer les événements importants de ceux qui le sont moins. Cela vous aidera à écrire des Mémoires qu’un lecteur aura plaisir à lire. Parce qu’en bout de ligne, même si vous avez du plaisir à écrire (et c’est tant mieux) il y a un lecteur qui demande à être intéressé, surpris et instruit.

©Agence Littéraire Laëns 2014

La folie a du bon

20 lundi Jan 2014

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Auteur publié, Conseils, Devenir écrivain

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bonhomme noir9 façons de justifier le mauvais comportement d’un personnage

La création de personnages antagonistes et l’exploration de leur obscurité (côté sombre) est un des aspects les plus gratifiants de l’écriture pour les auteurs de fiction. En tant que lecteurs, nous aimons les personnages troubles, déviants, les obsédés, les dépravés. C’est thérapeutique. Nous explorons et apprivoisons notre propre obscurité en en apprenant plus sur leurs vies, comment ils marchent, parlent, mangent, jouent, manipulent et travaillent.

Bien sûr, si vous écrivez à propos d’un personnage qui est aux prises avec un problème psychologique, vous devez faire des recherches sur ce trouble. Le DSM-IV[1] est une excellente source d’inspiration. À l’aide de ce livre, vous pouvez peindre vos personnages dans des multitudes de nuances de gris et leur donner ainsi une profondeur intéressante.
Souvent, un comportement anormal est déclenché par une crise survenant lors d’un changement de vie. C’est une excellente façon de commencer un livre. Dès que vous placez l’un de vos personnages dans une de ces situations, vous avez une histoire. Cela vous donne quelque chose à construire.

Voici une liste de situations stressantes parmi les plus courantes qui occasionnent de profonds changements dans nos vies. À vous de les utiliser à bon escient et de les exploiter pour créer des tournants majeurs dans celle d’un ou plusieurs personnages. Attention toutefois de ne pas en abuser…

Échelle de stress            Valeur de changement de vie
1- Décès d’un conjoint                     100%
2. Divorce                                        73%
3. Séparation conjugale                     65%
4. Peine d’emprisonnement                63%
5. Décès d’un membre de la famille     63%
6. Maladie                                        53%
7. Mariage                                        50%
8. Licenciement                                 47%
9. Retraite                                        45%

Source : http://www.stress.eu.com/index.php/comprendre-le-stress-2/causes-et-origines-du-stress/autres-facteurs-de-stress/


[1] DSM-IV-TR, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, ouvrage collectif de L’Association Américaine de Psychiatrie, Éditions Masson, ISBN : 9782294006630

Les cinq erreurs des débutants

11 lundi Nov 2013

Posted by Agence Littéraire Laëns in Actualités, Conseils, Devenir écrivain

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agence littéraire, agence littéraire laëns, agent littéraire Québec, auteurs débutants, coaching d'écriture, conseils d'écriture, correction de manuscrits, correction de manuscrits Québec, créer des personnages, créer des personnages de fiction, manuscrit, mise en scène

poupées à découperJe suis souvent appelée à évaluer des manuscrits d’auteurs débutants. Voici quels sont leurs problèmes les plus courants quand ils créent des personnages.

Des personnages en carton découpé

Donnez des passions, des ambitions, un passé, un présent et un avenir à vos personnages. Ils devraient discuter avec leurs parents, oublier l’anniversaire d’un ami, etc. Ces petites choses du quotidien les rendent humains. Tout cela doit se passer dans les dialogues, de préférence. Le lecteur doit les voir comme des personnes réelles. Vos personnages sont crédibles lorsque les lecteurs sont capables de s’identifier à eux.

Trop de personnages

Faites de la place pour deux ou trois personnages secondaires qui influencent et soutiennent vos deux personnages principaux. Rendez-les mémorables et originaux. Donnez un nom uniquement à ceux qui jouent un rôle important dans votre livre. Les lecteurs ne veulent pas connaître le nom de la serveuse, du portier, de la réceptionniste ni de la vendeuse. Et surtout, ne nommez pas de plusieurs manières un personnage. Giselle ne doit pas devenir la journaliste un peu plus loin, ni Mme Paré dans un autre chapitre.

Trop de mots

Beaucoup d’auteurs débutants utilisent trop de mots pour décrire les pensées, les actions ou les motivations d’un personnage. Écrire bien, c’est écrire clairement et faire l’économie de mots. Pour cela, utilisez les cinq sens à chaque page, des verbes forts, des noms précis et la structure de phrase appropriée. N’essayez pas de faire du style pour le style. Des mots simples montrent tout.

Trop de pensées, pas assez d’action

La plupart des nouveaux auteurs passent trop de temps dans la tête de leurs personnages. Faites-les agir ! Un personnage doit aller de l’avant dans une histoire. Cela va permettre au lecteur de s’identifier à lui. Une autre maladresse courante : quand votre personnage passe en revue des actions une première fois, puis y réfléchit à nouveau. Si vous avez bien démontré l’idée au départ, cela suffit. Sinon retravaillez le passage.

Une mise en scène déficiente

Imaginez que vous regardez un film dans lequel les personnages vivent sur ​​un écran vierge. C’est l’équivalent d’un manque de mise en scène dans un roman. Placez vos personnages dans le trafic, chez eux et au bureau. Utilisez le décor, la nourriture, leurs livres et même leur médication pour les définir. Créer un cadre crédible dans un roman permet aux personnages de voir, sentir, entendre, goûter et toucher. Ils ne peuvent pas interagir avec un environnement s’ils n’en ont pas. Mettez vos personnages mal à l’aise. Placez-les dans un ascenseur bondé ou un embouteillage. Donnez une vie à vos personnages !

 ————-

Bien sûr, tout cela ne suffit pas à créer des personnages crédibles. Mais si vous évitez ces erreurs, vous serez déjà sur la bonne voie.

©Agence Littéraire Laëns 2013

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